
Pourquoi Bitcoin ne cesse de chuter ?
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En 2026, l'or a progressé de 3%, le S&P 500 de 5%, le NASDAQ de 17%, tandis que Bitcoin a chuté de 25%. Cette contre-performance est notable, car Bitcoin était présenté comme l'or numérique, une protection contre l'inflation et le chaos géopolitique. Malgré une année marquée par l'inflation et des crises, Bitcoin n'a pas prouvé sa valeur en tant que refuge. Au contraire, il s'est comporté comme un actif risqué.
L'or a surpassé Bitcoin sur tous les plans. Sa performance sur un an est d'environ +30%. Les banques centrales ont acheté 244 tonnes d'or au premier trimestre 2026, un record, cherchant à réduire leur dépendance au dollar. La demande de lingots et de pièces a également bondi de 42% chez les particuliers. Pendant ce temps, l'écosystème crypto vend ses tokens. L'or prospère dans la peur et la défiance envers les monnaies, tandis que Bitcoin reste lié à l'appétit pour le risque et aux liquidités spéculatives. Il a perdu la guerre du récit, se comportant davantage comme un actif risqué que comme une réserve de valeur.
Cette situation paradoxale s'explique par son adoption réussie à Wall Street. Les ETF spot Bitcoin, censés propulser son cours, ont vu des retraits massifs. Entre novembre 2025 et février 2026, plus de 6 milliards de dollars ont été retirés des ETF Bitcoin, faisant chuter son prix de 100 000 à 60 000 dollars. Sur l'ensemble de 2026, les entrées nettes plafonnent à 500 millions de dollars, loin des 25 milliards de dollars générés par l'ETF de BlackRock en 2025. Une sortie record de plus d'un milliard de dollars a même été enregistrée en une seule journée pour l'ETF de BlackRock.
De plus, la stratégie de MicroStrategy, qui a alimenté le marché haussier en achetant massivement du Bitcoin via l'émission d'actions, s'essouffle. La prime de ses actions par rapport à la valeur de ses Bitcoins, qui atteignait x2,8 fin 2024, est tombée à x1,2. Ce moteur magique est cassé, et l'entreprise a enregistré 17,4 milliards de dollars de pertes latentes au quatrième trimestre 2025. L'action a plongé de près de 70%, et MicroStrategy a même vendu des Bitcoins pour la première fois en trois ans et acheté des obligations, signe d'un ajustement de stratégie. D'autres sociétés suivant ce modèle, comme Metaplanet (-80%), sont également en difficulté. Galaxy Research prévoit que cinq sociétés de Bitcoin Treasury devront vendre, fusionner ou disparaître en 2026. Coin Communications, par exemple, a déjà commencé à vendre ses Bitcoins pour rembourser sa dette.
La corrélation de Bitcoin avec le NASDAQ est devenue plus évidente. Il agit comme une action tech, mais une "mauvaise" action tech, car il suit le NASDAQ à la baisse mais décroche lors des rebonds. Cette corrélation asymétrique s'explique par l'absence d'IA dans Bitcoin, alors que les actions liées à l'IA sont le moteur de la performance du NASDAQ. L'ETF Bitcoin de BlackRock a même été détrôné par un fonds sur les puces mémoire.
Contrairement aux actions qui ont des mécanismes de soutien (bénéfices, dividendes, rachats d'actions), Bitcoin n'en a pas. Son prix dépend uniquement de l'équilibre entre acheteurs et vendeurs. Quand les acheteurs disparaissent, il n'y a rien pour amortir la chute. De plus, les mineurs de Bitcoin créent une pression vendeuse structurelle pour couvrir leurs coûts.
Bitcoin n'a pas raté son entrée à Wall Street; il l'a trop bien réussie. Il est entré dans la cour des grands, mais reste trop exotique. Le récit d'une adoption institutionnelle massive, qui nourrissait l'espoir, s'est essoufflé. Maintenant que les vannes sont ouvertes, l'investissement institutionnel est là, mais la question est : quel est le prochain moteur de la hype ?
Le débat sur les cycles de Bitcoin est également en cours. Certains, comme Cathie Wood, estiment que les ETF et l'intégration macro ont remplacé la mécanique des cycles liés au halving. L'impact du halving est devenu marginal face aux liquidités et aux volumes quotidiens. D'autres, comme Benjamin Cowen, pensent que les cycles persistent, mais reconnaissent que le dernier sommet n'a pas été marqué par l'euphorie habituelle.
En fin de compte, ce n'est plus le halving qui dicte le prix du Bitcoin, mais la Réserve fédérale, BlackRock et les institutions qu'il était censé combattre. Les prévisions de prix varient, indiquant l'incertitude du marché. La question n'est plus de savoir quand Bitcoin repartira, mais ce qu'il est devenu. Il a grandi, perdu une partie de sa magie, passant d'un actif marginal à un actif système compatible, avec les mêmes vents contraires que les autres.