
Aude RUTTER décrypte l’anxiété à travers le corps avec la méthode LMTC
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Aude Ruther, créatrice de la méthode LMTC (Libération des Mémoires Traumatiques du Corps), revient pour approfondir son approche qui a suscité un vif intérêt, notamment de la part du corps médical et scientifique. La première émission a généré près de mille demandes de rendez-vous, montrant l'ampleur du besoin et l'attrait pour cette méthode novatrice.
La LMTC est une méthode en constante évolution, basée sur l'observation continue du corps des consultants et des praticiens. Cette recherche approfondie a permis de théoriser de nombreux fonctionnements corporels et de développer de nouveaux outils pour une efficacité accrue, répondant ainsi à un large éventail de problématiques.
L'anxiété est le thème central de cette discussion car elle est identifiée comme le "mal du siècle", touchant environ 9 personnes sur 10 sous diverses formes : crises d'angoisse, attaques de panique, phobies, ou états anxieux latents souvent perçus comme du simple stress. Aude Ruther souligne que 80% de ses consultants souffrent de problèmes anxieux. Contrairement aux approches traditionnelles qui se concentrent sur les émotions et les peurs (peur de perdre le contrôle, peur de s'évanouir, etc.), la LMTC considère que la racine de l'anxiété est physiologique. Les émotions et les pensées négatives sont des conséquences de mécanismes physiologiques dysfonctionnels.
Aude Ruther a développé cette méthode car les approches existantes (psychothérapie, hypnose, pratiques somatiques de régulation) n'étaient pas suffisantes pour elle. Elle recherchait une solution définitive pour mettre fin au mal-être, et non un simple soulagement temporaire. Elle se décrit comme ayant été très anxieuse sans le percevoir, identifiant ses symptômes comme du stress "normal". La distinction entre stress et anxiété réside, selon elle, dans la durée et l'intensité : l'anxiété se manifeste souvent par anticipation, persistant longtemps et mettant le corps dans un état d'alerte fort et durable, tandis que le stress est plus lié à des situations spécifiques.
Aujourd'hui, Aude Ruther affirme être physiologiquement incapable de se mettre dans un état de stress ou d'anxiété. Son corps est toujours calme et disponible, même face à des situations potentiellement dangereuses, comme un dérapage en voiture. Elle ne ressent plus de figement, de dissociation ou de sensations corporelles accablantes, ce qui lui permet de réagir de manière optimale. Cette absence totale de stress et d'anxiété est le résultat de la LMTC, qui ne repose pas sur la régulation ou la gestion, mais sur la réparation physiologique du corps.
Le corps possède des capacités d'autoréparation, comme pour une coupure au doigt. Les sensations corporelles associées au stress, à la peur ou à la colère sont des symptômes d'une chaîne physiologique dysfonctionnelle où l'électricité interne du corps rencontre des obstacles. La LMTC vise à réparer ces dysfonctionnements internes, permettant au corps de retrouver son équilibre sans avoir besoin de réguler ou de gérer consciemment ces états. Cette approche remet en question de nombreuses pratiques actuelles axées sur la gestion émotionnelle.
La méthode LMTC a été élaborée à partir de centaines d'heures de consultations gratuites, axées sur l'exploration et l'observation du corps. Ces observations ont permis de relever des récurrences et des schémas physiologiques, même si chaque individu est unique. En comprenant comment le corps fonctionne et se répare, Aude Ruther a pu structurer sa méthode.
Elle précise que la LMTC ne remet pas en question la médecine allopathique ni les thérapies de gestion et de régulation, qui sont nécessaires tant que le corps n'est pas réparé. La LMTC se positionne comme un syncrétisme entre une approche hypermatérialiste (scientifique) et une dimension plus holistique, tout en restant très terre-à-terre et validée par l'expérience. L'intelligence du corps, capable de gérer la machine humaine de manière extrêmement précise, est un aspect qui dépasse la simple compréhension mécanique.
Contrairement à l'idée que "le corps parle et qu'il faut l'analyser", la LMTC ne cherche pas à analyser le corps. Le corps n'a pas besoin d'être analysé par le mental ; il est dans l'action et a besoin de faire circuler les fluides et l'électricité qu'il produit. 99% des problèmes proviennent de difficultés de circulation de cette électricité interne.
Aude Ruther donne des exemples de succès de la LMTC : une consultante qui ne pouvait plus conduire après un accident de voiture, même en tant que passagère, et qui faisait des crises de panique à la vue d'une voiture, conduit normalement aujourd'hui. Une autre qui voyait des araignées partout et devait quitter sa maison, ou une autre encore qui imaginait des agressions en promenant son chien. Ces phobies et troubles anxieux, même les plus extrêmes, sont traités par la LMTC. Des problèmes plus "lambda" comme la nervosité chronique, souvent associée à une grande productivité mais menant à l'épuisement et au burnout, sont également résolus. Cette nervosité, l'un des cinq états dysfonctionnels identifiés (nervosité, figement, mouvement, agression, dissociation), est un trouble anxieux qui, une fois traité, permet de maintenir un niveau d'énergie stable sans effondrement.
Ces cinq états corporels précis et identifiables précèdent les émotions de peur et d'inquiétude. L'identification de ces états permet de proposer des pratiques de régulation intelligentes, adaptées à l'état dysfonctionnel spécifique, plutôt que des exercices génériques. Par exemple, une respiration forcée peut aggraver un état de figement qui engendre déjà des difficultés respiratoires.
Les crises d'angoisse, considérées comme l'extrême des troubles anxieux, sont également abordées par la LMTC. Elles sont le résultat d'un "trop-plein", une saturation physiologique, musculaire et nerveuse. La méthode ne régule pas la crise directement, mais permet au corps de retrouver son équilibre en réparant les blocages internes, ce qui fait disparaître le problème à la source.
Le protocole de la LMTC commence par une première séance d'observation prolongée (1h à 1h30) où le corps du consultant, en fermant les yeux et en se remémorant des situations vécues, déroule spontanément ses fonctionnements. Il ne s'agit pas d'une analyse psychologique, mais de l'observation de réactions physiologiques. Cette étape aide la personne à accéder à ses sensations. Ensuite, sur les séances suivantes, le corps n'a plus besoin de stimuli externes pour travailler. La méthode s'adapte au fonctionnement inné du corps de la personne, car il existe seulement trois modes de travail physiologiques identifiables (deux principaux et un hybride).
L'accompagnement dure environ quatre séances. Après la première séance d'observation, la deuxième séance adapte le processus. Rapidement, les personnes sont formées à l'autonomie pour pratiquer des auto-séances régulières à la maison. La LMTC est un travail de fond, de réparation, et non une solution d'urgence. Les problématiques se dissolvent progressivement à mesure que le corps se répare. Un changement peut être ressenti du jour au lendemain pour certaines problématiques, mais le processus global varie d'une personne à l'autre car chaque corps a sa propre "feuille de route" de réparation.
Les fragilités du corps trouvent leur origine dès la vie fœtale. La croissance du fœtus est un "parcours du combattant", notamment au premier trimestre, en raison de facteurs physiologiques comme le cordon ombilical ou la position dans la poche utérine. Ces sollicitations violentes pour un système nerveux en développement peuvent créer des fragilités nerveuses, biologiques et musculaires, ainsi que des traces sensorielles qui s'intègrent dans une forme de mémoire corporelle. Ces fragilités, présentes dès la naissance, s'aggravent avec le temps sous l'effet de l'usure et des stimuli externes et internes.
Dans une société ultra-anxiogène, la LMTC offre une solution pertinente. Le corps traite constamment les informations qu'il reçoit, et un corps fragilisé s'abîme sous le poids des stimuli incessants. Aude Ruther affirme que les résultats de la LMTC sont durables ; elle n'a plus besoin de pratiquer d'auto-séances car son corps est "réparé" nerveusement, musculairement, digestivement, respiratoirement. Il ne peut plus y avoir de rebond en arrière.
La LMTC traite également d'autres troubles comme la boulimie ou l'anorexie, qui, selon Aude Ruther, ont aussi une origine physiologique, et non comportementale ou émotionnelle en premier lieu. Le processus demande du temps : 6 mois pour se débarrasser de l'anxiété extrême avec des auto-séances régulières, et un an et demi à deux ans pour atteindre la fin du processus et se sentir parfaitement bien en toutes circonstances. Le rythme des auto-séances est généralement de deux fois par semaine, comparable à une activité sportive.
La méthode est également adaptable aux enfants à partir de 5-6 ans, et les résultats sont beaucoup plus rapides en raison de l'usure physiologique moindre. Cela permet de prendre en charge précocement des problèmes comme l'hyperactivité, les troubles TDA, les colères, le repli sur soi ou le stress scolaire.
La LMTC est proposée à distance, principalement en visio, car la personne est allongée les yeux fermés pendant les séances. L'aspect visuel n'est pas essentiel et le présentiel peut même être inhibiteur. Aude Ruther forme également des praticiens LMTC sur une période d'un an, sélectionnant des personnes ayant déjà effectué un travail personnel approfondi avec la méthode. Elle insiste sur le fait que la compréhension mentale ne suffit pas ; il faut avoir vécu l'expérience pour devenir thérapeute.
Bien qu'elle dérange certains milieux scientifiques et médicaux par son approche non conventionnelle, des médecins s'y intéressent individuellement. Aude Ruther invite les sceptiques à expérimenter la première séance pour comprendre l'efficacité de la méthode, car l'expérience vécue est la seule voie vers une véritable compréhension.