
Joe Rogan Experience #2557 - Yakov Smirnoff
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Yakov Smirnoff, comédien d'origine russe, partage son parcours de vie extraordinaire, marqué par des hauts et des bas, et sa quête de sens à travers l'humour. Il débute en offrant à Joe Rogan une pièce de la fresque qu'il a peinte à Ground Zero, un geste symbolique qui ouvre la conversation sur sa carrière. Yakov exprime son admiration pour la longévité de Joe Rogan dans le milieu, attribuant le succès de ce dernier, en partie, à la chance.
Yakov raconte son ascension fulgurante en tant que comédien russe aux États-Unis, notamment au Tonight Show, où il était connu pour ses blagues sur la Russie. Cependant, la chute de l'Union Soviétique a mis un terme abrupt à sa carrière. David Letterman l'avait même cité comme la personne qui se retrouverait sans travail, ce qui s'est avéré vrai. En six mois, tous ses contrats à Las Vegas et Atlantic City ont été annulés. Il se sentait "annulé" alors qu'il aidait même le président Reagan à écrire des blagues pour ses discours en Russie, sa carrière étant alors en pleine croissance.
Face à cette situation désastreuse, sans travail et incapable de payer son hypothèque, Yakov s'est retrouvé à Branson, Missouri. Il décrit Branson comme une ville axée sur la famille, ce qui a forcé son humour à devenir plus "tout public". Il a commencé par louer un petit théâtre, avec seulement 17 personnes à son premier spectacle. Pour attirer plus de monde, il a eu l'idée de servir le petit-déjeuner et le dîner pendant ses spectacles, qu'il appelait "Yak in a box". Progressivement, son public a grandi, atteignant 400 personnes par spectacle un an plus tard, grâce notamment aux tour-opérateurs de bus. Il a finalement acheté un théâtre de 2 000 places et a diverti plus de six millions de personnes. Il fait désormais environ 30 spectacles par an, contre 400 auparavant.
Yakov souligne l'importance de l'adaptation face aux épreuves, surtout avec des enfants en bas âge. Il regrette l'absence des médias sociaux à l'époque, qui auraient pu l'aider à montrer qu'il était toujours actif. Pour lui, la fin de l'Union Soviétique a créé un récit selon lequel il était "fini", le rendant non pertinent. Cette période difficile a coïncidé avec son divorce, le poussant à chercher un nouveau sens à sa vie.
Il s'est lancé dans des études de psychologie, obtenant une maîtrise à l'Université de Pennsylvanie et un doctorat à Pepperdine, tout en continuant à se produire à Branson. Il explique qu'il voyageait le week-end pour suivre ses cours en personne. Sa motivation était de comprendre pourquoi le rire disparaissait des relations amoureuses, contrairement à l'humour en stand-up où le rire est une mesure constante de la connexion avec le public.
Yakov a découvert que le succès des relations et des entreprises réside dans la satisfaction des besoins. Il cite le Dr Willard Harley et son livre "His Needs, Her Needs", qui identifie dix besoins émotionnels différents chez les hommes et les femmes. Les cinq principaux besoins des femmes sont l'affection, la conversation, l'ouverture et l'honnêteté, l'engagement familial et le soutien financier. Ceux des hommes sont l'épanouissement sexuel, l'admiration, un conjoint attirant, un compagnon de loisirs et le soutien domestique. Yakov insiste sur le fait que les hommes ont besoin d'admiration, tandis que les femmes veulent être aimées pour qui elles sont.
Yakov raconte sa propre expérience de son premier mariage et comment il a compris son rôle après des années de réflexion et d'études. Il voulait être un homme fort sur qui une femme pouvait compter pour être libre et créative. Après son divorce, il a passé 20 ans célibataire à se "reconstruire". À 75 ans, il a épousé une femme ukrainienne de 42 ans et a eu un enfant d'un an.
Il explique sa quête pour trouver une femme en Ukraine. Après plusieurs tentatives infructueuses avec des agences matrimoniales, il a décidé d'organiser un séminaire sur les relations et le rire à Kiev. L'idée était d'attirer des femmes intéressées par les relations plutôt que par l'évasion du pays. C'est ainsi qu'il a rencontré sa future femme, Olivia, qui était chargée de promouvoir le séminaire. Il a rapidement su qu'elle était la bonne.
Il parle de ses débuts en comédie en Union Soviétique à 15 ans, dans un environnement très contrôlé par le parti communiste où seuls deux comédiens étaient approuvés par le gouvernement. Il écoutait Arcadi Raikin, dont il mémorisait les monologues pour les rejouer dans son club scolaire. Après son service militaire et des études d'art, il a commencé à se produire sur des navires de croisière soviétiques en mer Noire. C'est là qu'il a réalisé que dans le monde capitaliste, le talent était récompensé par des avantages, une révélation qui a changé sa vie.
Yakov décrit la vie sous le régime communiste, avec des haut-parleurs diffusant constamment des messages de propagande dans les appartements et le brouillage de Voice of America. Son père écoutait secrètement cette radio la nuit, espérant un avenir meilleur. Sa mère, craignant les ennuis, était réticente à l'idée d'émigrer. Cependant, après que Yakov ait fait part de son désir de partir, son père a convaincu sa mère de tenter l'aventure, leur fils ayant le droit d'expérimenter la liberté.
Ils ont pu quitter l'URSS grâce à un accord entre Jimmy Carter et les dirigeants soviétiques, échangeant des droits de l'homme contre du blé. Ils ont passé trois mois en Italie, survivant en vendant des préservatifs achetés en Union Soviétique, où ils étaient bon marché, et revendus chers en Italie. Yakov a appris l'anglais en allant au cinéma et en pratiquant avec des touristes. Cinq ans après son arrivée, il a réalisé son rêve de se produire à Las Vegas.
Yakov raconte son arrivée aux États-Unis en 1977, travaillant comme barboy à l'hôtel Ginger's dans les Catskills, où il a appris l'anglais et testé ses blagues sur les clients. Il a ensuite eu l'opportunité de monter sur scène, malgré quelques incidents amusants. Une rencontre fortuite avec la secrétaire de Mitzi Shore, propriétaire du Comedy Store à Los Angeles, lui a ouvert les portes du monde de la comédie. Mitzi lui a offert un endroit où vivre et un emploi de menuisier, croyant en son potentiel.
Il se souvient des soirées au Comedy Store, côtoyant des légendes comme Robin Williams, Billy Crystal, David Letterman et Richard Pryor. Il a finalement été repéré grâce à une publicité pour Miller Lite, ce qui lui a valu une invitation au Tonight Show avec Johnny Carson, un moment décisif dans sa carrière. Il a fait sept apparitions au Tonight Show, un exploit à l'époque.
Yakov compare l'importance du Tonight Show à l'émission actuelle "Kill Tony", qui lance également des carrières. Il a récemment participé à "Kill Tony" et a été impressionné par le respect de Tony Hinchcliffe. Il est maintenant en tournée, avec un spectacle qui mêle humour et réflexions sur les relations, visant à rapprocher les couples. Il s'inspire de comédiens comme Nate Bargatze et Brian Regan, qui prouvent qu'un humour "tout public" peut être universellement drôle.
Il a récemment réécrit son spectacle pour en faire un pur stand-up, après que ChatGPT lui ait dit qu'il était plus un "one-man show" qu'un comédien de stand-up. Yakov continue d'écrire et d'aimer la comédie, s'inspirant de l'énergie de collègues comme Argus Hamilton. Il se remémore ses débuts, partageant une maison avec Andrew Dice Clay et Sam Kinison, une période folle et formatrice.
Il raconte comment il a acheté une maison à Los Angeles pour 150 000 dollars, un manoir détruit qui fut la demeure de Lenny Bruce. Pour finaliser l'achat, il a dû faire signer un document à l'ancien propriétaire, Seymour Cassel, qui était en prison. Yakov est désormais de retour en tournée, se produisant dans des clubs à travers le pays. Il exprime sa gratitude envers Mitzi Shore, qu'il considère comme celle qui lui a donné une nouvelle vie.
Yakov conclut en affirmant que le rire est un lubrifiant essentiel dans les relations et un remède pour l'âme. Il est reconnaissant pour les opportunités qui lui ont été offertes et continue de croire en la valeur de la comédie pour rassembler les gens.