
Mes 5 conseils pour la rentrée - par Fabrice Midal
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Pour la rentrée, l'intervenant propose cinq conseils visant à retrouver une animation intérieure plutôt qu'à se corriger. Il insiste sur l'importance de la confiance en soi et rejette toute forme de culpabilisation, qu'il considère comme destructrice.
Le premier conseil est de se "foutre la paix". Il ne s'agit pas de renoncer à l'amélioration de soi, mais de le faire sans pression ni auto-flagellation. L'idée est que se torturer et se culpabiliser est contre-productif et mène à l'échec. Au contraire, se "foutre la paix" permet de retrouver son souffle, sa joie et sa capacité à se transformer. L'intervenant souligne que la société nous pousse à la perfection, à tout contrôler et à tout faire immédiatement, ce qui génère une violence souterraine nous empêchant d'être simplement humains. Il explique que cette pression nous rend moins intelligents, moins intuitifs et moins présents à nous-mêmes. Il donne l'exemple de sa propre vie, où il réussit à accomplir de nombreuses tâches non pas par discipline forcée, mais en écoutant ce qui est vivant et joyeux en lui. Se "foutre la paix" signifie aussi abandonner la maltraitance habituelle envers soi-même, ces petites phrases négatives que l'on se dit constamment. Cette violence est une illusion qui ne nous aide pas à surmonter les obstacles, mais nous fait du mal. Il est plus inspirant et efficace d'adopter une approche douce et à l'écoute de soi. L'intervenant relie cette incapacité à se "foutre la paix" aux maux sociaux comme le burn-out et la charge mentale, qu'il attribue au "capitalisme psychique" qui nous instrumentalise pour être plus performants, au détriment de notre paix intérieure. Il fait une distinction subtile entre vouloir s'améliorer et se sentir coupable de ne pas être parfait selon une image abstraite. Il illustre cela par l'exemple de la gestion d'un mail angoissant : au lieu de se forcer et de s'insulter, se donner le droit de ressentir l'angoisse permet souvent de trouver une solution plus sereinement, après un temps de décantation. Se "foutre la paix" n'est pas lâcher prise au sens de réprimer ses émotions, mais de se donner le droit de ressentir tout ce qui nous traverse, sans jugement, ce qui permet aux émotions de passer plus facilement.
Le deuxième conseil est de "commencer". L'intervenant observe que l'usure mentale nous enferme souvent dans la répétition de ce qui a déjà été fait, nous faisant perdre la capacité d'initier de nouvelles choses. La capacité de commencer est propre à l'être humain, souvent associée à l'enfant en nous, tandis que l'adulte est souvent emprisonné par ses habitudes. Une vie sans commencement est une vie de routine asphyxiante, génératrice de découragement et de fatigue. S'appuyant sur le philosophe Henri Bergson, il explique que cette perte de la capacité de commencer vient d'une erreur fondamentale sur le temps : nous pensons que le futur est déjà écrit dans le présent. Or, le futur est par définition imprévisible, marqué par l'inattendu. Commencer, c'est accepter que quelque chose de nouveau puisse arriver. Les moments les plus forts de nos vies sont souvent ceux que nous n'avions pas prévus, des surprises que nous avons pu saisir parce que nous étions prêts à commencer. Cette disponibilité à l'inattendu est la "psychologie de la chance". Si l'on ne commence pas, aucune chance ne peut se présenter.
Le troisième conseil est de "résister à l'emballement politique". L'intervenant constate que nous sommes constamment bombardés d'informations politiques, ce qui nous pousse à croire que c'est une priorité absolue. Il invite à s'interroger sur l'utilité réelle de passer autant de temps sur ces sujets : cela nous rend-il réellement plus informés, de meilleurs citoyens, ou plus en paix ? Il suggère que cet emballement politique est dangereux pour notre santé mentale, car il rigidifie nos opinions et nous enferme dans des querelles stériles. Il y voit un "dogme" social contemporain. Pour y résister, il propose de remplacer l'écoute des informations le matin par une activité qui nourrit notre être en profondeur. Il donne son exemple personnel : lire un poème de quelques minutes chaque jour. Cette pratique simple a changé son humeur, le rendant plus sensible au monde et lui donnant plus de courage. Il invite chacun à trouver son propre moyen de nourrir sa vie pour ne pas se laisser capter par un emballement politique qu'il considère comme une manipulation visant à générer de l'audience et de la consommation, une "mauvaise série Netflix".
Le quatrième conseil est de "comprendre que vous avez un esprit". Bien que cela semble évident, l'intervenant explique que nous ne sommes pas conscients de notre esprit et croyons tout ce qu'il nous raconte. Notre esprit a tendance à imaginer et à projeter des choses irréelles, à inventer des explications pour combler des manques, ce qui peut nous tromper complètement. Croire aveuglément son esprit mène au ressentiment et à la violence, car on interprète souvent les actions des autres de manière erronée et exagérée. L'exemple donné est celui de quelqu'un qui ne dit pas bonjour, et l'esprit conclut à un manque de respect, alors que la personne peut être simplement fatiguée ou préoccupée. Il est crucial de s'arrêter et de remettre en question nos interprétations, de se demander si ce que nous nous racontons est vrai. Souvent, notre esprit panique et rend les choses plus graves qu'elles ne le sont, une "maladie de l'exagérance". La méditation, pratiquée depuis près de 40 ans par l'intervenant, est un outil essentiel pour observer et comprendre son esprit, comme un "microscope" pour voir comment il "délire" et ainsi retrouver une vie plus paisible.
Le cinquième conseil est de se "tourner vers l'ordinaire". L'intervenant insiste sur la "magie de l'ordinaire" comme source de joie, d'allègement et de libération. Il distingue l'ordinaire de l'habituel : l'habituel est répétitif, usant et empêche le commencement, tandis que l'ordinaire surgit quand l'habituel se défait. Il ne s'agit pas de se contenter de "petits riens" superficiels, mais de percer l'habituel pour retrouver la densité vivante de ce qui est juste là. Les moments les plus heureux et profonds de nos vies sont souvent des moments très ordinaires, vécus avec une présence particulière. L'exemple donné est celui de tenir la main de son grand-père adolescent, un geste ordinaire mais rempli de sens. L'ordinaire se donne quand on quitte l'habituel et qu'on se laisse surprendre. Le deuxième obstacle à l'ordinaire est la recherche de l'extraordinaire, des émotions intenses ou de l'ésotérisme. Or, la profondeur d'une relation ou d'une expérience ne se mesure pas à l'intensité émotionnelle, mais à sa vastitude. Toutes les grandes spiritualités, des Évangiles aux sutras du Bouddha, mettent l'accent sur l'ordinaire : s'occuper de quelqu'un qui va mal, laver son bol. C'est dans cette simplicité de l'ordinaire que se trouvent les trésors et que la vie la plus profonde se donne à vivre.
En résumé, les cinq conseils sont : se "foutre la paix" en cessant l'auto-maltraitance et la pression, "commencer" en acceptant l'imprévu et en retrouvant la capacité d'initier de nouvelles choses, "résister à l'emballement politique" en nourrissant son être plutôt qu'en se laissant manipuler, "comprendre son esprit" en ne croyant pas aveuglément à ses interprétations et en l'observant, et enfin se "tourner vers l'ordinaire" en y découvrant la magie et la profondeur de la vie simple.