
Claudia ROUSSET transforme les blessures de Lune Noire en potentiels
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L'astrologie, selon Claudia, ne révèle pas d'informations fondamentalement nouvelles, mais vient plutôt confirmer et autoriser ce que nous pressentons déjà. Elle met en lumière les "blessures de Lune Noire", également appelées "moteurs d'incarnation", qui représentent des vides ou des manques non pas comme des punitions, mais comme des potentiels créateurs et des excellences. Ces blessures sont toujours présentes, mais la perspective que l'on adopte à leur égard peut transformer leur impact.
Claudia, psychopraticienne et astrothérapeute, partage son parcours de vie, marqué par une transition de l'ingénierie – une voie perçue comme "royale" et suivie sous l'influence paternelle – vers des domaines plus axés sur l'humain et la spiritualité. Après 20 ans en tant qu'ingénieur géologue puis dans le traitement de l'eau, elle a ressenti un questionnement profond, une quête de sens et un ennui, exacerbés par des épreuves de vie et une crise de la quarantaine. Ces moments de souffrance l'ont amenée à se remettre en question, réalisant qu'elle n'était pas sur la bonne voie, malgré un certain plaisir dans son activité professionnelle.
Dès l'enfance, Claudia avait un besoin de comprendre l'humain et une difficulté à s'intégrer, développant des capacités d'adaptation. Ce désir précoce d'explorer l'ethnologie, bien que mis de côté par la rationalisation et les influences familiales, témoigne de son intérêt pour les dynamiques humaines.
L'astrologie est entrée dans sa vie lors d'une crise personnelle intense. Sur les conseils d'un ami, elle a consulté un astrologue, une expérience qui l'a profondément marquée. Elle s'est sentie comprise comme jamais auparavant, ce qui a déclenché son désir d'apprendre l'astrologie et d'utiliser cette connaissance pour aider les autres. Elle a découvert que son thème natal contenait des marqueurs indiquant une propension à la thérapie. L'astrologie est devenue pour elle un outil puissant pour confirmer et autoriser des aspects de son être, plutôt que d'apporter des informations totalement inconnues.
En tant qu'astrothérapeute, Claudia utilise le thème natal (carte du ciel au moment de la naissance) et la révolution solaire (mouvement continu des astres) pour affiner ses questions lors des séances de thérapie. Elle ne fait pas de restitution systématique du thème, mais l'utilise comme un guide, avec l'autorisation de ses clients.
La Lune Noire est un concept central dans son approche. Elle explique que la Lune Noire n'est pas une planète mais un point calculé entre la Terre et la Lune, représentant le non-manifesté, un vide ou un manque. Culturellement, ce vide peut être perçu comme une punition. Cependant, l'objectif de l'accompagnement est de montrer que ce vide est en réalité créateur et peut devenir une source d'excellence.
Il existe 12 blessures de Lune Noire potentielles, chacune associée à un signe du zodiaque. La position de la Lune Noire dans un signe et une maison astrologique, ainsi que ses aspects dissonants avec les planètes, révèlent les blessures spécifiques d'une personne. Claudia en a identifié sept dans son propre thème, un nombre qu'elle considère comme faisant partie de son "programme d'incarnation". Ces blessures représentent des énergies du zodiaque non pleinement incarnées ou vécues, créant un sentiment inconscient d'indignité.
Parmi les blessures qu'elle a identifiées chez elle, on trouve l'abandon, l'insécurité, l'échec, le vivant, la castration, le vilain petit canard et le sauveur. Elle donne l'exemple de la blessure du sauveur, qu'elle a développée très jeune, la rendant très sensible aux émotions des autres, au point de capter celles qui ne lui appartenaient pas. Bien que cela puisse être utile en tant que thérapeute, cela peut être envahissant au quotidien. En prendre conscience lui a permis de mieux gérer son énergie et de distinguer ses propres émotions de celles des autres.
Concernant la notion de "guérison" des blessures, Claudia explique qu'elles ne disparaissent pas. Le vide demeure, mais le regard sur ce manque change. On apprend à vivre avec, à le transformer en ressource. Elle compare cela à un processus de "retournement" où la blessure devient un potentiel d'excellence. Par exemple, une personne avec la blessure d'abandon qui a cheminé sur ce thème développera une grande capacité à écouter et à soutenir les autres. Elle préfère d'ailleurs le terme "moteurs d'incarnation" à "blessures de Lune Noire", même si le mot "blessure" parle davantage aux gens.
Le nombre de blessures de Lune Noire varie d'une personne à l'autre ; chacun en a au moins une. Claudia ne pense pas qu'un plus grand nombre de blessures implique une vie moins heureuse ou épanouie. Pour établir un thème et identifier ces blessures, il faut la date, le lieu et l'heure de naissance. Bien que des logiciels puissent donner des informations, l'interprétation par un astrothérapeute formé est cruciale. Claudia a été formée à l'École française d'astrothérapie, qui intègre la psychologie et les lunes noires.
Elle reconnaît la complexité et la diversité des courants astrologiques, ce qui peut nuire à sa crédibilité. Pour elle, l'astrologie est un art plutôt qu'une science, et l'interprétation dépend beaucoup de l'astrologue. Elle insiste sur l'importance de la rencontre entre l'astrologue et le consultant. Elle ne fait pas de prédictions, mais oriente et échange, tout en restant attentive à ne rien affirmer.
Sa propre découverte de ses sept blessures n'a pas été un choc, mais une joie, une confirmation de ce qu'elle ressentait et une validation de ses expériences. Elle donne l'exemple de la blessure de castration (Lune Noire en Bélier), qui se manifeste par une tendance à s'excuser même quand on est bousculé, ou la blessure du vilain petit canard (Verseau), qui révèle une différence précieuse à revendiquer.
L'astrologie peut être un soutien précieux pour les parents, en les aidant à comprendre les comportements de leurs enfants, même si Claudia privilégie l'accompagnement des parents plutôt que l'analyse directe des thèmes des enfants pour ne pas influencer leur développement.
Claudia anime deux podcasts : "En séance avec Benoît et Claudia", où elle échange avec un thérapeute de Montréal, et "Les hommes que j'aime", où elle donne la parole à des hommes sensibles et en chemin, dans une démarche qu'elle perçoit comme un acte de rébellion contre les préjugés et les ressentiments.
Ce qu'elle aimerait que l'on retienne d'elle, c'est son accessibilité et sa capacité à accueillir les profondeurs, sa passion à aider les autres à révéler leur beauté et leurs potentiels. Elle est émerveillée par la beauté de chaque être et la transformation qui s'opère lorsque la conscience s'éveille. Le fait de nommer la honte, par exemple, dans un espace sécurisé, permet de s'en libérer et de désacraliser ce sentiment. Le vide, même s'il reste, n'est pas une punition, mais un espace pour la création, une toile blanche.