
Chute du dollar : Comment se protéger
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En début 2026, l'Arabie Saoudite, berceau du pétrodollar, aurait effectué plus de 41 % de ses échanges pétroliers en Yuan chinois. Cette vidéo vise à éclairer l'impact potentiel de ces évolutions sur votre patrimoine et à proposer des stratégies pour en tirer parti, tout en minimisant les risques.
Un état des lieux s'impose pour distinguer les faits des spéculations médiatiques. Le 9 juin 2024, l'Arabie Saoudite n'a pas renouvelé son accord de 50 ans avec les États-Unis concernant le pétrodollar. Historiquement, le dollar américain, en tant que monnaie de réserve mondiale, a apporté une stabilisation globale. Le mécanisme du pétrodollar impliquait la vente de pétrole en dollars, ces derniers étant ensuite investis dans des obligations d'État américaines, facilitant ainsi le financement de la dette américaine et stabilisant le dollar.
Cependant, ce système, bien que rodé, n'est pas immuable. En 2020, les réserves mondiales des banques centrales étaient constituées à 71 % en dollars américains. Aujourd'hui, ce chiffre a chuté à 56,9 %. Cette tendance révèle une diversification progressive des actifs et des devises détenues par les banques centrales, ce qui est une évolution normale.
Parallèlement, en 2026, les BRICS lancent un système de paiement opérationnel entre la Chine et l'Indonésie en Yuan. L'Iran, quant à lui, impose désormais le Yuan comme condition partielle de transit dans le détroit d'Ormuz, par lequel transite 20 % du pétrole mondial. L'Iran semble flexible quant à la monnaie d'échange du pétrole, passant du Bitcoin au Yuan, tout en maintenant des amendes en dollars. Actuellement, le Yuan domine les échanges dans cette région.
La divergence entre les gros titres sensationnalistes et la réalité est notable. La réalité est une érosion progressive mais une domination persistante du dollar. Le Yuan gagne du terrain, mais reste minoritaire, principalement dans le secteur de l'énergie, représentant seulement 1,93 % des réserves mondiales. Les affirmations alarmistes sur une nouvelle monnaie des BRICS soutenue par l'or sont infondées ; les BRICS détiennent une quantité d'or relativement faible par rapport au reste du monde, et le système d'échange BRICS actuel est limité à des transactions bilatérales.
Concernant les réserves d'or, celui-ci a dépassé les obligations d'État comme réserve dans les banques centrales. Cependant, il n'y a pas de retour à l'étalon-or ni d'échanges en or. Les banques centrales préfèrent conserver leur or et se défaire des monnaies moins échangées, dont le Yuan chinois est une des devises en vogue, et non le dollar.
L'impact sur votre patrimoine est concret. De moins en moins de pays souhaitent détenir une proportion substantielle de dollars dans leurs réserves. Cette tendance s'explique par une recherche de meilleurs retours sur investissement. Pour stimuler l'intérêt pour le dollar, les États-Unis pourraient augmenter les taux d'intérêt sur leurs obligations d'État. Cela aurait un impact sur les particuliers détenant des actions américaines, car des taux d'intérêt plus élevés sur les obligations rendent celles-ci plus attractives par rapport aux actions, pouvant entraîner une compression des multiples de valorisation des actions, même si les profits des entreprises augmentent.
La performance des monnaies étrangères face au dollar sur un an ne garantit pas une tendance à long terme. Les entreprises américaines réalisent 41 % de leur chiffre d'affaires à l'étranger, ce qui les expose aux fluctuations des devises étrangères. Les revenus rapatriés en dollars peuvent être affectés par la force des monnaies dans lesquelles les produits ont été vendus.
Enfin, la réallocation des fonds souverains des pays du Golfe vers des devises autres que le dollar est un facteur majeur. Auparavant, ces fonds étaient réinvestis dans des obligations américaines, l'immobilier premium et les infrastructures dans les pays développés. Désormais, ces investissements se dirigent davantage vers l'Asie (Chine, Singapour, Inde) et moins vers l'Europe et les États-Unis.
Trois axes de réflexion pour vos investissements :
1. L'or physique : Les États privilégient l'or comme réserve, ce qui suggère une protection contre des incertitudes économiques. Cependant, les ETF sur l'or, comme GLD, impliquent des intermédiaires (custodians, sous-custodians) et des assurances, créant un risque systémique en cas de défaillance. Les gouvernements peuvent saisir l'or détenu par ces intermédiaires, entraînant une panique et une chute du prix de l'or.
2. Actifs anti-inflationnistes :
a. Private credit : Prêts à des entreprises avec des taux flottants et des collatéraux solides, offrant un haut niveau de sécurité.
b. Actifs boursiers : Infrastructures, immobilier et certaines matières premières dont les paiements sont ajustés à l'inflation (hôtellerie, maisons de retraite, hôpitaux).
c. Immobilier direct : Investissement dans des biens générant des revenus ajustés à l'inflation (Airbnb, hôtels, hôpitaux via private equity).
3. Décorrélation des actifs :
a. Devises étrangères : Le dollar de Singapour et le franc suisse sont recommandés, via des actifs libellés dans ces devises (immobilier, actions, ETF).
b. Économies émergentes : Israël, Colombie, Afrique du Sud montrent une croissance économique et une appréciation rapide de leur monnaie.
Erreurs à éviter :
- Paniquer et tout liquider : Le dollar reste dominant sur le réseau SWIFT.
- Surpondérer les obligations dans les pays ultra-développés : Ces pays sont souvent très endettés, ce qui peut entraîner une dévaluation des obligations existantes lors d'une hausse des taux d'intérêt.
- Craindre la perte de valeur des ETF américains : Un changement de système monétaire ne signifie pas la disparition de la valeur des actifs sous-jacents, mais une modification de la monnaie libellée.
En règle générale, une allocation diversifiée est conseillée : immobilier, actifs financiers, private equity et liquidités. Les actifs de qualité sont préférables aux liquidités, qui doivent être mises au travail. L'argent sur un compte bancaire n'appartient pas entièrement à son détenteur.