
Zuckerberg vs les autres : la guerre des agents IA est déclarée !
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Aux États-Unis, Meta a lancé Mus, un assistant IA qui a rapidement pris la tête de l'App Store, dépassant ChatGPT en termes d'adoption. Des millions d'utilisateurs lui confient déjà leurs emails, cartes bancaires et tâches quotidiennes. Mus peut réserver des restaurants, appeler des assurances, et même marchander sur internet. Mark Zuckerberg prévoit de le miniaturiser sous forme de porte-clé Tamagotchi d'ici les fêtes de fin d'année. Bien que Mus ne soit pas encore disponible en France, son impact aux États-Unis offre un aperçu de ce qui nous attend.
Mus n'est pas un simple chatbot ; c'est un agent qui agit et anticipe. Il se connecte aux emails, agendas et comptes bancaires des utilisateurs. Une expérience personnelle a permis de découvrir des capacités surprenantes : en donnant à Mus accès à ses comptes bancaires, l'agent a analysé les dépenses et identifié des abonnements inutiles ou des offres plus avantageuses. En une heure et demie, cela a permis d'économiser 2300 dollars, en résiliant par exemple un abonnement Fox One pour la Coupe du Monde oublié depuis des mois, ou en suggérant des alternatives gratuites à des services payants. Mus gère ces désabonnements en prenant le contrôle du navigateur, avec un système d'autorisation qui requiert la présence de l'utilisateur. Cette capacité à gérer la "paralysie administrative" et à optimiser les finances personnelles est un atout majeur.
Le succès fulgurant de Mus, qui est devenu l'application gratuite numéro un de l'App Store américain le 18 septembre, a conduit Mark Zuckerberg à en faire la pièce maîtresse de sa stratégie lors de la conférence Connect le 23 septembre. Il a présenté Muse Charm, un porte-clé avec écran et capteur d'empreinte intégrant l'agent, permettant de l'utiliser sans téléphone.
Le discours de Mark Zuckerberg contraste fortement avec celui des autres leaders de l'IA, qui tendent à agiter des peurs apocalyptiques et à prôner un ralentissement du développement. Zuckerberg, lui, adopte une position optimiste, affirmant sa foi en l'humanité et la nécessité de distribuer massivement ces technologies. Il cherche à montrer que l'IA n'est pas réservée aux milliardaires de la Silicon Valley, mais peut être un outil positif pour tous, permettant de gagner du temps et de l'argent.
Ce positionnement est perçu comme une excellente campagne de relations publiques pour l'IA, car il met en avant les bénéfices concrets pour la vie quotidienne des gens. Les craintes soulevées par certains acteurs de l'IA, qui annoncent la mort de certains métiers comme les ingénieurs logiciels, sont jugées infondées. La demande pour ces métiers ne cesse d'augmenter, le travail se transformant plutôt que disparaissant. Le discours alarmiste est critiqué pour créer une haine anti-IA et une volonté de réglementation excessive, souvent motivée par des intérêts économiques.
Le narratif de Zuckerberg, axé sur l'accessibilité et l'émancipation par l'IA, est jugé pertinent. L'IA peut aider les gens à se libérer des contraintes administratives et financières, souvent sources de stress et de pénalités. Les agents IA peuvent optimiser les finances personnelles en identifiant les crédits oubliés, comme les 730 dollars de crédit Amazon retrouvés par Mus pour un retraité californien.
Cette capacité d'optimisation pourrait même, selon certaines analyses, déstabiliser le système bancaire. Si les agents IA commencent à transférer automatiquement l'argent des comptes courants (non rémunérés) vers les comptes d'épargne (rémunérés) pour maximiser les gains des consommateurs, les banques, dont le modèle économique repose sur l'inertie des clients, pourraient être confrontées à un "bank run artificiel".
De même, les agents IA peuvent remettre en question les modèles économiques basés sur les "dark patterns" et l'inertie des utilisateurs. Un exemple frappant est la suggestion de Mus de suspendre l'abonnement "full self-driving" de Tesla pendant une absence de trois mois en Europe, économisant 300 dollars. Notre système économique est souvent basé sur la "connerie humaine" ou la "fatigue économique", où les entreprises profitent des abonnements oubliés ou des difficultés à se désabonner. L'IA, avec sa patience infinie, peut déjouer ces pratiques, forçant les entreprises à créer une réelle valeur pour leurs clients.
L'IA est perçue comme un "compresseur de temps" qui fluidifie les processus. Par exemple, l'obtention d'un permis de construire qui prendrait des mois pourrait être réduite à une demi-heure grâce à l'automatisation administrative par l'IA, stimulant ainsi l'économie en accélérant les projets et la demande de main-d'œuvre.
Dans le domaine de la création, l'utilisation de l'IA est un sujet de débat intense. Certains intellectuels rejettent toute collaboration avec l'IA, la considérant comme une forme de "triche" ou un manque d'effort. Cette vision est comparée à un "macarthysme" ou à une "valeur catholique de la souffrance", où l'effort est valorisé plus que le résultat. Pourtant, l'IA peut servir d'outil pour brainstormer, faire des recherches ou aider à la rédaction, sans pour autant enlever la paternité de l'œuvre à l'auteur. Les créateurs de talent sont souvent les plus ouverts à l'IA, la voyant comme un moyen de développer leur art et d'atteindre l'excellence, tandis que les "rentiers" ou ceux dont le travail est "moyen" se sentent menacés.
La valeur d'un produit, qu'il soit artistique ou fonctionnel, réside dans sa capacité à répondre à un besoin. Si un roman est bon, peu importe comment il a été écrit. La création n'est pas liée au temps passé, mais à l'idée, à la connexion des concepts et à la décision de l'auteur. L'IA peut éclairer les décisions, offrant un champ des possibles gigantesque.
Concernant l'arrivée de ces agents en Europe, la question se pose de savoir s'il faut les encadrer strictement ou les laisser se développer rapidement. Le principe de précaution européen est souvent critiqué pour freiner l'innovation. Aux États-Unis, le laisser-faire est de mise, mais il s'accompagne d'une forte responsabilité individuelle et de lourdes peines en cas d'erreur ou de fraude. L'IA va permettre de tester et d'expérimenter de nouvelles choses à une échelle sans précédent, rendant le contrôle centralisé impossible. Il faudra donc revenir à la responsabilité individuelle, où les développeurs de modèles dangereux seraient tenus responsables de leurs actes, plutôt que de créer des organismes de régulation complexes et potentiellement corrompus qui paralysent l'innovation.