
Pétrole en feu, IA à crédit : combien de temps la Bourse peut tenir ?
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Cette semaine, les marchés ont été très nerveux. Le pétrole a explosé, les taux d'intérêt ont atteint de nouveaux records, et le chiffre d'inflation était très attendu avant la réunion de la Fed. La hausse des taux de la Banque centrale européenne a également eu lieu, mais a été moins médiatisée. L'IA a aussi fait parler d'elle avec Oracle qui a publié des résultats impressionnants.
Le prix du baril de pétrole a dépassé les 100 dollars, soit une hausse de 50% depuis fin juin, et de 20% depuis la reprise des hostilités entre les États-Unis et l'Iran le 30 août. Les alliés de l'Iran étendent le conflit à la mer Rouge, attaquant les installations énergétiques saoudiennes pour bloquer les exportations. Cela a entraîné une chute de production de près de 2 millions de barils par jour. En réponse, Washington a détruit des pétroliers iraniens, menant à des attaques contre une base américaine en Jordanie et des navires dans le golfe. Les prix à la pompe sont montés à 2,30€ le litre de gazole en moyenne, et le diesel a atteint un record historique aux États-Unis. Goldman Sachs a averti que le baril de Brent pourrait atteindre 120 dollars si le conflit s'enlise.
La peur de l'inflation est revenue, rendant Wall Street particulièrement tendue, bien que les marchés aient résisté. L'Europe, en revanche, a sous-performé, le CAC 40 étant revenu sur les 8100 points après avoir dépassé les 8600. L'IA continue de soutenir les marchés.
Oracle a publié des résultats exceptionnels, avec un chiffre d'affaires en hausse de 30% à plus de 19 milliards de dollars. Les revenus du cloud ont augmenté de plus de 60%, et le cloud infrastructure de plus de 120%. Le carnet de commandes est blindé, avec plus de 660 milliards de dollars, en hausse de plus de 209 milliards sur un an. Le titre a réagi par une hausse de 6%. Cependant, le flux de trésorerie disponible d'Oracle est négatif (-24 milliards de dollars sur le trimestre) avec un capex en augmentation de 55 milliards, financé par de la dette. D'autres géants comme Alphabet, Amazon, Microsoft et Meta suivent la même tendance, avec près de 1000 milliards de dollars de Capex attendus pour 2027 et 400 milliards de dollars de dette liée à l'IA émise cette année. La Banque d'Angleterre a ouvert des enquêtes sur les prêts aux data centers, soulevant la question de la rentabilité de ce boom de l'IA financé à crédit.
Le chiffre d'inflation CPI, publié vendredi, était conforme aux attentes à 3,4%, tout comme le Core CPI. C'est un soulagement pour les marchés, permettant au SP500 de tenir des niveaux clés. La semaine prochaine, la Réserve Fédérale américaine se réunira, et 85% du marché anticipe une hausse des taux. Cela aura des répercussions sur le coût du crédit immobilier en France, qui a déjà dépassé les 4% sur 15, 20 et 25 ans. Côté épargne, une révision à la hausse du taux du Livret A est possible.
Enfin, l'iPhone pliable a été annoncé. Il s'agit d'un appareil deux en un, combinant téléphone et tablette. Apple arrive sept ans après Samsung sur ce marché, qui ne représente que 2% du marché mondial. Les attentes sont énormes, avec Goldman Sachs prévoyant entre 14 et 35 millions d'unités vendues en 2026. L'action Apple a pris 3% après l'annonce.
En résumé, le pétrole flambe, l'IA carbure mais est financée à crédit, et l'inflation semble sous contrôle pour le moment. La semaine prochaine sera cruciale avec la décision de la Fed.