
La bourse est morte ?
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Cette semaine a été riche en événements, mais les marchés n'ont pas monté. Un accord historique entre les États-Unis et l'Iran a mis fin à un conflit démarré en février. Cette bonne nouvelle n'a pas surpris les marchés, car elle était anticipée depuis des semaines, et le prix du pétrole avait déjà chuté, passant sous les 90 dollars pour le Brent et 87 dollars pour le WTI. C'est un exemple de "buy the rumor, sell the news" : la rumeur fait monter les prix, la nouvelle confirmée ne provoque pas de hausse.
Ensuite, Intel et Apple ont annoncé un partenariat où Intel produira des puces pour iPhone et iPad, ce qui était auparavant l'apanage de TSMC à 90 %. C'est une renaissance pour Intel, qui était considéré comme en difficulté il y a six mois, et une victoire politique pour Washington favorisant le "made in America". L'action Intel a bondi de 10 %, mais cela n'a pas suffi à faire monter les indices américains cette semaine, qui sont restés stables.
Malgré ces bonnes nouvelles, certains facteurs ont pesé lourd. Accenture, géant du conseil en technologie, a chuté de 17 % après avoir révisé à la baisse ses perspectives de croissance annuelle, un "profit warning". Bien que les résultats passés aient été excellents, l'entreprise anticipe un ralentissement de la demande et une réduction des budgets IT. De plus, l'émergence de l'IA générative et des "agents IA" menace les métiers traditionnels du conseil, car des tâches autrefois facturées à l'heure peuvent désormais être réalisées en quelques secondes par l'IA, forçant une refonte du modèle économique.
L'euphorie autour de SpaceX, qui avait pris 60 % depuis son IPO, a commencé à retomber. L'action a baissé de 6 % jeudi et 4-5 % la veille, bien qu'elle reste largement au-dessus de son prix d'introduction. La valorisation stratosphérique de plus de 2200 milliards de dollars, dépassant Amazon et s'approchant de Microsoft, a soulevé des questions, surtout pour une entreprise qui enregistre des pertes nettes. C'est un signe d'euphorie et de "FOMO" (Fear Of Missing Out) où le prix fort est souvent payé.
La "vraie bombe" de la semaine a été la Réserve fédérale (Fed). Lors de la première intervention de Kevin Warsh, la moitié des 18 membres du FOMC ont estimé qu'il y aurait au moins une hausse des taux cette année. Le "dot plot" médian est passé de 3,4 % en mars à 3,8 % pour les taux d'intérêt cette année, ce qui est un "pivot hawkish". Les prévisions d'inflation ont été relevées, et le marché anticipe désormais au moins une, voire deux hausses de taux, et 15 % du marché estime qu'il y en aura trois. Kevin Warsh a annoncé une refonte du fonctionnement de la Fed, avec une approche plus axée sur les données en temps réel et des réunions plus ciblées. Ce changement a surpris le marché, entraînant une forte performance du dollar américain.
Le Japon a également relevé ses taux d'intérêt à 1 %, le niveau le plus haut depuis 30 ans (1995). Cela met fin à une ère de taux zéro où les investisseurs empruntaient du yen gratuitement pour investir à l'étranger et profiter du "carry trade". La remontée des taux au Japon rend cette stratégie moins attractive, entraînant un rapatriement des capitaux et une réduction de la liquidité sur les marchés.
L'accumulation de ces facteurs – la Fed ne baissant pas les taux et le Japon les remontant – retire du carburant aux marchés. Le dollar américain a monté, pesant sur les actifs libellés en dollars comme l'or et les actifs risqués (indices boursiers et cryptomonnaies), qui sont restés stables ou ont échoué sur leurs résistances.
L'or a échoué sur sa moyenne mobile 20 jours, et les cryptos comme Bitcoin et Ether ont également échoué sur leurs moyennes mobiles quotidiennes. Cela reflète l'échec de l'espoir que les taux baissent ou, du moins, ne montent pas.
Malgré une petite vente sur le CAC 40 en swing trading au-dessus des