
Solenne BORDEAUX-MONTRIEUX délie la main et la voix pour libérer le corps de ses blocages
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Dans cet entretien, Solen, coach vocal et graphothérapeute, partage son expertise sur l'importance de la voix et de l'écriture comme moyens d'expression et d'existence, ainsi que sur leur impact neurologique et cognitif. Elle distingue la graphothérapie de la graphologie, expliquant que la première vise à améliorer l'écriture et à traiter les troubles associés, tandis que la seconde est une analyse du caractère.
La graphothérapie s'adresse aux personnes, majoritairement des enfants et des adolescents, qui présentent des difficultés d'écriture, caractérisées par l'illisibilité, une lenteur ou une rapidité excessive du geste, et des douleurs physiques liées à l'acte d'écrire. Solen souligne que, contrairement à une idée reçue, l'écriture a un impact neurologique significatif sur le cerveau, favorisant la mémorisation et la concentration. Elle note également que des pays comme les États-Unis et la Suède réintègrent l'apprentissage sur papier, reconnaissant les bienfaits de l'écriture manuscrite face au numérique.
Solen insiste sur le fait que l'objectif de la graphothérapie n'est pas de rendre une écriture esthétiquement parfaite, mais de la rendre plus lisible, fluide et confortable. Elle explique que l'écriture évolue avec l'individu, se personnalise et devient une empreinte identitaire. Elle précise qu'une écriture illisible n'est pas toujours synonyme de dysfonctionnement, mais qu'il faut attendre environ l'âge de 6 ans pour observer une stabilité. Avant cet âge, l'enfant est en phase d'apprentissage, et il est normal que son écriture ne soit pas encore figée. Les premières inquiétudes peuvent émerger à partir du CE1 (vers 7 ans), et plus l'intervention est précoce, plus les chances de succès sont élevées.
Elle aborde également la question des punitions par l'écriture, comme les lignes répétitives, qu'elle juge contre-productives car elles associent l'écriture à une contrainte et peuvent générer du dégoût pour l'apprentissage. La graphothérapie moderne privilégie des approches ludiques et le mouvement pour redonner de la fluidité au geste.
L'entretien aborde ensuite le sujet des gauchers. Solen reconnaît que la société est majoritairement conçue pour les droitiers, ce qui peut poser des défis aux gauchers dans leur apprentissage de l'écriture. Elle explique que la position du corps et le mouvement du bras sont importants, et que les gauchers ont tendance à écrire dans une position de fermeture, contrairement aux droitiers qui écrivent dans l'ouverture. Elle suggère des aménagements, comme inverser les places dans la classe ou adapter l'utilisation des outils, pour faciliter leur écriture. Elle mentionne également le "gaucher contrarié", qui a été forcé d'écrire de la main droite, une pratique moins courante aujourd'hui.
Le deuxième axe de l'expertise de Solen est la prise de parole. Elle établit un lien fort entre l'écriture et la voix, toutes deux étant des formes d'expression corporelle. Elle souligne que nous avons été conditionnés à nous taire dès le plus jeune âge, ce qui freine la prise de parole. Elle compare les approches culturelles, notant une plus grande aisance à l'oral chez les Anglo-Saxons, attribuée à un enseignement plus précoce du théâtre et de la prise de parole en public.
Solen définit la voix comme le "rapporteur de qui l'on est", intrinsèquement liée à nos émotions et à notre état corporel. Elle insiste sur l'importance de se reconnecter à son corps pour habiter pleinement sa voix et se donner l'autorisation d'exister. Elle distingue la voix d'acteur ou de chanteur, qui relève d'un rôle, de la voix authentique, celle qui exprime notre être profond. Elle utilise l'exemple d'une commerciale qui ne parvenait pas à vendre sa machine de radiothérapie, car elle n'incarnait pas son discours, révélant une blessure d'enfance liée à une petite fille qui n'osait pas s'exprimer.
Solen, elle-même ancienne ingénieure, partage son parcours personnel : après avoir ressenti un désalignement malgré une vie extérieure réussie, elle a découvert le pouvoir du corps et de l'énergie à travers un soin énergétique. Cette expérience l'a amenée à explorer le lien entre le corps, la voix et l'écriture, et à comprendre que le corps parle et exprime beaucoup plus que le mental. Elle encourage à écouter son corps, car il est une source précieuse d'informations.
Elle précise que la graphothérapie se pratique en présentiel pour un contact physique essentiel, tandis que le coaching vocal peut se faire à distance, bien qu'une première séance en présentiel soit préférable. Solen exerce au Vésinet et à Croissy-sur-Seine. Elle conclut en rappelant que la voix libérée est une forme d'existence et d'expression authentique. Elle mentionne également être harpiste, ajoutant une dimension musicale à son parcours. L'entretien se termine par des remerciements et l'invitation à contacter Solen pour des accompagnements sur les thématiques de l'écriture, de la voix et de la prise de parole.