
Crise de Liquidité en Approche : SpaceX, OpenAI & Anthropic vont-ils faire exploser les marchés ?
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Bonjour et bienvenue à l'Institut des libertés pour notre revue hebdomadaire. Aujourd'hui, nous allons parler des marchés financiers et de ce qui nous semble être une crise de liquidité imminente.
Vendredi dernier, les marchés ont connu une forte correction : le Nasdaq Composite a chuté de 4,2%, le S&P de 6,4%. Même les valeurs des semi-conducteurs, en pleine ascension, ont été touchées, ainsi que les minières aurifères (le VanEck Gold Miners a perdu 8,75%), le Bitcoin (à son plus bas niveau depuis 18 mois), l'or (-3,7%) et l'argent (-8%). Plus étonnant encore, les obligations américaines (mesurées par l'ETF iShares 20 ans Treasuries) ont perdu 50 points de base. Normalement, en période de baisse des marchés, les obligations montent car les investisseurs recherchent la sécurité. Cela prouve que les obligations américaines ont perdu leur capacité à être un actif "antifragile". Dans un contexte où Donald Trump évoque la possibilité d'intervenir à Cuba après la guerre en Iran, et compte tenu de l'ampleur de la dette américaine, les gens commencent à douter de la valeur des obligations américaines.
La question centrale est celle de la crise de liquidité. La guerre autour du détroit d'Ormuz et en Iran a forcé de nombreux pays, y compris les États-Unis et la Chine, à puiser dans leurs réserves alimentaires et énergétiques. Ces réserves s'épuisent et devront être reconstituées. Vivre sur les réserves signifie ne pas acheter de pétrole pour les remplacer, ce qui fait monter la quantité de dollars en circulation et accroît temporairement les stocks de liquidité. Mais la reconstitution de ces réserves va drainer cette liquidité. De plus, la reconstruction du bassin autour de Beyrouth et d'Israël, ainsi que la reconstitution des stocks de munitions aux États-Unis, sont des activités très gourmandes en liquidités.
Dans ce contexte, on nous annonce des introductions en bourse (IPO) d'une ampleur sans précédent, notamment celles d'Anthropic, OpenAI et SpaceX. Historiquement, la plus grande levée de fonds en IPO fut celle d'Aramco (environ 25-28 milliards de dollars), qui avait nécessité une aide considérable du prince Mohammed Ben Salman Al Saoud et du fonds souverain saoudien pour trouver des acheteurs, car elle ne suscitait pas l'enthousiasme. Alibaba avait levé 14 milliards de dollars à une époque où la Chine était perçue comme un pays cool et passionnant, et les titres étaient bon marché.
Aujourd'hui, Anthropic, OpenAI et SpaceX visent à lever chacune près de 100 milliards de dollars, ce qui est aberrant par rapport aux réalisations passées. SpaceX, par exemple, cherche à lever jusqu'à 85 milliards de dollars pour une valorisation de 1 750 milliards de dollars, soit environ 100 fois son chiffre d'affaires. C'est de loin la plus grande IPO jamais vue. Cette opération intervient à un moment où les grands fonds souverains du Moyen-Orient et d'Asie ne sont pas susceptibles d'être des investisseurs de référence, ayant d'autres priorités d'investissement.
Les promoteurs de SpaceX et OpenAI visent à les faire entrer dans les fonds indiciels du NASDAQ, puis du S&P 500. L'entrée au S&P 500 prendra du temps car ils sont très exigeants sur la qualité de leurs indices. Au NASDAQ, qui est moins sélectif, un scandale se profile : SpaceX prévoit d'introduire seulement 5% de son capital en bourse, mais vise une valorisation de 15% dans l'indice. Cela signifie que les fonds indiciels seraient obligés d'acheter des titres qui n'existent pas, créant une manipulation pour forcer les flux passifs à faire grimper les cours.
De plus, les entreprises rejoignant un indice de référence entrent généralement avec une capitalisation de 20 à 50 milliards de dollars. Une entrée avec une capitalisation aussi importante que SpaceX impliquerait la vente d'autres composantes de l'indice, créant un effet d'exclusion. La gestion indicielle, qui achète plus quand une entreprise est grosse, est une gestion de momentum. La tentative de Musk de forcer les investisseurs à acheter jusqu'à 15% d'un titre dont seulement 5% est en circulation est une manipulation délibérée.
Cette situation soulève une autre question : si les investisseurs vendent des actions de Microsoft, Oracle, Alphabet, Meta pour faire de la place à SpaceX et OpenAI, comment les directions de ces entreprises réagiront-elles à la chute de leurs cours ? Elles pourraient lancer des augmentations de capital massives pour contrecarrer ces IPO. Les dirigeants de la Silicon Valley, rémunérés en actions de leur propre entreprise, ne verront pas d'un bon œil cette dilution.
Les rumeurs indiquent que SpaceX ne se place pas très bien pour l'instant. Tout cela est important car, dans une crise de liquidité, ces tentatives de manipulation par des acteurs puissants sont préoccupantes. Le président Trump a même tweeté que l'État américain devrait prendre des participations dans des entreprises comme OpenAI, ajoutant à l'idée d'un consortium de la Silicon Valley, des blogs et des réseaux qui promeuvent ces entreprises comme incontournables.
L'intelligence artificielle est présentée comme une nécessité, mais elle semble aussi être une tentative d'expliquer que nous n'avons plus besoin de travailleurs, que les machines les remplaceront. C'est une vision crétine, car le capitalisme a toujours cherché à améliorer le travail humain, non à le remplacer. Cela évoque un discours de fragmentation sociale, où une élite (le top 1%) envoie ses enfants dans de bonnes écoles tandis que le reste de la population vit d'un revenu universel, consommant du Netflix et des Testy Crousti, sans ascenseur social ni mobilité. Cela revient à dire aux dirigeants d'entreprise qu'ils pourront enfin se débarrasser de leur personnel pour augmenter les bénéfices par action.
C'est une stupidité foudroyante, car l'IA cherche des informations à la vitesse de la lumière mais ne crée rien. L'intelligence, c'est la compréhension des phénomènes, pas l'invention ou la création. On nous crée une grande peur autour de l'IA, comme pour le Covid, pour nous rendre dociles. Mais nous aurons toujours besoin de jardiniers, d'artisans. Cette vision méprise l'homme.
Le succès de l'IPO de SpaceX, avec une valorisation de 1 750 milliards de dollars, libérerait une richesse potentielle au sein d'un groupe d'investisseurs concentrés autour de la Silicon Valley. Cela les inciterait à s'emparer du storytelling et à nous en rebattre les oreilles. Il est troublant de voir les mêmes acteurs qui parlaient du Covid, puis de l'IA, remplacer le réchauffement climatique dans l'agenda. Aux États-Unis, Larry Ellison détient CBS et s'apprête à acquérir CNN, tandis que Jeff Bezos est propriétaire du Washington Post. En France, la presse est aux mains de Dassault, Drahi, Arnault, Bolloré. Les banques d'investissement devraient empocher au moins 800 millions de dollars de commissions grâce à l'IPO de SpaceX, ce qui crée de puissantes incitations à mener à bien ces projets.
Si cette peur est une stratégie, l'épargnant lambda qui craint d'être remplacé par l'IA devrait plutôt s'inquiéter d'être floué par une IPO au cours surévalué. Si l'on croit en OpenAI, il faut acheter le titre. Mais les gens qui se plaignent des profits de Total n'achètent pas l'action Total. L'histoire de l'IA fait écho à la période précédant la crise de 1929, avec une déconnexion par rapport à la réalité.
Nos sociétés sont contrôlées par une plutocratie qui engendre des peurs pour continuer à investir et à consolider son pouvoir, dans un monde qui n'est plus concurrentiel. Les profits des sociétés américaines, qui représentaient 6 à 10% du PIB, sont passés à 14-15% depuis 10-15 ans, signe d'un monde oligopolistique où de grandes entreprises agissent comme des monopoles. C'est la fin de la démocratie, nos démocraties représentatives étant capturées par des groupes de pression, comme avant 1929. Cette montée des monopoles et des peurs, visible dans l'augmentation des bénéfices et la baisse des salaires, est préoccupante.
En drainant tous ces capitaux, OpenAI et Meta X écrasent la concurrence. Apple, par exemple, a racheté plus de 240 sociétés pour éliminer des concurrents potentiels. C'est une stratégie d'acquisition de sociétés sous-évaluées pour consolider sa position, comme l'avait fait Hermès en rachetant les producteurs de cuir et les fermoirs pour contrôler la chaîne de valeur.
La montée des oligopoles et des monopoles est dangereuse. Nous avons besoin d'un nouveau Théodore Roosevelt pour casser ces "Robber Barons" et réintroduire des législations anti-monopoles. La situation actuelle de la Silicon Valley rappelle l'ère pré-Roosevelt, avant 1929, avec des mentalités qui se greffent désormais sur les pouvoirs publics américains, comme l'implication de Trump.
Partout dans le monde, une réaction des peuples se fait sentir. En Suisse, malgré d'excellents résultats économiques, un référendum est en cours pour limiter l'immigration, car les citoyens veulent être gouvernés par eux-mêmes. Nous assistons à l'émergence d'un "capitalisme de connivence", un accord parfait entre pouvoirs publics, pouvoir judiciaire et élites économiques. C'est une honte, faite au nom de la démocratie et de la liberté du marché.
Concernant les semi-conducteurs, Broadcom a perdu 450 milliards de capitalisation boursière, ce qui affaiblit le storytelling de la pénurie. Surtout, la Chine va bientôt produire des semi-conducteurs en masse et à bas prix, menaçant le contrôle oligopolistique. Les "ennemis des peuples" sont chez nous, et la Chine pourrait casser ces monopoles, d'où la propagande du Washington Post sur une invasion imminente de Taïwan.
Avant l'IA, les cryptomonnaies étaient la nouvelle tendance. Mais depuis novembre dernier, les cryptomonnaies ont perdu 2 150 milliards de dollars de capitalisation boursière, dont 600 milliards depuis la mi-mai. Cette destruction de richesse réduit la propension des investisseurs à prendre des risques ailleurs, créant un effet de contagion sur les actifs à forte croissance et à haut risque. Pour que les gens fassent des folies en bourse, il faut leur raconter que c'est nouveau et que ça va changer le monde. Il y a trois ans, c'était le Bitcoin ; maintenant, c'est l'IA. Ceux qui courent après le succès vendent leur Bitcoin pour acheter de l'IA, mais cela ne signifie pas que le Bitcoin est mauvais, juste qu'il est passé de mode.
L'environnement d'investissement a changé. Nous sommes dans un contexte de hausse des rendements et des prix de l'énergie. Les grandes entreprises demandent des liquidités aux investisseurs, alors que la demande de liquidité est énorme à tous les niveaux. L'IA nécessitera énormément d'énergie, exigeant des investissements massifs. Le développement de la zone de Valérie Pieri autour de Hong Kong, les besoins d'infrastructures et d'énergie en Inde, la reconstruction du Moyen-Orient, et l'amélioration des lignes de communication nécessitent des milliers de milliards de dollars. Pour financer ces investissements, l'épargne doit augmenter.
Mais pour que l'épargne augmente, il faut la rémunérer. Or, les taux d'intérêt réels sont à zéro. Il faudrait que les taux d'intérêt réels montent à