
La France emprunte à près de 5 % : votre épargne est-elle en danger ?
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Dans cette vidéo, Xavier accueille Marc B de chez IVLife, spécialisé en gestion de patrimoine, pour discuter des inquiétudes actuelles concernant la hausse des taux d'intérêt, notamment le taux à 10 ans français atteignant 5 %. Marc explique que cette situation est une anomalie historique, car normalement, lorsque les taux obligataires montent, les actions devraient baisser. Il estime que cette hausse des taux n'est pas durable, étant multifactorielle, et que les taux devraient redescendre dans les mois à venir.
L'impact sur les contrats d'assurance-vie est double. D'une part, la rentabilité des placements sans risque, comme le fonds euro, devrait augmenter grâce à la concurrence entre assureurs. Marc suggère qu'une petite poche de 10 à 15 % en fonds euro peut être intéressante pour conserver de la liquidité et attendre des points bas sur les marchés actions. D'autre part, les marchés actions restent efficaces, tirés notamment par les entreprises investissant dans l'intelligence artificielle. Ces mêmes entreprises, ainsi que le besoin de financement de pays comme l'Allemagne et les États-Unis, contribuent à la hausse des taux obligataires, tout comme la dette française et le contexte politique lié à l'élection présidentielle.
Face à cette situation, Marc souligne qu'il ne faut pas paniquer ni arbitrer précipitamment, mais plutôt saisir des opportunités. Prêter à l'État français à ces niveaux peut avoir du sens, surtout comparé aux taux négatifs d'il y a quelques années. Pour les supports d'investissement, au-delà du fonds euro, Marc mentionne les produits structurés à capital garanti. Ces produits, mis en place sur des niveaux d'entrée actuels, permettent d'intégrer des effets mémoire et des barrières de sécurité, offrant des rentabilités potentielles de 6 à 10 % avec un capital garanti à maturité, ce qui est supérieur aux estimations de 3,5 à 3,8 % pour le fonds euro. Il rappelle que les fonds euros des années passées, avec des rendements faibles érodés par l'inflation, faisaient "mourir" le patrimoine.
Concernant la sécurité de l'épargne, Marc assure que les fonds euros sont garantis par l'assureur, dont la solidité est renforcée par les réglementations européennes (Bâle III, Bâle II). Il minimise le risque de défaut de la dette française, en raison du poids de la France en Europe et des mécanismes de soutien de la BCE mis en place suite à la crise grecque. L'inquiétude des marchés porte davantage sur la trajectoire de la dette française que sur un risque de défaut immédiat. Il estime que la France devra adopter une trajectoire de désendettement, similaire à celle de l'Italie, pour rassurer les marchés. Il est personnellement convaincu que la dette française n'est pas dangereuse et que les fonds obligataires sont en sécurité.
Pour ceux qui redoutent une potentielle fuite des capitaux, Marc évoque des solutions alternatives, mais exprime des doutes quant à l'efficacité des lois sur l'insaisissabilité des fonds en cas de crise grave, prévoyant que de nouvelles lois pourraient être votées pour les récupérer. Il rappelle que la France emprunte actuellement à une moyenne de 2,5 %, et que le risque sera plus marqué dans 2 à 3 ans, période durant laquelle les marchés devraient s'être régulés et des actions politiques engagées.
Il insiste sur le fait que construire son patrimoine aujourd'hui diffère de la période des taux bas. Les taux actuels ne sont pas une anomalie nouvelle, des niveaux similaires ayant existé avant 2008. La clé reste la diversification, en ne mettant pas tous ses œufs dans le même panier, et en conservant une partie de son patrimoine liquide pour saisir des opportunités. La stratégie patrimoniale doit inclure une vision à long terme, un horizon de placement défini, et une cible de rentabilité réaliste. Il recommande une allocation diversifiée incluant obligations, actions, et potentiellement une petite partie de cryptomonnaies, le tout construit lors d'un échange avec un conseiller en gestion de patrimoine. Il conclut en affirmant qu'il ne faut pas surréagir aux fluctuations du marché et que la diversification reste la stratégie la plus efficace.