
Il quitte MONACO pour la Thaïlande… puis il perd presque TOUT
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Hugo, un Monégasque expatrié en Thaïlande depuis bientôt 15 ans, partage son parcours entrepreneurial et sa vie à Chiang Mai. Originaire de Monaco, il a choisi la Thaïlande pour y monter sa propre affaire, une opportunité financièrement plus accessible qu'à Monaco. Arrivé avec l'idée de tout improviser, il découvre une facilité déconcertante pour créer une entreprise, mais se heurte rapidement à la barrière de la langue et à la culture locale.
Les premières difficultés professionnelles furent de comprendre le fonctionnement des employés thaïlandais. Hugo a connu un turnover important, changeant une centaine d'employés par an durant ses premières années. Il raconte une anecdote où un cuisinier, payé plus que son salaire habituel, est parti en vacances le lendemain sans prévenir et n'est revenu qu'un mois plus tard. L'adaptation culturelle fut un apprentissage constant, notamment la gestion des attentes des employés qui ne perçoivent pas le travail de la même manière qu'en Occident.
Au-delà des défis professionnels, Hugo évoque le challenge personnel de se contrôler dans un pays aux nombreuses tentations. Il a toujours su trouver un équilibre entre le travail et les loisirs, privilégiant le sport pour garder une rigueur, notamment le VTT de descente et le trail running sur les montagnes de Chiang Mai.
Son installation en Thaïlande répondait à un double objectif : changer de vie et créer une entreprise. Il a été séduit par la gentillesse et le sourire des Thaïlandais, contrastant avec le stress qu'il perçoit en France. La facilité de vie, qu'il qualifie de "Sabaï Sabaï", est un atout majeur. Il cite l'exemple du système médical, où obtenir un rendez-vous est rapide et efficace, contrairement à ses expériences en France. Sa fille est d'ailleurs née à Chiang Mai.
Hugo constate une tendance croissante des Européens à quitter leur pays pour la Thaïlande, attirés par la tranquillité, la sécurité et la douceur de vivre. Il souligne le faible taux de petite délinquance, n'ayant personnellement subi qu'un seul vol en 15 ans, commis par un touriste. La sécurité est telle qu'il laisse souvent ses affaires sans surveillance. La fiscalité, bien qu'en légère augmentation, reste plus avantageuse qu'en Europe, bien qu'il regrette ironiquement les avantages fiscaux de Monaco.
Son premier établissement à Chiang Mai fut une guesthouse et un restaurant, situé à Tapae Gate, une zone centrale de la vieille ville. Initialement, il proposait une cuisine française traditionnelle, mais s'est rapidement adapté à la demande des touristes, intégrant des plats thaïlandais et des options plus internationales comme les pizzas et les hamburgers dans son restaurant "Hugo". La pizza "Aurienne" est devenue un best-seller. Il a ensuite ouvert un second restaurant, "Rabbit Kitchen", géré par sa compagne, proposant une cuisine locale plus authentique et accessible.
La gestion de ses affaires a connu un pic de succès, notamment auprès de la clientèle chinoise, avant la crise du Covid-19. Cette période a été dévastatrice, le forçant à céder la plupart de ses activités pour sauver l'essentiel. Il a fallu repartir de zéro, une épreuve difficile moralement, mais le bien-être général en Thaïlande l'a aidé à surmonter cette période.
Concernant l'éducation de sa fille, elle a suivi une scolarité dans une école internationale américaine à Chiang Mai, lui permettant de maîtriser le français, l'anglais et le thaï. Il souligne l'importance de l'anglais pour s'intégrer dans un monde globalisé.
La communauté francophone à Chiang Mai est présente et solidaire, bien que certains préfèrent s'intégrer davantage à la culture locale. Hugo entretient de bonnes relations avec d'autres professionnels français du secteur de la restauration. Il note que Chiang Mai attire une population d'entrepreneurs, de retraités et d'artistes, et se distingue de destinations comme Pattaya par un environnement plus calme et moins axé sur la vie nocturne. La ville envisage d'être classée au patrimoine mondial de l'UNESCO.
Hugo ne s'imagine pas vivre à Bangkok, qu'il trouve trop oppressante. Il préfère la taille humaine de Chiang Mai, bien que la région soit vaste. Il aborde également le sujet sensible des éléphants, expliquant que la maltraitance a affecté le tourisme dans les camps d'éléphants, rendant leur entretien difficile.
La saison des brûlures, période de forte pollution atmosphérique, est un défi majeur à Chiang Mai, obligeant certains expatriés à quitter la ville temporairement. Les écoles prennent des précautions pour protéger les enfants.
Concernant les relations amoureuses, Hugo a connu des déceptions, notamment avec des partenaires qui confondaient la vie en Thaïlande avec des vacances permanentes. Il a dû élever sa fille seul pendant un temps, grâce au soutien de ses parents. Il insiste sur l'importance de ne pas vouloir changer les gens et de prendre son temps pour construire une relation durable, en évitant la facilité des rencontres festives. Il travaille actuellement avec sa compagne, qui gère un restaurant local, une collaboration qui se passe bien.
Hugo conclut en partageant son amour pour son métier et la satisfaction d'offrir des produits de qualité, comme ses pizzas et ses burgers, préparés avec des ingrédients importés. Il apprécie la diversité de sa clientèle et l'imprévisibilité de chaque journée. Il invite les spectateurs à venir le rencontrer à Chiang Mai.