
Comment protéger son argent en 2027?
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Dans cette vidéo, l'Université de l'Épargne aborde les risques réels et les fausses protections pesant sur les épargnants et investisseurs français, particulièrement dans le contexte actuel de hausse des taux d'intérêt et de fragilité budgétaire de la France. Le risque de redénomination de la dette, passant de l'euro au franc français, est évoqué. Il est précisé que ce risque concerne les obligations, mais pas les actions.
Plusieurs types de risques financiers sont identifiés : le risque d'intermédiaire financier (faillite d'une banque), le risque de marché (baisse de la valeur d'un actif) et le risque d'État. Ce dernier est particulièrement difficile à cerner car l'État peut créer des outils pour se protéger, voire empêcher les individus de se protéger eux-mêmes. L'histoire montre que les États peuvent modifier la loi, comme avec la loi Sapin 2 qui permet de prolonger la durée des dettes. L'épargnant ne contrôle pas ces décisions. L'inflation, le faible rendement des livrets (comme le Livret A) par rapport à l'inflation, et la ponction directe d'actifs par l'État (exemple de l'Argentine avec les caisses de retraite) sont des manifestations du risque d'État. L'État a toujours la possibilité d'exproprier.
Face à ces risques, il est crucial de définir contre quoi on cherche à se protéger. Les épargnants pensent généralement à trois dangers : l'État qui prend une partie de leur épargne ou en empêche la disposition (gel), la faillite d'un établissement financier, ou la perte de valeur de leurs actifs (risque de marché). Le risque d'État est le plus préoccupant pour la communauté. Les inquiétudes portent sur les impôts exceptionnels, les emprunts forcés, le blocage de l'assurance vie, le contrôle des capitaux, ou l'érosion de l'épargne par des taux d'intérêt inférieurs à l'inflation. Toutes ces mesures émanent d'une décision publique et visent des personnes ou des produits spécifiques.
Il faut distinguer ce que l'État peut imposer (impôt sur le patrimoine financier, que les résidents français soient imposés sur leurs avoirs nationaux ou étrangers) de ce qu'il peut bloquer (contrôle des capitaux, gel de l'assurance vie, ponction directe sur les comptes soumis au droit français). Avoir un compte à l'étranger peut protéger contre le blocage par décret français, mais pas contre l'impôt dû.
Le risque d'intermédiaire financier, c'est-à-dire la faillite de celui qui détient l'argent (comme Lehman Brothers), est ensuite abordé. Les espèces déposées en banque sont une créance garantie jusqu'à 100 000 € par personne et par banque, à condition que la banque soit française. D'autres pays ont des garanties équivalentes, mais il faut vérifier le régime de garantie de l'intermédiaire. Il est rappelé que détenir du cash en banque équivaut à prêter de l'argent à la banque. En cas de faillite, on devient un simple débiteur. La valeur de ces garanties (100 000 €) diminue avec le temps et l'inflation.
Concernant les titres (actions, ETF, obligations), ils restent la propriété du client et doivent être tenus séparés des actifs de l'établissement. En cas de faillite, ils ne font pas partie de la masse des créanciers et doivent être restitués. Une garantie de 70 000 € existe en France pour ces titres.
Les contrats d'assurance vie constituent une créance sur l'assureur. En France, le fonds de garantie couvre 70 000 € par assuré et par assureur. Au Luxembourg, les souscripteurs bénéficient d'un privilège sur les actifs cantonnés sans plafond. L'argent placé chez un établissement de paiement ou de monnaie électronique, non bancaire, n'est pas couvert par la garantie des dépôts et est seulement cantonné sur un compte séparé. Les plateformes utilisant des monnaies électroniques ou des cryptoactifs ont des garanties très différentes, et il faut vérifier au cas par cas.
Pour éviter les erreurs, il est souligné qu'aucune solution ne protège totalement de l'impôt. La seule protection légale pour un résident français est de ne pas être la cible, donc d'éviter de concentrer son épargne sur des supports contrôlés par l'État (Livret A, fonds en euros) ou de vivre en dehors de la France. Changer de pays de résidence est la seule façon d'échapper à l'impôt français. Vivre à l'île Maurice ou à Saint-Barthélemy, par exemple, permet de ne pas être résident fiscal français. Les mesures comme les lois de double imposition ou les "exit taxes" visent à décourager l'exil fiscal.
Changer de pays de détention de l'argent protège principalement contre les blocages et le contrôle des capitaux, mais cela implique des risques liés au droit étranger, aux garanties et à la monnaie. Il faut agir longtemps à l'avance.
Trois erreurs de diagnostic courantes sont identifiées :
1. Transférer des ETF vers la Suisse pour éviter la confiscation : cela protège contre le blocage des comptes français et la faillite du courtier, mais pas contre un prélèvement exceptionnel voté en France, car l'administration française est informée du solde du compte suisse. De plus, de nombreux comptes suisses sont rattachés à des filiales européennes.
2. Ouvrir un deuxième courtier si le portefeuille dépasse 100 000 € : le plafond de 100 000 € concerne les espèces, pas les titres. Diversifier les intermédiaires peut avoir d'autres raisons (accès aux produits, continuité, contrôle des capitaux, risque de faillite). Il faut effectivement ouvrir un autre compte si l'on dépasse 100 000 € en espèces.
3. Convertir son cash en obligations suite au passage d'un compte dans une banque de droit français : cela ne protège pas de l'impôt et les obligations comportent des risques de marché.
L'histoire regorge d'exemples d'actions étatiques contre l'épargne :
* **Impôt exceptionnel et emprunt forcé :** En France en 1945, un impôt de solidarité nationale de 3 à 20 % sur le patrimoine et jusqu'à 100 % sur l'enrichissement de guerre a été instauré. En 1983, un prêt forcé de 10 % de l'impôt sur le revenu a été imposé aux contribuables. En Italie en 1992, un prélèvement de 0,6 % sur tous les dépôts bancaires et postaux a été effectué. Le FMI a calculé en 2013 qu'un prélèvement de 10 % sur les patrimoines nets positifs pourrait ramener la dette de la zone euro à son niveau de 2007.
* **Ponction sur les dépôts :** Chypre en 2013 a taxé les dépôts bancaires (6,75% sous 100 000€, 9,9% au-dessus). Les dépôts non garantis ont été en partie perdus ou convertis en actions sans valeur. En Espagne en 2012-2013, des décotes importantes ont été appliquées aux détenteurs de titres préférentiels et de dettes subordonnées.
* **Contrôle des capitaux :** Mesure fréquente, notamment en Grande-Bretagne (1939-1979) et en France (jusqu'en 1990). Ces mesures visent à empêcher les sorties d'argent, mais sont souvent contournées et peuvent favoriser la corruption. Le PEA pourrait être menacé par une interdiction des fonds swapés.
* **Gel et conversion forcée :** En Argentine en 2001-2002, les retraits ont été limités ("Corralito") et les dépôts en dollars ont été convertis de force en pesos à un taux défavorable. En 2008, les fonds de pension privés ont été nationalisés.
* **Défaut et restructuration :** La Russie en 1998 a restructuré sa dette intérieure en roubles, entraînant une perte massive pour les détenteurs de bons du Trésor. La Grèce en 2012 a imposé des échanges de dette avec une réduction de valeur significative.
* **Confiscation d'actifs :** Aux États-Unis en 1933, Roosevelt a obligé les Américains à remettre leur or à la Réserve Fédérale à un prix bas, avant de le réévaluer à un prix plus élevé, réalisant un bénéfice.
* **Blocage par la chaîne de conservation :** En 2022, l'UE a sanctionné le dépositaire central russe, gelant les avoirs de millions d'investisseurs russes détenant des actions étrangères.
* **Répression financière :** C'est la méthode la plus lente et la plus facile pour un État. Elle consiste à augmenter les impôts sur les coupons et à maintenir des taux d'intérêt réels négatifs (taux du livret A inférieur à l'inflation). Cela efface la dette au fil du temps. Les fonds en euros des assurances vie, composés majoritairement d'obligations d'État et d'obligations bancaires, sont particulièrement exposés à ce risque.
L'assurance vie, premier placement des Français, est une cible potentielle. La loi Sapin 2 permet au Haut Conseil de Stabilité Financière de limiter ou retarder les rachats et arbitrages en cas de menace pour la stabilité financière. Ce pouvoir, bien que jamais utilisé, pourrait être étendu au niveau européen. Les fonds en euros, constitués principalement d'obligations, sont vulnérables si l'État français rencontre des difficultés. Les unités de compte, bien qu'investies hors de France, peuvent également être visées par des gels. La fiscalité de l'assurance vie pourrait également évoluer.
La conclusion générale est que l'État doit rester le plus loin possible de l'épargne, car plus il s'en approche, plus l'épargnant risque d'être "plumé". Les actifs réels comme l'or et les actions sont considérés comme plus sûrs que les contrats, qui placent l'épargnant face au souverain. L'idée principale est de diversifier et de se méfier des enveloppes fiscales proposées par l'État, qui peuvent être modifiées à tout moment.