
Joe Rogan Experience #2508 - Joe Eszterhas
Audio Summary
AI Summary
Voici un résumé du transcript :
Le podcast de Joe Rogan met en vedette Joe Eszterhas, scénariste renommé, qui discute de divers aspects de sa vie, de sa carrière et de ses réflexions.
**Origines et Influences Créatives :**
Eszterhas commence par évoquer sa canne, sculptée par le peuple Doon du Mali, dont l'histoire mythologique est fascinante et implique des esprits aquatiques venus du système stellaire de Sirius. Cette anecdote introduit la richesse des origines culturelles et mythologiques qui peuvent influencer la créativité.
Il révèle ensuite que Vladimir Zelensky et sa femme ont vu le film "Basic Instinct" au moins 15 fois, une observation surprenante qui amène Eszterhas à s'interroger sur l'impact de ce film sur leur vie, voire sur leur décision d'entrer en guerre. Bien que sceptique quant à un lien direct, il exprime sa sympathie pour les Ukrainiens, rappelant l'invasion de la Hongrie en 1956 par les Soviétiques, une expérience qui résonne avec son propre héritage.
La discussion se tourne vers son propre processus créatif, qu'il décrit comme étant influencé par un "petit homme tordu" en lui, une sorte de personnage distinct qui habite en lui et est responsable de l'écriture de scènes à fort contenu sexuel. Il mentionne d'autres "compagnons imaginaires" comme Mark Twain et Jésus de Nazareth, chacun ayant une influence différente.
**La Genèse de "Basic Instinct" :**
Eszterhas raconte en détail la genèse de "Basic Instinct", un film qu'il a écrit en 13 jours. L'inspiration principale vient de deux expériences de sa jeunesse : une liaison intense à 18 ans avec une femme mariée de 39 ans, une femme sophistiquée et audacieuse qui a eu un profond impact sur lui, et son expérience de reporter pour un journal, où il a côtoyé un policier impliqué dans plusieurs fusillades. Ces deux éléments se sont combinés dans son esprit, alimentés par le "petit homme tordu", pour former le noyau de l'histoire.
Il décrit le processus d'écriture comme intense, se déroulant à Hawaï, sous le soleil, avec de la cocaïne et une écoute constante des Rolling Stones. Après avoir terminé le script, qu'il avait initialement intitulé "Love Hurts", il a changé le titre pour "Basic Instinct", un coup de génie marketing. Le film a été vendu aux enchères pour un montant record de 3 millions de dollars et est devenu un immense succès.
Il note avec amusement le revirement critique du film, passant d'une réception mitigée à être considéré comme un classique post-féministe par certains critiques, comme Camille Paglia.
**Expériences de Journalisme et Influences sombres :**
Eszterhas partage des expériences marquantes de ses années de journalisme, notamment quatre ans passés à couvrir la police. Il raconte être arrivé sur une scène de crime où un homme s'était suicidé après avoir abattu sa femme, et avoir entendu la mère de la femme pleurer en hongrois, sa langue maternelle. Il a également couvert l'insurrection urbaine de Glenville à Cleveland, où il a été témoin de violents échanges de tirs, se retrouvant caché derrière une voiture, à quelques mètres d'un policier gravement blessé. Ces expériences sombres et parfois terrifiantes ont profondément marqué sa vision du monde et ont nourri son écriture.
Il mentionne avoir également couvert des révoltes urbaines à Detroit et Newark, et avoir été impliqué dans le mouvement des droits civiques. Ces expériences, combinées à son enfance pauvre et à son regard d'immigrant, ont façonné son écriture, la rendant souvent sombre et intense.
**La Conversion au Christianisme et la Spiritualité :**
Un tournant majeur dans la vie d'Eszterhas a été sa conversion au christianisme. Après une période de succès professionnel mais de vide intérieur, il a été diagnostiqué d'un cancer de la gorge de stade quatre. Pendant sa convalescence, il a redécouvert sa foi, influencé par sa femme Naomi, elle-même catholique pratiquante. Il a trouvé du réconfort dans la prière et a commencé à étudier intensément la vie de Jésus de Nazareth, les apôtres et l'histoire juive et catholique.
Bien qu'il continue d'aller à la messe et de croire en la foi chrétienne, il exprime des réserves quant à l'organisation de l'Église catholique, notamment son histoire d'antisémitisme, son sexisme et les décisions infaillibles du Pape. Il se décrit comme un "catholique agnostique", mais sa foi en Christ reste inébranlable.
Il est particulièrement touché par le culte spirituel afro-américain, qu'il trouve plein d'émotion et de joie. Il a eu des expériences significatives avec la culture afro-américaine, ayant participé au mouvement des droits civiques et rencontré des personnalités comme le Révérend Martin Luther King Jr. et Stokely Carmichael.
**Le Mystère du Suaire de Turin et la Nature de Jésus :**
La conversation aborde ensuite le Suaire de Turin. Eszterhas mentionne une étude menée par l'Église catholique sous Jean-Paul II, qui aurait daté le suaire du XIVe siècle. Cependant, il reconnaît la controverse entourant ces datations et les arguments de ceux qui pensent qu'il est plus ancien. Malgré le débat scientifique, il confesse que l'image sur le suaire l'émeut profondément lorsqu'il prie devant elle, la considérant comme une œuvre d'art captivante, voire comme une réalité personnelle. Les mystères entourant sa création, notamment le fait qu'elle ressemble à un négatif photographique et qu'aucune méthode de création n'a été identifiée, ajoutent à son fascination.
Eszterhas partage sa vision de Jésus de Nazareth, qu'il considère comme un véritable homme et un véritable Dieu, un zélote juif et un combattant de la liberté contre l'Empire romain. Il critique la tendance à le dépeindre comme une figure édulcorée, à la manière de Fred Rogers, ignorant sa nature plus humaine et révolutionnaire, et le fait qu'il fréquentait les gens de la classe ouvrière et les marginaux. Il évoque les Évangiles gnostiques comme une source potentielle d'informations alternatives sur Jésus.
**La Relation avec Hunter S. Thompson et l'Écriture :**
Une partie importante de la discussion est consacrée à la relation d'Eszterhas avec Hunter S. Thompson. Eszterhas attribue à Thompson une grande partie de son succès en tant que scénariste, notamment pour l'avoir recommandé à des agents et des éditeurs. Il décrit leur amitié comme étant marquée par des moments intenses, des discussions profondes, et une consommation partagée d'alcool et de drogues. Il évoque la personnalité complexe de Thompson, son côté sensible sous son image publique exubérante.
Eszterhas discute également de l'influence de l'alcool sur les écrivains, y compris lui-même. Il explique comment l'alcool l'a aidé à "arrêter" les pensées incessantes de son monde imaginaire, lui permettant de fonctionner dans sa vie quotidienne. Il a une vision nuancée de l'inspiration alcoolique, la distinguant de la simple consommation récréative. Il souligne l'importance de trouver un espace pour créer, qu'il s'agisse d'une pièce isolée ou d'une échappatoire mentale.
**L'Impact de la Culture Populaire et le Rêve Américain :**
La conversation aborde l'influence de la culture populaire, notamment à travers le cinéma. Eszterhas estime que le divertissement, loin d'être trivial, façonne nos perceptions du monde et peut améliorer la vie des gens. Il utilise l'exemple d'une demande d'un patient réclamant Brad Pitt à l'hôpital pour illustrer l'impact de la culture hollywoodienne.
Il exprime sa fierté d'avoir incarné le rêve américain, lui qui est arrivé aux États-Unis comme un enfant immigrant, ne parlant pas la langue et venant d'un milieu difficile. Il souligne qu'il n'aurait pas pu réussir sans l'aide d'autres Américains. Il est attristé par les difficultés rencontrées par les immigrants d'aujourd'hui, qui cherchent le même rêve mais se heurtent à des réalités complexes.
**Les Limites de la Liberté d'Expression et les Questions Sociales :**
La discussion dérive vers des questions sociales plus larges, notamment l'utilisation de la police militarisée et la gestion de l'immigration. Eszterhas exprime des inquiétudes quant au précédent dangereux que représente l'usage de forces policières militarisées sans identification claire, craignant une dérive autoritaire. Il critique la rhétorique politique qui peut mener à des violences, rappelant son expérience de la couverture du massacre de Kent State.
Il évoque également le phénomène des manifestations organisées et payées, qu'il considère comme une manipulation politique. Il dénonce l'utilisation des immigrants comme pions politiques, visant à modifier la représentation électorale.
**L'Héritage de Mark Twain et la Comédie :**
Eszterhas revient sur l'influence de Mark Twain, le comparant à un stand-up comedian avant l'heure. Il admire sa capacité à être provocateur, drôle et à repousser les limites, tout en étant un observateur perspicace de la société. Il regrette que Twain soit souvent réduit à ses œuvres pour enfants, occultant sa facette plus sombre et subversive.
La conversation explore également le rôle des comédiens et des écrivains dans la culture, soulignant leur capacité à remodeler les perceptions. Eszterhas rend hommage à des figures comme Hunter S. Thompson, Sam Kinison et Jim Morrison, reconnaissant leur impact révolutionnaire dans leurs domaines respectifs. Il partage une anecdote sur la réception d'une dédicace de Sam Kinison, qui lui a adressé des remerciements spéciaux.
**La Musique et les Icônes :**
La musique est également abordée à travers des figures comme Jimi Hendrix. Eszterhas raconte une anecdote mémorable où il a emmené Hendrix et les membres de son groupe dans un restaurant hongrois à Cleveland. Il admire le talent de Hendrix, le considérant comme le plus grand guitariste de tous les temps, malgré sa courte vie. Il se souvient avoir interviewé Hendrix, Janis Joplin et Jim Morrison, tous décédés prématurément, ce qui lui a valu le surnom de "grim reaper" au journal.
**La Vie et la Pensée d'Eszterhas :**
À 81 ans, Eszterhas exprime sa gratitude pour la vie qu'il a vécue, qualifiant sa survie de miraculeuse compte tenu de ses excès passés, notamment sa consommation de cigarettes et d'alcool. Il attribue sa guérison du cancer à sa vie de prière et à l'aide de sa femme. Il admire le parcours de sa femme, qui a écrit son premier roman à 67 ans, et trouve inspiration dans les personnes qui réalisent leurs rêves à tout âge.
Il conclut en exprimant son admiration pour l'Amérique, le pays qui lui a permis de réaliser ses aspirations, tout en reconnaissant les défis et les complexités de la société actuelle. La conversation se termine sur une note de respect mutuel et d'appréciation pour l'échange.