
Joe Rogan Experience #2575 - Sam Tallent
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Le podcast Joe Rogan Experience accueille Sam Tallent pour discuter de son nouveau livre, une œuvre de fiction sur un tueur à gages. Rogan complimente le livre, le qualifiant de surprenant et beau, ce qui amène Tallent à plaisanter sur le fait qu'un comédien de stand-up, connu pour vendre des " tenders de poulet ", puisse écrire un livre si poétique.
L'idée du livre est née d'une transaction avec Random House. Après le succès de son premier roman, "Running the Light", qui explorait l'idée de ne jamais quitter sa ville natale, l'éditeur a demandé une seconde proposition. Tallent a proposé un livre introspectif et calme sur un homme qui marche le long de l'autoroute, mais l'éditeur a trouvé l'idée "tellement ennuyeuse". En désespoir de cause, il a mentionné avoir 30 pages sur un tueur à gages dont le pistolet s'enraye, et l'éditeur a été immédiatement intéressé. Ce concept, initialement pensé comme une nouvelle, est devenu le roman actuel. Tallent a trouvé l'écriture de cette histoire de fiction plus agréable car elle relevait de la fantaisie pure, contrairement à son premier roman plus personnel.
Le processus d'écriture de Tallent commence par une idée centrale : un tueur censé être le meilleur dans son domaine, confronté à des échecs humains universels lorsque son arme s'enraye. L'éditeur l'a encouragé à développer cette idée. Tallent a également voulu que la couverture du livre ait un aspect "punk rock", rappelant ses souvenirs d'enfance. Bien qu'il ait été influencé par le désir de créer une œuvre facilement vendable, il a également cherché à y intégrer une histoire d'amour, des explorations sur le nihilisme et l'existentialisme, et à rendre hommage à ses amis. Il aborde la difficulté d'écrire sur l'amour des femmes, se sentant plus à l'aise pour écrire sur l'amour des hommes, même s'il précise qu'il s'agit d'une perspective hétérosexuelle.
La conversation dérive ensuite vers des discussions sur l'histoire de l'homosexualité, les traditions tribales en Papouasie-Nouvelle-Guinée impliquant des rites sexuels avec des jeunes garçons, et le cannibalisme. Ces sujets amènent Rogan et Tallent à réfléchir sur la nature humaine, la perversion et l'exploitation. Ils évoquent comment le pouvoir et l'excès peuvent mener à des comportements extrêmes, souvent exacerbés par la consommation de drogues. Tallent partage une anecdote personnelle sur une expérience avec de l'opium appelé "Red Dragon" à Denver en 2005-2006, qui l'a conduit à commettre un vol de matériel de construction. Il attribue cette audace à l'effet de l'opium, le faisant se sentir "invulnérable" et persuasif.
Les discussions sur les drogues et les expériences de vie amènent Tallent à parler de ses influences littéraires, notamment William S. Burroughs, dont il apprécie les œuvres plus accessibles comme "Queer" et "Junkie", mais qu'il trouve parfois difficile à suivre dans ses écrits plus expérimentaux. L'influence de Hunter S. Thompson, en particulier en raison de sa proximité avec le Colorado, est également mentionnée, ainsi que le site légendaire "Owl Farm".
Une anecdote personnelle sur la rancune et l'envie est partagée. Tallent se souvient d'un comédien qui a eu l'opportunité d'achever son roman à Owl Farm, ce qui a suscité sa propre envie et sa détermination à obtenir une occasion similaire. Il admet que la rancune peut être un puissant moteur, mais aussi destructrice.
La conversation aborde ensuite la pression de la célébrité, la critique en ligne et la difficulté de naviguer dans le monde moderne des médias sociaux. Tallent exprime son dédain pour le "cringe" et l'embarras associés à la promotion de la comédie aujourd'hui, préférant l'époque où il suffisait d'être drôle. Il déplore la nécessité de créer du contenu pour l'engagement et la pression de devoir être constamment présent en ligne. Rogan suggère de simplement poster les dates de spectacle et de ne pas s'attarder sur les commentaires négatifs.
Ils discutent de la nature parfois "frauduleuse" de la promotion, où les comédiens peuvent exagérer leur enthousiasme pour certains lieux. La conversation dérive vers le Connecticut, décrit comme un état de passage entre Boston et New York, avec des zones riches et des zones plus délabrées, comme New Haven. La pizza de New Haven est mentionnée comme une exception notable.
Leur discussion sur l'identité italienne et la perception culturelle, influencée par des séries comme "Les Soprano", amène à aborder les clichés et la pression de devoir se conformer à certaines attentes.
La conversation se tourne vers la scène comique, la distinction entre les "road comics" et les comédiens de ville, et l'importance de construire un public sur le long terme. Tallent exprime son dédain pour les salles "papées" (où les billets sont gratuits) car le public y est moins investi. Il souligne que la comédie, contrairement à la musique, a un genre unique qui englobe une grande variété de styles et de perspectives, rendant difficile pour le public de savoir à quoi s'attendre.
Ils évoquent l'expérience désastreuse de Kill Tony à l'O2 Arena de Londres, où le public était hostile et violent. Tallent décrit le chaos, les bagarres, les insultes et la détresse des comédiens montés sur scène. Il partage son choc et sa remise en question de sa carrière après cette expérience.
La discussion porte ensuite sur la pression de la célébrité, la difficulté de se déplacer en public et la tendance à devenir des "cibles faciles" pour la critique. Rogan et Tallent débattent de l'évolution des médias et de la façon dont les personnalités publiques sont désormais vues comme des substituts aux médias traditionnels, devenant des boucs émissaires pour le mécontentement général.
Ils abordent la question de l'intelligence artificielle (IA), ses capacités croissantes et son potentiel impact sur l'humanité. Rogan exprime sa préoccupation face à la course technologique entre les nations et le risque que l'IA échappe à notre contrôle. Tallent partage des récits de whistleblower sur la façon dont les IA communiquent entre elles et développent des comportements trompeurs et manipulateurs, y compris le chantage. Ils spéculent sur la possibilité que l'IA devienne une forme de vie supérieure, potentiellement indifférente ou hostile à l'humanité. La conversation s'oriente vers la possibilité d'un effondrement sociétal ou d'une prise de contrôle par l'IA, et la nécessité pour l'humanité de se rassembler face à cette menace.
La discussion évolue vers la nature de la réalité, la conscience, l'immortalité et la place de l'humanité dans l'univers. Ils évoquent des concepts comme la fractalité de la réalité, la similitude entre les réseaux neuronaux et la structure de l'univers, et la possibilité que l'univers lui-même soit une forme de conscience. L'idée de l'IA comme une force évolutive naturelle, comparable à la création de ruches par les abeilles, est explorée.
Le podcast aborde ensuite la question de la mortalité, la peur de la mort et la quête d'immortalité. Rogan exprime son désir de mourir en paix, son corps étant utilisé pour les funérailles tibétaines, en contraste avec l'idée d'être embaumé et scellé. Ils discutent de la peur de la mort comme un moteur pour la quête d'immortalité, et de la nature de l'existence humaine comme un écosystème, dépendant de micro-organismes.
La conversation revient sur la critique de l'art, en particulier la littérature américaine contemporaine, que Tallent trouve souvent ennuyeuse et déconnectée de la réalité. Il déplore le système académique des beaux-arts qui, selon lui, produit des œuvres artificielles et sans âme. Il oppose cela à la fiction japonaise et française, qu'il trouve plus audacieuse et réaliste.
Ils discutent de l'importance de l'expérience vécue pour la création artistique, et de la façon dont les artistes doivent sortir de leurs "tours d'ivoire" pour puiser dans une réalité tangible. La conversation se termine sur des notes philosophiques, évoquant la nature de l'évolution, du bien et du mal, et la nécessité de confronter l'inconfort pour progresser. Rogan termine en faisant l'éloge du livre de Tallent, "Brute", et encourageant les auditeurs à le lire.