
CAC 40 : même le pape ne rassure pas la chèvre
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Ce samedi, les taux américains sont au plus haut depuis 2007, le dollar est à son maximum depuis juillet, et le pétrole oscille autour des 100 dollars. Wall Street, avec le SP500, est à seulement 0,4% de ses records historiques. En revanche, Paris enregistre six semaines consécutives de baisse.
Les indices américains tiennent bon, notamment le SP500 qui maintient sa moyenne mobile quotidienne, signe d'une tendance haussière malgré la sous-performance du Dow Jones. Les taux américains flambent : le 10 ans dépasse 5,2% (plus haut depuis 2007) et le 30 ans franchit 5,5% (inédit depuis 2004). Le dollar s'apprécie, car les hausses de taux de la Réserve fédérale rendent les placements en dollars plus attractifs. Le pétrole reste cher, impacté par des tensions géopolitiques, mais des rumeurs de déblocage du détroit d'Ormuz pourraient influencer son prix.
Wall Street ne panique pas car cette hausse des taux est justifiée par une économie américaine en accélération. L'indice PMI composite est passé de 56 à plus de 58, un niveau jamais vu depuis juillet 2021, correspondant à une croissance annuelle d'environ 5%. Cependant, les coûts des entreprises augmentent plus rapidement qu'en 2022, et le marché anticipe à 70% une nouvelle hausse des taux de la Fed en octobre.
Le CAC 40, lui, est en difficulté. Selon Goldman Sachs, c'est le moins performant des grands indices européens cette année. Trois raisons expliquent cette situation :
1. **Le luxe** : des géants comme LVMH (-40%) et Hermès (-30%) subissent une faible demande, notamment en Asie, ce qui impacte l'indice.
2. **La dette française** : le taux à 10 ans explose, et l'écart avec l'Allemagne dépasse 102 points de base, reflétant une prime de risque accrue due au budget, à une assemblée fracturée et aux prochaines élections.
3. **La Banque Centrale Européenne** : l'activité de la zone euro est à son plus haut depuis trois ans et demi, incitant la BCE à continuer de monter ses taux. Contrairement aux États-Unis où la croissance absorbe les hausses de taux, la France fait face à une dette coûteuse et un secteur du luxe en difficulté.
Ce qui soutient Wall Street, c'est principalement la tech. Des entreprises comme Meta (+12% grâce à son offre d'IA) et AMD (+10%, franchissant les 1000 milliards de dollars de capitalisation) ont affiché des performances impressionnantes. Costco, un club-entrepôt où l'adhésion est payante (65 $ ou 130 $ pour la carte premium), est un indicateur clé du consommateur américain. Costco gagne la majorité de ses bénéfices (plus de 60%) grâce aux cotisations annuelles, avec un taux de renouvellement de 92%. Ses récents résultats sont solides : 86 milliards de dollars de chiffre d'affaires (légèrement en dessous des attentes), un bénéfice par action supérieur aux prévisions, une fréquentation en hausse de 3% et un panier moyen en progression de 6%. Hors essence et effets de change, la croissance est de près de 7%. Le consommateur américain continue de dépenser, même avec l'essence plus chère.
Le troisième point concerne la géopolitique, avec la rencontre entre Xi Jinping et Trump. Cette première visite de Xi en 10 ans fut un grand spectacle sans accord concret sur les droits de douane, les terres rares ou le soja. La seule annonce fut la prolongation de la trêve commerciale de deux mois, reportant le problème. Le marché s'en contente, interprétant l'absence de mauvaises nouvelles comme une bonne nouvelle, d'autant plus avec les élections de mi-mandat approchant. La compétition sur l'IA est intense, mais sans cadre commun. La trêve tient, mais la rivalité aussi.
La semaine prochaine s'annonce dynamique. Mercredi, l'indice PCE (inflation) sera publié, suivi des résultats de Micron. Jeudi, l'ISM manufact