
Bulle IA : l'explosion à venir ?
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Le SP500 connaît peut-être sa dixième semaine consécutive de hausse, malgré des tensions persistantes en Iran. Le marché est dominé par l'euphorie, notamment autour de l'intelligence artificielle (IA). Cette semaine, le SP500 a franchi les 7600 points pour la première fois.
L'IA concentre tous les investissements, reléguant la diversification au second plan. Nvidia a vu sa capitalisation boursière augmenter de 60 milliards de dollars en une journée, après que son PDG a investi et prédit que l'entreprise atteindrait mille milliards de dollars. Bien que Nvidia affiche des trimestres records, notamment grâce à ses data centers qui représentent plus des trois quarts de son activité, et se négocie à 171 fois les bénéfices anticipés pour 2027, la hausse du marché n'est pas uniquement due à elle.
Broadcom, une autre entreprise clé de l'IA, a également joué un rôle majeur. Contrairement à Nvidia qui vend des puces toutes faites, Broadcom propose des puces sur mesure à des clients comme Amazon, Meta, Alphabet et Microsoft. De plus, Broadcom est un acteur essentiel de "la plomberie" des data centers, c'est-à-dire le réseau qui relie les dizaines de milliers de puces entre elles. Ses résultats sont stratosphériques, avec une hausse de 50% de son chiffre d'affaires annuel, dont la moitié provient de l'IA, et un bénéfice par action supérieur aux attentes. Pourtant, l'action a chuté de 15% après la publication des résultats.
Trois raisons expliquent cette chute : le PDG n'a pas relevé son objectif annuel à 100 milliards de dollars, Google pourrait chercher d'autres fournisseurs, et la croissance de l'IA dilue les marges. Le marché, à des niveaux de valorisation extrêmes, exige la perfection et ne se contente plus de bons résultats.
D'autres entreprises ont également déçu malgré de bonnes performances. Crow Strike, leader de la cybersécurité, a perdu 10% en raison de l'augmentation des coûts. Lululemon, dans les vêtements de sport, a abaissé ses prévisions et perdu 10%. PHV, propriétaire de Calvin Klein, a chuté de 20% car des perspectives légèrement moins bonnes ont suffi à sanctionner le titre. Il est clair que battre le consensus ne suffit plus, surtout avec des valorisations extrêmes.
Le PE forward du SP500 est à 22 fois les bénéfices attendus sur les 12 prochains mois, contre une moyenne de 18 sur les dix dernières années, indiquant un marché cher. Le CAPE de Shiller, qui lisse les bénéfices sur dix ans et ajuste l'inflation, est à 41, bien au-dessus de la moyenne historique de 17. Avant le krach de 1929, il était à 32, avant 2008 à 27, et avant la bulle internet à 44.
Cependant, un marché cher ne signifie pas nécessairement un effondrement imminent. Le marché peut rester cher longtemps. Les méga-caps de l'IA (Alphabet, Amazon, Meta) financent leurs investissements par leurs flux de trésorerie plutôt que par l'endettement, ce qui est une différence fondamentale par rapport aux bulles précédentes. Si l'IA tient ses promesses de bénéfices, les valorisations actuelles pourraient être justifiées a posteriori. Le risque réside dans des attentes trop élevées qui ne sont pas comblées, ce qui pourrait entraîner un tassement des valorisations.
Sur le plan technique, le SP500 reste en tendance haussière, bien qu'une légère volatilité ait permis de commencer à retravailler l'indice à la vente sous 7560 points, avec un passage en mode "casquette rouge" sous 7490. En Europe, le CAC 40 piétine autour des 8200 points.
Les tensions en Iran persistent, comme en témoigne le pétrole Brent qui reste au-dessus des 90 dollars le baril. Le WTI est à 87 dollars.
Côté macro, les créations d'emplois non agricoles (NFP) aux États-Unis ont largement dépassé les attentes, avec 172 000 emplois créés contre 85 000 attendus. Cela suggère que la Fed n'aura pas besoin de baisser ses taux. Le marché anticipe que 40% des acteurs estiment qu'il n'y aura pas de baisse ou de hausse des taux d'ici la fin de l'année, tandis que 40% prévoient une hausse d'ici décembre. Cela bloque le dollar et l'or, qui peine à trouver de l'intérêt face aux rendements boursiers élevés.
L'inflation américaine devrait passer de 3,