
Ce que les grandes fortunes détiennent À LA PLACE des obligations
Audio Summary
AI Summary
En 2026, les obligations à 30 ans de l'État américain ont perdu 45 % de leur valeur depuis 2021. Un phénomène similaire est observé en France, où les taux ont atteint 4 % le 20 mai 2026. Cette baisse brutale et silencieuse se produit sur un marché obligataire de plus de 130 000 milliards de dollars, sans qu'il y ait eu de faillite d'entreprise ou de crash boursier. Le marché obligataire est en train de mourir et ne devrait pas se relever de sitôt.
Une première force majeure impactant les obligations d'État américaines est le "mur de maturité" prévu en 2026. De nombreuses obligations à long terme arriveront à échéance simultanément, obligeant l'État américain à rembourser 10 000 milliards de dollars de capital initialement prêté, en plus des intérêts. Le problème est que ces obligations rémunèrent des coupons à 1 % par an, alors que l'inflation aux États-Unis est bien supérieure et que les nouvelles obligations sont autour de 4 %. L'État américain ne souhaite pas refinancer cette dette à un taux aussi élevé, ce qui ferait exploser la charge d'intérêt.
La deuxième force est liée aux taux japonais. Le Japon, l'une des plus grandes économies mondiales, a maintenu des taux quasi nuls pendant 30 ans. Cette politique est en train de changer car elle n'incite pas à la consommation et ralentit l'économie. L'inflation, bien que souvent critiquée, pousse les gens à dépenser plutôt qu'à garder des liquidités. Les rendements à 40 ans au Japon ont bondi à 4,24 %, un record historique. Moins de personnes achetant des obligations américaines, l'État américain doit augmenter ses rendements pour attirer de nouveaux capitaux et financer sa dette.
Enfin, le conflit en Iran est la troisième force. Les tensions géopolitiques ont fait grimper le baril de pétrole à 100 dollars en février 2026. Cela a immédiatement entraîné une correction du marché obligataire, car les anticipations de hausse des taux ont été réévaluées. En 2026, la plupart des experts n'anticipent plus de baisse des taux, et plus de 50 % prévoient même une hausse d'ici octobre 2026. Cela soulève la question de l'opportunité d'acheter des obligations ou des actions actuellement.
Concernant la stratégie d'investissement 60/40 (60 % actions, 40 % obligations), souvent présentée comme une solution miracle, une étude récente (mars 2026) auprès de 233 investisseurs avec un patrimoine moyen de 17 millions de dollars montre un changement de paradigme. Leur patrimoine est en moyenne de 60 % en actions, 10 % en obligations et cash, et 30 % en actifs privés et alternatifs. La raison invoquée est la rupture de la corrélation entre actions et obligations en période de stress, les deux classes d'actifs chutant simultanément lors de chocs inflationnistes. Cela rend inutile de détenir les deux en période de stagflation (stagnation économique et inflation croissante).
Trois stratégies sont proposées comme pistes de recherche pour protéger et faire croître son patrimoine :
1. **Réduire les obligations longue durée et favoriser les obligations "cash deposit" :** Ces produits, accessibles via des banques ou courtiers comme Interactive Broker, rémunèrent l'argent non investi avec des intérêts adossés à des obligations d'État américaines. L'utilisateur n'a pas besoin d'acheter directement les obligations. Interactive Broker rémunère actuellement 3,12 % sur les dollars (avec un minimum de 100 000 $) et 1,86 % sur les euros. En France, des banques comme Fortuneo ou Monabank proposent des taux plus faibles mais accessibles dès 3 000 €. C'est plus intéressant que de détenir des obligations à long terme avec un risque de perte de 45 % en cas de revente anticipée.
2. **Pivoter vers le "private credit" ou "direct lending" :** Ce marché a atteint 2 000 milliards de dollars. La dette privée senior, considérée comme la plus sécuritaire, rémunère entre 9 et 11 % en 2026, avec un taux de défaut de seulement 2,73 %. Cela offre une rentabilité nette d'environ 7,2 %. Ces produits, autrefois illiquides, sont désormais semi-liquides, permettant de récupérer son argent trimestriellement si les flux entrants du fonds sont supérieurs aux flux sortants. HSBC Asset Management a une perspective positive sur la dette privée en 2026, citant stabilité, prime de rendement et revenus réguliers. Morgan Stanley anticipe une grande vague de refinancement en 2026, créant de la demande sur ce marché. Contrairement aux obligations d'État qui n'ont qu'une promesse de remboursement comme garantie, le private credit s'appuie sur des collatéraux tangibles (saisie d'actifs en cas de défaut). L'accès se fait généralement via les banques privées et les assurances-vie luxembourgeoises. Il faut être vigilant avec le direct lending via des assurances luxembourgeoises, car malgré les garanties théoriques, des faillites passées n'ont pas toujours été remboursées.
3. **Réduire l'exposition aux secteurs en vogue, notamment la technologie :** Si les taux américains augmentent, les obligations deviennent plus attractives. Les fonds de pension et banques privées pourraient vendre leurs positions sur les secteurs technologiques (où ils ont de grosses plus-values) pour rééquilibrer leurs portefeuilles vers des obligations offrant un meilleur ratio récompense/risque. Un rendement garanti de 5-6 % par un État, sans risque de perte de capital, devient très intéressant face à un marché boursier potentiellement surévalué, notamment dans les semi-conducteurs, l'IA et l'aérospatial.
Enfin, une checklist du gestionnaire de patrimoine est proposée :
1. **Avoir des actions ou des ETF immédiatement :** Il est inutile d'essayer de "timer"