
Turbulences financières : Tout peut-il s'effondrer ? #octogone91
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Bienvenue dans cet octogone avec Félix Marcard, co-animé par Idriss. L'actualité est dense et historique.
Commençons par une nouvelle technologique : un robot chinois a battu le record de course d'Usain Bolt. C'est une prouesse qui sera approfondie dans un octogone dédié à la tech, mais qui soulève déjà des questions sur l'avenir et l'impact de l'IA et de la robotique. Pierre Jovanovic a d'ailleurs souligné l'incroyable performance de ce robot, qui, bien que mignon, n'est pas "votre ami" et montre une capacité physique impressionnante.
Sur le plan économique, la situation est alarmante. Le Japon, bien que souvent annoncé comme "foutu" depuis des décennies, est dans une situation critique. La Banque du Japon détient une montagne d'obligations d'État, et la dette japonaise dépasse les 200% du PIB. Les "yen carry trades", où les investisseurs empruntaient en yens à faible taux pour spéculer en dollars, sont terminés. Cette situation pourrait entraîner des répercussions majeures sur les marchés américains, avec déjà des turbulences observées. Le Japon pourrait être contraint de vendre des bons du Trésor américain, une décision aux conséquences potentiellement désastreuses.
Parallèlement, les États-Unis ont franchi le cap des 40 000 milliards de dollars de dette. Cette dette colossale, combinée à la fin des "yen carry trades" et à la situation japonaise, suggère un "printer is coming" – une reprise de l'impression monétaire.
Félix Marcard souligne la nature systémique de l'économie actuelle, où tout est interconnecté. L'exemple d'OpenAI, qui brûle de l'argent, est révélateur. Si OpenAI s'effondre, Oracle, qui détient une grande partie de sa dette, pourrait suivre. La dette d'Oracle a d'ailleurs été déclassée par Standard & Poor's, frôlant le statut "junk". Ce statut est critique car les fonds de pension, qui investissent massivement dans Oracle, seraient légalement obligés de vendre leurs parts, entraînant une chute drastique de la valeur de la dette.
Idriss et Félix discutent de l'influence de Donald Trump, qui a sauvé des entreprises comme Boeing et Intel. Cependant, même Trump pourrait ne pas être en mesure de sauver toutes les entreprises dans un tel scénario de contagion. Félix estime que l'on donne trop de crédit à Trump et que son comportement est souvent imprévisible.
La discussion s'élargit aux médias et à leur influence. Larry Ellison, premier donateur des Amis de l'IDF, détient une part majoritaire de TikTok, CNN et CBS. Félix exprime son souhait de voir cet homme échouer, car cela aurait un impact positif sur la capacité de ces médias à influencer le monde, notamment TikTok, accusé de censure sur certains sujets sensibles.
La situation économique actuelle est perçue comme le début de la fin de l'Empire américain. Le budget du Pentagone s'élève à 1000 milliards de dollars par an, sans compter le département de l'Énergie, qui contribue également à la défense. Le Pentagone est le premier client mondial d'ExxonMobil, illustrant une consanguinité avancée entre le complexe militaro-industriel et un capitalisme toxique. Cette endogamie rend difficile toute chute chirurgicale, car l'effondrement d'un acteur majeur pourrait entraîner la chute de l'ensemble du système.
Jamie Dimon, PDG de JP Morgan, a récemment déclaré que le dollar américain pourrait cesser d'être la monnaie de réserve mondiale dans les 40 prochaines années. Cette déclaration, même si elle semble lointaine, est prise très au sérieux. La question cruciale est de savoir qui achètera la dette américaine dans le futur. Les options de Trump, comme la confiscation du pétrole vénézuélien ou la promesse de succès d'entreprises comme SpaceX, ne sont pas suffisantes pour refinancer une dette aussi massive.
Elon Musk, avec SpaceX, est présenté comme le dernier espoir du rêve américain capitaliste, offrant des IPO prometteuses. Cependant, l'IPO de SpaceX a été une "catastrophe absolue" pour les investisseurs, avec une baisse de près de 19% et une perte de la moitié de sa valeur par rapport à son plus haut euphorique. Félix exprime son scepticisme face à l'approche de Musk et à la "techno-optimisme" généralisé, arguant que la technologie est devenue une fin en soi, conduisant à une amoralité et à une efficience qui finissent par nous exploser à la figure. Il critique l'idée que Musk puisse "envoyer des data centers dans l'espace" et les faire fonctionner, soulignant les défis techniques et le rythme effréné des innovations en microprocesseurs.
La discussion aborde ensuite le "neuro-fascisme", un concept inventé par Idriss, où le cerveau ne sert qu'à produire, jouir ou obéir. Une image d'étudiants chinois entourés d'écrans et de téléphones illustre cette réalité des "temps modernes 2.0".
Félix critique la tendance occidentale à considérer sa technologie comme la norme universelle, ignorant les cosmotechniques différentes, comme celle développée par la Chine, imprégnée de valeurs confucéennes. Il estime que l'Occident, avec sa culture "malade" qui ne sait plus élever les enfants en adultes, est en déclin.
L'intervention iranienne récente, qui a réussi à tenir tête aux États-Unis, est perçue comme un tournant. L'Iran a réinventé la dissuasion conventionnelle, montrant que même face à un "parapluie" de défense occidental, il est possible de riposter. Cette situation met en péril le pétrodollar et la thalassocratie occidentale, dont les porte-avions semblent désormais "glands". Félix suggère que cette déculottée iranienne pourrait être le catalyseur d'une nouvelle cosmotechnique islamique.
Sur les marchés financiers, les obligations américaines, japonaises, sud-coréennes, françaises et britanniques s'effondrent, les taux explosent et les gens liquident leurs bons du Trésor. La France, en particulier, s'endette plus cher que la Grèce au moment de sa crise. Les marchés asiatiques subissent un "bain de sang", avec des baisses significatives en Corée du Sud, en Chine, au Japon et à Taïwan. Le Trésor américain a admis la détérioration de l'économie, sans reconnaître sa propre responsabilité.
La Corée du Sud a été particulièrement touchée, notamment après l'attaque de Trump contre l'Iran, qui a provoqué une crise économique et un sentiment de trahison suite au rapatriement du système de défense THAAD.
Jamie Dimon, en parlant d'un horizon de 40 ans pour la fin du dollar comme monnaie de réserve, pourrait en fait minimiser la rapidité des événements. L'intervention de Donald Trump à Ormuz, pensant qu'elle serait aussi facile que l'opération au Venezuela, a eu des conséquences inattendues. Les États-Unis déshumanisent non seulement le reste du monde, mais aussi une partie de leur propre population, ce qui conduit à des comportements de plus en plus agressifs à l'étranger.
La destruction du gazoduc Nord Stream par les États-Unis a fait de ces derniers le premier exportateur mondial de gaz liquide, une transition du pétrodollar au "gazollar" qui était déjà en discussion.
Sur le plan géopolitique, Israël a frappé une base turque en Syrie, ce qui a été perçu comme une déclaration de guerre par certains. Cependant, une nouvelle alliance militaire, composée de l'Arabie Saoudite, de la Turquie et du Pakistan (une puissance nucléaire), a été conclue à La Mecque. Cet accord de défense collective stipule qu'une attaque contre l'un est une attaque contre tous. Idriss et Félix débattent de la signification de cette alliance. Félix la considère comme du "pipo", une distraction orchestrée par les États-Unis, car il doute que ces pays puissent agir sans validation américaine. Il estime que Trump est fragile et que cette alliance est du "théâtre" sans réelle portée.
Reuters rapporte que Trump fragilise l'architecture militaire américaine en Corée du Sud, annulant des exercices militaires majeurs à la dernière minute et déclarant son amitié avec Kim Jong-un. Cette décision est perçue comme une trahison par les Coréens du Sud, dont l'économie a déjà été gravement affectée par les actions américaines. Félix souligne l'incrédulité face à une telle diplomatie, où un président américain annule des exercices militaires pour ne pas "heurter" la Corée du Nord. Il note que seuls les Européens semblent encore suivre aveuglément les États-Unis.
Le "spectre des péages chinois" en mer de Chine est présenté par Washington comme une menace potentielle, à l'image de ce qui s'est passé dans le détroit d'Ormuz. Cependant, l'article du *Asia Times* souligne que la Chine dépend massivement des routes maritimes pour ses exportations et que ses pratiques ne correspondent pas à une taxation généralisée du transit commercial. Gerald Celente du *Trends Journal* rappelle que Donald Trump avait déjà menacé de déclarer le détroit d'Ormuz territoire américain et de "raser" Oman, un pays connu pour sa diplomatie. Ces menaces ont provoqué un froid dans les négociations avec l'Iran. Félix conclut que ces actions de Trump ont joué un rôle critique dans l'effondrement d'un système qui aurait pu durer bien plus longtemps. Si le pétrodollar perd sa valeur et si l'industrie de l'IA et de la défense s'effondre, ce sera la fin de l'Empire américain, ouvrant la voie à une doctrine de "si ce n'est plus nous les maîtres, alors on détruit tout".
En France, la DGFIP a été piratée, avec le vol de données concernant des centaines de milliers de particuliers et de professionnels. Cela soulève de graves questions sur la sécurité des données et la capacité de l'État à protéger ses citoyens, alors même que des lois renforçant la surveillance sont mises en place. Christophe Boutin, technologue, dénonce la honte de cette situation, attribuant l'échec à des comportements corporatistes et mafieux au sein de l'industrie de la sécurité. Félix ajoute que cette industrie est étroitement liée à des entreprises israéliennes de surveillance, ce qui complique encore plus la situation.
Enfin, Microsoft se replie discrètement de Chine, fermant plusieurs filiales et joint-ventures. Pékin favorise les logiciels nationaux depuis 2017 pour réduire sa dépendance technologique. La Chine et la Russie sont les leaders en matière de souveraineté technologique. Félix estime que les Chinois ont une conception plus saine de la technologie, la considérant comme un moyen de prospérer et de redistribuer la richesse. Ils offrent à leurs citoyens un meilleur accès aux soins, à l'éducation et aux infrastructures que les Américains, et ce, à moindre coût.
La Chine, ayant connu un "siècle de l'humiliation", a décidé de battre l'Occident à son propre jeu, mais avec une approche confucéenne, respectant les anciens et les valeurs d'ordre. Le défi actuel réside dans la capacité à offrir une vie meilleure aux jeunes générations dans un pays vieillissant, un problème lié au coût de l'immobilier et de l'éducation.
La partie publique de cet octogone se termine ici, la suite des discussions, y compris sur Trump et les milliardaires au pouvoir, sera réservée aux abonnés de Scanderia.