
Khadija LEVAIN-CHAVANON libère les blocages profonds grâce aux constellations familiales
AI Summary
Kadija, invitée sur un canapé, partage son parcours atypique, débutant par des études de pharmacie, une orientation qui visait à aider les gens et à voyager, mais qui fut mal orientée suite à un baccalauréat scientifique non suivi. Après avoir arrêté la pharmacie en deuxième année, elle s'est retrouvée dans les ressources humaines pendant plus de vingt ans, un domaine qu'elle a découvert par hasard mais qui, rétrospectivement, s'inscrit dans une logique d'accompagnement humain. Son expérience en tant que secrétaire médicale, notamment à l'Hôpital Américain, l'a également familiarisée avec l'écoute et le soutien.
Elle aborde ensuite sa transition vers des pratiques plus holistiques comme les constellations familiales et l'hypnose thérapeutique. Sa découverte des constellations familiales s'est faite par synchronicité, à travers des vidéos YouTube et des publications Instagram, alors qu'elle ne faisait aucune recherche spécifique. Une rencontre fortuite lors d'un dîner, avec une personne dont la vie avait été transformée par les constellations familiales, a renforcé cette "attraction". Sans avoir jamais expérimenté cette pratique, elle s'est inscrite à une formation en Suisse, découvrant ainsi un outil puissant et surprenant. Lors de cette formation, elle a vécu sa propre constellation, où un trauma refait surface : le souvenir d'une petite fille enfermée dans une pièce noire. Cette expérience, bien que déstabilisante, a marqué le début de son exploration. Elle souligne qu'elle n'est pas partisane de la recherche active des traumas, préférant laisser ce qui remonte à la surface s'exprimer sans forcément l'investiguer en profondeur.
L'hypnose est entrée dans sa vie suite à une situation personnelle difficile : le harcèlement scolaire de son fils. Le médecin de famille, également hypnothérapeute, lui a conseillé de consulter une hypnothérapeute. Cette rencontre a été déterminante, non seulement pour son fils, mais aussi pour Kadija, qui s'intéressait parallèlement aux neurosciences comportementales. Elle a suivi une formation en hypnose thérapeutique, qu'elle a adorée et qu'elle combine désormais avec les constellations familiales.
Elle décrit sa méthode comme une approche "personne ressource", convaincue que les blocages et les ressources se trouvent en chacun. La combinaison des constellations et de l'hypnose permettrait à la personne de vivre sa propre constellation, favorisant la remontée de l'inconscient et la capacité d'accueil. Elle a découvert un lien profond entre ces deux outils, constatant que des éléments ressurgis en constellation pouvaient être revus et compris avec plus de clarté sous hypnose, apportant des compréhensions supplémentaires. Elle apprécie particulièrement l'hypnose comme un travail "cocréatif", où elle entre en connexion avec la personne, vivant parfois des expériences similaires, une co-visualisation puissante. Elle insiste sur l'importance des rituels de protection et de la confiance en l'inconscient.
Kadija a également adapté ses pratiques au monde de l'entreprise, en proposant des "actes symboliques de libération" inspirés des constellations, sans forcément nommer explicitement la pratique. Elle constate que dans le milieu professionnel, face à la souffrance des équipes, la libération de l'espace est essentielle avant toute autre démarche.
Elle partage la conviction que l'on ne peut accompagner une personne plus loin que le chemin que l'on a soi-même parcouru. Elle reconnaît ressentir les limites de la personne accompagnée, ainsi que ses résistances, et n'a pas le syndrome du sauveur. Elle s'autorise à exprimer ce qu'elle ressent et à proposer des axes de travail, tout en reconnaissant l'importance de la formation continue, de l'accompagnement personnel et de la supervision. Elle aborde la question de la légitimité, se demandant parfois si elle est légitime, mais son parcours atypique, de la pharmacie aux RH, puis aux pratiques holistiques, est justement ce qui lui confère une richesse et une perspective uniques. Elle note que, contrairement à la France, la Suisse est plus ouverte à ces parcours non linéaires.
Elle évoque sa relation à la foi, différente de celle qu'elle a apprise dans son enfance, plus intégrée à son propre être. Cette évolution a été déstabilisante et a généré un sentiment de culpabilité, car elle s'éloignait des enseignements familiaux et religieux très pratiquants. Elle se considère comme le "mouton d'or" de sa famille, qui ne comprend pas toujours ses choix et ses pratiques.
La gratitude est un sentiment central pour Kadija. Elle ne la voit pas seulement comme une formule automatique, mais comme la reconnaissance de ses sens, de son corps, de sa capacité à ressentir. Elle souligne la puissance d'auto-guérison du corps, une philosophie qu'elle applique et tente d'inculquer à ses enfants. Son fils, artiste, intègre d'ailleurs les notions d'arbres généalogiques et de constellations dans ses œuvres.
Elle se définit comme une "facilitatrice" plutôt qu'une "constellatrice", mettant l'accent sur la création d'une alliance thérapeutique solide et d'un cadre sécurisant. Elle insiste sur le fait qu'elle ne sait pas toujours où le travail va mener, mais que l'intention est toujours la justesse, la bienveillance et la remontée de l'inconscient, loin des "constellations drama". Elle cherche à "dépoussiérer" ces pratiques, à les rendre plus accessibles et moins "perchées", en restant ancrée dans une approche rationnelle tout en reconnaissant la dimension spirituelle.
Concernant l'hypnose, elle valorise la posture du praticien, l'alliance thérapeutique, le cadre de sécurité et surtout la redonnance de responsabilité au client. Elle préfère le terme de "personne ressource" à celui de "coach", car elle souhaite que le client reste souverain et reprenne le pouvoir sur sa vie, plutôt que de fixer des rendez-vous à long terme. Elle reconnaît que le terme "coach" est malheureusement utilisé de manière galvaudée, mais il est parfois nécessaire pour se présenter.
Elle intègre constamment de nouveaux outils dans ses pratiques, comme le coaching en image où elle utilise les constellations pour explorer les croyances liées à l'apparence et au transgénérationnel. Elle explique que sa propre guérison se fait aussi à travers les histoires des autres, et qu'elle peut recourir à un accompagnement quand elle ressent des blocages. Elle partage un exemple marquant : la perte soudaine de son bureau, dont les symptômes physiques se sont manifestés avant l'événement matériel, le corps anticipant la mémoire d'un départ de chez ses parents. Cet événement l'a obligée à sortir d'une croyance limitante sur la nécessité d'un bureau physique pour avoir des clients, une fausse croyance qui la freinait dans son rêve de voyager et de travailler partout dans le monde.
Elle utilise des figurines, notamment des personnages Disney et des animaux, pour les constellations individuelles, laissant le choix à la personne entre l'hypnose ou les figurines. Elle retourne régulièrement au Maroc, un lieu important pour elle. Elle se voit évoluer et intégrer de nouveaux outils, comme le breathwork, qu'elle prévoit d'explorer. Elle est constamment en quête d'apprentissage, tant pour elle-même que pour enrichir ses pratiques, curieuse de découvrir et d'expérimenter différents styles. Elle considère qu'il n'y a pas assez de thérapeutes pour toutes les personnes qui en ont besoin, et encourage chacun à se nourrir de l'énergie des praticiens et à écouter ce que son corps lui dit. Elle trouve l'échange dans cette émission inspirant, car il permet de ressentir l'ADN de la personne.