
The Biggest Barrier to Your Growth | Sadhguru
Audio Summary
AI Summary
Le Bouddha, à 21 ou 22 ans, a quitté sa femme et son enfant comme un voleur, car une fois que l'on réalise les limites de son existence, une grande urgence se fait sentir. La base même de notre servitude réside dans nos goûts et aversions. Une fois pris dans ce piège, notre intelligence est abandonnée. Si nous nous libérons de ce processus, la vie ici et au-delà ne sera plus un problème.
Nous sommes souvent bloqués par une seule personnalité. Il serait amusant de la changer, de la remodeler chaque jour, pour expérimenter une nouvelle personne en permanence. En sept jours de Samyama, on peut oublier qui on est, tant la situation est intense. L'ego n'est pas l'apanage des riches ; il est présent en chacun. La question est de savoir si on le gère avec sagesse ou non. Le monde n'a pas besoin de l'absence d'ego, mais de bon sens, de sens de la vie.
Il y a en nous quelque chose qui ne se contente pas d'une vie joyeuse ; c'est une aspiration profonde, non un désir, mais une destination. La transformation implique que rien de l'ancien ne subsiste. La conscience n'est pas une action ; moins on en fait, plus on devient conscient. Si l'on cesse nos absurdités, on est spirituel. L'essence de la vie est dans son processus, non dans la destination finale. Soyez d'abord heureux, la destination viendra d'elle-même.
Les gens utilisent les processus spirituels de diverses manières. Pour certains, c'est une échappatoire à la routine, pour d'autres un divertissement intellectuel, une quête de savoir, ou un désir d'améliorer leur vie, d'être plus paisibles ou aimants. D'autres encore recherchent une transformation, où rien de l'ancien ne demeure. Enfin, certains veulent se perdre, se dissoudre. Il n'y a pas de meilleure approche, car elle dépend des besoins de chacun.
La nature humaine cherche ce qui lui manque : la santé, l'argent, l'amour. C'est un processus sans fin, car ce que nous possédons est si peu. Chercher ce qui manque est une quête auto-destructrice qui ne mène nulle part. Le désir, qu'il s'agisse d'argent, de connaissances ou de Dieu, ne change que la direction, pas le processus de la vie. L'essence de la vie réside dans la façon dont nous l'expérimentons. Changer les objets de nos désirs ne suffit pas ; c'est la façon dont nous gérons le processus qui fait la différence.
Même si la vie devient agréable, il y a en nous un besoin de plus que la simple joie. Le bonheur ne suffit pas. Ce que la vie désire, ce n'est pas un désir créé, mais une destination vers laquelle elle aspire. Le seul choix est d'y aller consciemment ou inconsciemment. Être traîné inconsciemment, même vers le paradis, est une souffrance. Marcher consciemment rend le processus beau. Plus nous sommes conscients, plus nous accélérons le processus. L'inconscience engendre la souffrance.
L'ignorance de la réalité physique, corporelle, mentale ou familiale mène à la souffrance. L'éveil est l'absence d'ignorance. L'éveil n'est pas une action ; moins on agit, plus on devient conscient. Moins notre activité interne et notre personnalité sont présentes, plus notre conscience et notre présence augmentent. La personnalité exige beaucoup d'efforts pour être maintenue, souvent inconsciemment. Réduire cette activité augmente la conscience, car la vie elle-même est conscience.
La spiritualité n'est pas quelque chose que l'on fait, mais ce qui se produit quand on cesse toutes nos absurdités. Si nous pratiquons le pranayama, c'est pour freiner l'activité incessante de notre être. Cela crée une situation physique, mentale et énergétique où l'activité perd de son importance. Les énergies vitales s'intensifient, et l'activité, bien que toujours présente, devient insignifiante. Le mental cesse de nous modeler.
La personnalité est une distorsion que nous avons créée, en grande partie inconsciemment. C'est comme si nous pensions que le Créateur n'avait pas fait un assez bon travail. Cette caricature de nous-mêmes est née de l'instinct de survie, qui s'est répandu au-delà du corps physique. La personnalité devrait être remodelée chaque jour pour être flexible. Nous ne pouvons pas vivre sans personnalité, mais elle ne doit pas être rigide comme un rocher.
Cette caricature est influencée par notre entourage. Un jeune de 15-16 ans qui regarde un film peut inconsciemment imiter la démarche d'un acteur. Cette caricature ne peut exister sans notre soutien constant. La méditation consiste à retirer ce soutien à notre personnalité, qui s'effondre alors, laissant place à la seule présence. Si nous pouvions changer de personnalité selon les situations, ce serait amusant de créer de nouvelles caricatures chaque jour. Mais être figé dans une seule distorsion est un problème.
Beaucoup de gens ne peuvent pas changer leur personnalité parce qu'ils sont trop identifiés à elle. La personnalité est devenue eux. Pour enlever ce masque, il faut desserrer le lien d'identification. Les pratiques de yoga et la méditation aident à dissoudre les identités pour retrouver une certaine flexibilité. Dans les programmes avancés, l'intensité de la situation fait que l'on oublie qui on est. Tout ce qui est considéré comme normal est brisé, et la personnalité n'est plus soutenue.
L'implication intense dans une activité peut desserrer la personnalité, mais c'est une approche hasardeuse. Nous cherchons une approche scientifique pour démanteler cet échafaudage. Les personnes engagées et qui aiment leur travail ont des personnalités plus flexibles que celles qui poursuivent un objectif. Les fondations de notre personnalité sont nos goûts et nos aversions. Un système complexe de goûts et d'aversions définit notre personnalité.
Le yoga vise à nous libérer de ces goûts et aversions. Exister avec eux est une folie, même si l'esprit logique y voit une liberté. Les goûts et aversions nous poussent à des actions stupides. Si j'aime ou n'aime pas quelqu'un, je ne peux plus agir en fonction de ce qui est nécessaire. L'intelligence et la conscience sont compromises par ce piège. S'identifier à ce que l'on aime est un processus naturel. La vie est conçue pour se dérouler automatiquement. Si nous aimons l'enfer, elle nous y mènera.
L'ego n'est pas lié au succès. Un mendiant peut avoir le même niveau d'ego qu'un homme d'affaires prospère. Le succès permet simplement à l'ego de s'exprimer plus facilement. Ne croyez jamais que les riches ont plus d'ego. L'ego est toujours là ; la question est de savoir si on le gère avec sagesse ou non. Nous n'avons pas besoin de l'absence d'ego, mais de bon sens, de sens de la vie. L'ego fait de nous des êtres égoïstes, tandis que la sensibilité à la vie nous fait reconnaître la vie en chacun.
Parler de "détruire l'ego" est souvent inutile. L'ego n'est pas une entité séparée ; c'est notre personnalité qui devient désagréable. Si nous voyons notre laideur, nous voudrons la changer. Si nous l'attribuons à l'ego, nous nous déchargeons de la responsabilité. Il faut accepter que le beau et le laid en nous font partie de nous-mêmes. Cette acceptation permet la transformation. La responsabilité implique d'accepter tout ce qui est en nous.
Comment dépasser les goûts et aversions ? L'ascétisme consiste à faire le contraire de ce que le corps désire. Se lever tôt, prendre une douche froide, faire du yoga même si le corps est paresseux. C'est une méthode efficace pour ceux qui sont "durs à cuire", mais il existe des méthodes plus douces. Les goûts et aversions sont des mécanismes de défense basés sur l'instinct de survie, qui ne devrait s'appliquer qu'au corps physique.
Si nous n'avons pas de goûts ou d'aversions, nous n'avons pas de choix le matin. Les gens qui développent un fort sens des goûts et aversions semblent plus confiants, mais cette confiance aveugle peut mener au désastre et entraver l'intelligence. Une personne intelligente est constamment en quête, non aveuglée par ses préjugés. Les goûts et aversions déforment notre perception. L'intelligence ne peut fonctionner que si nous sommes prêts à être confus, mais joyeusement. La confusion est une possibilité, la conclusion est la mort.
Il est essentiel d'être 100% honnête avec soi-même. Si nous nous trompons constamment, nous sommes perdus. Regardez vos torts et vos droits sans préjugés. La clarté vient de la volonté de ne rien conclure, de tout regarder tel que c'est. La pratique du Hatha Yoga peut aider à briser la personnalité existante, à l'humilier, ce qui apporte de l'humilité. Ce n'est pas comme les religions qui créent la culpabilité pour ensuite l'absoudre.
Les goûts sont une servitude plus grande que les aversions. Ce que l'on n'aime pas est facile à abandonner, mais ce que l'on aime nous retient avec une force immense. Le Hatha Yoga aide à briser cette servitude. Prier pour ce que l'on aime nous enferme davantage. On peut avoir ce que l'on désire sans un fort attachement. Une fleur est belle par sa qualité, pas parce qu'on l'aime. Si l'on gère sa vie ainsi, on peut profiter du monde sans être piégé par les goûts et aversions.
La béatitude n'est pas la destination finale, mais la condition qui rend la destination moins importante. Si l'on est heureux, on ne se soucie pas de la destination. D'abord, devenez heureux, la destination viendra d'elle-même. Créer une destination imaginaire, c'est s'engager dans le processus de l'irréalité. Utiliser Dieu comme un outil pour se libérer peut être dangereux si l'on finit par croire que c'est la seule vérité.
La peur de créer du nouveau karma est le pire des karmas. Le karma n'est pas notre ennemi ; c'est la base de notre existence physique. Sans karma, nous ne pourrions pas nous maintenir dans le corps. Le karma est le ciment qui nous lie au corps. Les processus spirituels ne visent pas à effacer le karma, mais à apporter de la conscience à nos actions. Savoir où se trouve la "poignée" du karma nous permet d'accumuler une montagne de karma sans problème. Le problème n'est pas le karma, mais l'enchevêtrement en lui.
Une fois que l'on réalise les limitations de son existence, une urgence se fait sentir. Ceux qui glorifient leurs limites ne ressentent aucune urgence. Voir la vie telle qu'elle est, sans embellissements ni dénigrements, révèle nos terribles limitations et engendre cette urgence. Le Bouddha, malgré son amour pour sa famille, a ressenti cette urgence et est parti. Cette aspiration à dépasser les limitations est notre plus grande richesse. Nous la tranquillisons souvent en glorifiant notre vie, en ajoutant des fioritures.
Coupez toutes les fioritures, et votre essence ou votre nudité vous apparaîtra clairement. Une fois que cela devient clair, comment ne pas ressentir une grande urgence ? L'urgence est bonne. Si vous êtes votre propre ennemi, vous devez soit vous lier d'amitié avec lui, soit le tuer. Pour tuer cet "ennemi intérieur" (la personnalité), il faut cesser de l'aimer. Nous disons vouloir nous améliorer, mais au fond, nous aimons trop cette personne que nous sommes.
Personne ne vous prive de la possibilité de devenir spirituel