
ASML s'est trompée de 7 MILLIARDS sur elle-même en 90 jours !
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Salut à tous et bienvenue dans cette nouvelle vidéo, où nous abordons aujourd'hui ASML, un acteur majeur dans le secteur des semi-conducteurs. ASML, avec une capitalisation boursière d'environ 600 milliards d'euros, cotée à Amsterdam, affiche un ratio cours/bénéfice de plus de 45 fois les bénéfices attendus en 2026. Suite à sa récente publication, l'action a ouvert en hausse de près de 8 %, avant de se stabiliser autour de +3 % au moment de l'enregistrement. Il est intéressant de noter qu'ASML a stagné pendant quatre ans, entre 2021 et fin 2025, avant de voir sa valeur multipliée par presque trois en neuf ans.
Il y a trois mois, le 15 avril, ASML avait annoncé des prévisions de chiffre d'affaires annuel situées entre 36 et 40 milliards d'euros. Cependant, le 15 juillet, elle a révisé ses prévisions à la hausse, visant désormais entre 43 et 45 milliards d'euros. Cette augmentation de 7 milliards d'euros en 90 jours dépasse largement les attentes initiales.
ASML offre une visibilité exceptionnelle sur l'ensemble de la chaîne des semi-conducteurs. Elle travaille avec des géants comme TSMC, Samsung et SK Hynix. Elle gère des carnets de commandes s'étendant sur trois ans. Elle a elle-même été surprise par la forte demande, ayant sous-estimé ses propres chiffres trimestriels.
Les résultats du trimestre sont impressionnants : un chiffre d'affaires de 9,33 milliards d'euros, dépassant les attentes de 8 milliards. La marge brute s'élève à 54 %, contre 52 % anticipés. Le résultat net frôle les 3 milliards d'euros (2,92 milliards), supérieur aux 2,62 milliards attendus, et le bénéfice par action a dépassé les prévisions de plus de 10 %. Pour le semestre, les ventes ont atteint 18 milliards d'euros, soit une augmentation de 17 % sur un an. ASML a donc non seulement battu le consensus, mais aussi ses propres prévisions, ce qui est moins courant. Elle avait anticipé un chiffre d'affaires entre 8,5 et 9 milliards d'euros avec une marge de 51-52 %, mais a réalisé 9,33 milliards d'euros avec une marge de 54 %.
L'erreur dans le modèle interne d'ASML s'explique principalement par le fait que les clients cherchent à améliorer la productivité des machines existantes plutôt que d'attendre de nouvelles livraisons. La demande est si forte que les entreprises ne peuvent se permettre d'attendre de nouvelles machines. Les systèmes d'occasion sont également moins disponibles, passant de 12 unités au premier trimestre à 5, indiquant que personne ne revend ses anciennes machines.
Ayant compris cette dynamique, ASML a ajusté ses prévisions pour le troisième trimestre, visant entre 11 et 12 milliards d'euros de chiffre d'affaires (contre 10 milliards attendus) et une marge brute de 55-57 % (contre 52 % espérés). Pour l'année, les prévisions sont désormais de 43 à 45 milliards d'euros.
Concernant les commandes, ASML a déclaré avoir déjà la quasi-totalité des commandes nécessaires pour 2027 et un grand nombre pour 2028, offrant une visibilité considérable. Cependant, depuis le premier trimestre 2026, ASML ne publie plus ses prises de commandes trimestrielles, arguant que les grosses commandes par blocs déforment la lecture d'un trimestre à l'autre. Cette absence de chiffres concrets est remplacée par un discours rassurant de l'entreprise.
La Chine représente environ 20 % des ventes d'ASML cette année. Au dernier trimestre, la Corée du Sud est devenue le premier marché avec 43 % des ventes, un pays qui investit massivement dans l'IA. Le risque chinois, qui a été un cauchemar pour ASML pendant deux ans, s'est dilué naturellement sans nécessiter de plan de désengagement stratégique.
En comparaison, IBM a récemment émis un avertissement sur ses résultats, expliquant que l'IA cannibalise le secteur du logiciel. Les clients réorientent leurs budgets vers l'IA et les centres de données, délaissant la cybersécurité et les logiciels traditionnels. Cela a entraîné une chute de 25 % de la valeur d'IBM en une seule journée, la pire de son histoire.
Revenons à ASML. Malgré l'ouverture à +8 %, l'action s'est stabilisée à +3 %. Le marché a peut-être déjà intégré une grande partie de ces bonnes nouvelles. Le fait qu'ASML se soit trompée positivement de 7 milliards sur ses propres prévisions en 90 jours montre que la réalité évolue plus vite que les modèles.
La question est de savoir si l'incertitude concernant les prévisions d'ASML doit être perçue positivement ou négativement. Une première approche serait de se dire que la demande est plus forte que prévu et d'investir massivement avec un effet de levier. Cependant, cela transformerait une incertitude positive en une certitude risquée, alors même qu'ASML n'arrive pas à prévoir avec précision sur trois mois.
La deuxième approche, plus prudente, est de reconnaître que cette incertitude peut jouer dans les deux sens. Si ASML peut se tromper de 7 milliards positivement, elle peut aussi se tromper de 7 milliards négativement si le cycle se retourne. Cela entraînerait une chute violente de -8 % ou plus. Il ne s'agit pas de ne pas investir dans ASML, car c'est un moteur du marché, mais d'adopter une taille de position sereine et un horizon d'investissement à long terme.
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