
Pétrole russe : le point de rupture entre Washington et Kiev ? #octogone94
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Ce résumé de l'Octogone aborde plusieurs sujets clés, notamment les déclarations de Donald Trump concernant l'Ukraine, la situation économique mondiale avec un accent sur l'énergie, les dettes souveraines et l'inflation, ainsi que l'émergence de l'intelligence artificielle et ses implications financières.
**Déclarations de Trump et Conflit en Ukraine**
L'Octogone débute par une déclaration choc de Donald Trump, suggérant que "c'est le moment pour l'Ukraine de changer de président". Cette déclaration est liée à sa décision de ne plus partager de renseignements avec l'Ukraine si elle continue de frapper les terminaux russes, car il a besoin du diesel russe. Le Kremlin a d'ailleurs rapporté un appel de 90 minutes entre Trump et Poutine, où ni l'un ni l'autre ne voulait raccrocher en premier, soulignant une certaine proximité. Trump exerce une pression sur l'Ukraine, affirmant que sans renseignements, la guerre s'arrêterait si elle persistait à attaquer les infrastructures de diesel russes.
**Contexte Économique Global**
Le choc énergétique se diffuse, impactant les prix du carburant, notamment le gallon d'essence aux États-Unis qui atteint des sommets, affectant particulièrement des secteurs comme l'agriculture. L'inflation en zone euro, tirée par l'énergie, s'élève à 3,8% nominalement, mais la réalité perçue est bien plus élevée, autour de 7% si l'on prend en compte les prix de première nécessité comme le pain et le beurre. La Fed et la BCE continuent de remonter leurs taux, ce qui a des répercussions sur les dettes souveraines.
**Dettes Souveraines sous Tension**
Les taux d'intérêt sur les obligations d'État sont en hausse, avec le taux français à 10 ans atteignant presque 5% et le taux américain à 30 ans dépassant 5,69%, des niveaux inédits depuis 2002. La Banque de France exprime des inquiétudes face à cette pression. Plus alarmant encore, des agences de notation jugent l'État français plus risqué que ses grandes entreprises. Un article de Bloomberg révèle que 215 milliards d'euros d'obligations d'entreprise françaises se négocient à des rendements inférieurs à ceux de l'État, ce qui est inhabituel pour des dettes souveraines. Ce phénomène a conduit à l'apparition du terme "FROGS" (French Oversized Government and Social Security) pour désigner la France, soulignant le risque d'une nouvelle crise de la dette européenne.
La dette américaine est également sous surveillance. Le secrétaire au Trésor, Scott Besent, a tenté de rassurer les marchés sur la trajectoire de la dette, en misant sur la réduction des dépenses, la stimulation de la croissance et les recettes douanières. Cependant, la Cour suprême ayant bloqué les tarifs douaniers de Trump, cette stratégie semble optimiste.
**Crédit et Marchés Américains**
Le marché du crédit se tend aux États-Unis. Le taux de défaut des prêts titrisés sur les bureaux atteint 12,2% en septembre, un niveau proche des sommets historiques de 2008. Cette situation est exacerbée par des défauts importants, notamment un portefeuille immobilier hollywoodien d'1,1 milliard de dollars. Les prêts à effet de levier en détresse ont atteint 65 milliards de dollars, un plus haut depuis mars 2020, avec le secteur technologique particulièrement sous pression. Bloomberg a d'ailleurs titré un article "Deeply Distressed US loans" (les prêts américains profondément en détresse).
**Intelligence Artificielle : Bulle et Réalité**
L'IA est présentée comme une bulle potentielle. Open AI, par exemple, a annoncé un chiffre d'affaires annualisé de 50 milliards de dollars, alors que des prévisions initiales tablaient sur 70 milliards. Cet écart, dû à des méthodes de calcul différentes (intégration ou non des ventes via plateformes cloud), explique pourquoi Open AI n'est pas encore en bourse. La "comptabilité créative" est utilisée pour maintenir cette bulle.
Nvidia, acteur majeur de l'IA, a autorisé 150 milliards de dollars de rachats d'actions, s'ajoutant à un programme antérieur. L'Institute for New Economic Thinking y voit une "rançon de protection", soulignant une course en avant financière. Michael Hudson prédit une "AI recession", un crash de l'IA payé par le contribuable, rappelant la crise des chemins de fer de 1848 où les rendements avaient été surestimés. Il estime que sept grands groupes ont engagé jusqu'à 3 000 milliards de dollars dans l'IA sans que les profits soient à la hauteur.
**Cryptomonnaies et Géopolitique**
Open Standard, soutenu par Visa et Mastercard, a lancé l'USDC, un stablecoin adossé au dollar. Ce jeton fonctionne sur quatre blockchains, sans frais d'émission ni de rachat, avec plus d'un milliard de dollars d'engagement de liquidité. La prudence est de mise, car l'histoire montre que la planche à billets américaine et les stablecoins adossés à des monnaies inflationnistes peuvent entraîner une dépréciation de l'épargne. Seul le Bitcoin, avec sa rareté, offre une protection contre l'inflation, notamment en adoptant une stratégie d'achat 500 jours avant le "halving" et de revente 500 jours après.
Un rapport du Sénat américain révèle que l'USDT (Tether) est devenu une bouée financière majeure pour l'Iran, lui permettant de contourner les sanctions. 84% des portefeuilles cryptographiques sanctionnés pour leurs liens avec l'Iran avaient effectué des transactions en USDT. Le jeton aide l'État iranien et sa banque centrale à transférer des fonds à l'étranger et à soutenir le rial, et aurait même servi à financer des groupes alliés comme le Hezbollah. La guerre en Ukraine a involontairement créé un "manuel" pour contourner les sanctions, que d'autres pays comme l'Iran ont su exploiter.
**Géopolitique Internationale**
Le "Pacte de la Mecque" voit la Turquie et le Pakistan déployer des forces en Arabie Saoudite en réponse à l'offensive des Houthis (Ansar Allah), alliés de l'Iran, qui revendiquent des attaques contre l'aéroport de Riyad et une raffinerie d'Aramco. Ce déploiement est la première mise en œuvre opérationnelle de l'alliance de la Mecque pour la défense.
L'armée américaine rencontre des difficultés à protéger ses bases. The Intercept rapporte que les bases américaines sont de plus en plus exposées face à l'Iran, avec 80 bâtiments américains touchés lors de frappes iraniennes. Le retrait de 12 bombardiers B1 de la base britannique de Fairford est interprété comme un signe de vulnérabilité majeure des États-Unis dans la région. Six suspects ont été arrêtés au Royaume-Uni, et le Premier ministre évoque de fortes indications d'une implication iranienne, bien que l'Iran ait démenti.
Donald Trump a annoncé qu'il ne reprendrait pas les frappes sur l'Iran avant les élections de mi-mandat, évoquant des discussions productives avec Téhéran, menées indirectement par Steve Redkoff. L'Iran aurait reçu une contre-proposition américaine. Cette temporisation pourrait être liée aux enjeux électoraux de Trump, avec une possibilité de durcissement après les élections.
Enfin, le Venezuela voit Londres s'inviter dans la tutelle pétrolière américaine. Des enquêtes révèlent que BP et Shell ont obtenu d'importants contrats gaziers et pétroliers au Venezuela après la capture de Nicolas Maduro en 2026, une situation rappelant l'opération Ajax de 1953 en Iran, où les Britanniques et les Américains avaient renversé Mossadegh après la nationalisation des actifs de British Petroleum. L'histoire semble se répéter, avec les puissances occidentales cherchant à sécuriser leurs intérêts énergétiques dans des régions instables.