
J’ai essayé Meta VR : mieux que l’Apple Vision Pro ? (oui)
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Meta, malgré les critiques, est une entreprise tech qui prend des risques considérables. Leur stratégie consiste à faire de nombreux paris, sachant que la plupart échoueront, mais l'espoir est qu'un succès les positionne comme le créateur du prochain "iPhone". Un de ces paris récents est le Meta VR, des lunettes de réalité virtuelle. Ce produit est le dernier de Reality Labs, qui a déjà accumulé 70 milliards de dollars de pertes depuis 2020.
Après des années de rumeurs sous le nom de code "Phoenix", Meta a dévoilé ces lunettes VR, insistant sur le terme "lunettes" plutôt que "casque". Le concept est de proposer un appareil léger de seulement 100g, sans la gêne d'un casque encombrant. Elles intègrent des écrans micro OLED, à l'instar de l'Apple Vision Pro, et de nombreux capteurs. Ces capteurs permettent de filmer le monde réel, de le retranscrire à l'intérieur des écrans, et de surveiller les mains et les doigts pour les interactions, ainsi que les yeux pour la sélection par le regard, comme chez Apple. Les manettes sont optionnelles, le contrôle se faisant principalement par les mains.
Meta valide la stratégie d'Apple avec Vision OS et l'Apple Vision Pro, mais estime qu'Apple s'est trompé sur le format. Selon Meta, les lunettes sont le bon format pour la réalité mixte, une opinion partagée après un essai de 30 minutes. Les lunettes Meta VR offrent une expérience cohérente, contrairement au casque Apple qui, bien qu'un aperçu du futur, n'est pas viable pour un usage quotidien.
Le positionnement de Meta avec ces lunettes s'éloigne de la réalité virtuelle purement axée sur le métavers et le jeu vidéo pour se tourner vers une approche plus multimédia. Des partenariats avec Dolby et IMAX ont été annoncés, permettant de regarder des films au format 1431 d'IMAX ou des films Dolby Cinema n'importe où. La légèreté du produit le rend plus agréable à porter qu'un casque. L'objectif est de cibler les personnes qui souhaitent une expérience immersive de haute qualité pour se détendre, plutôt que les joueurs ou les utilisateurs en quête d'immersion totale.
Dans le domaine sportif, Meta prévoit d'investir dans les droits de diffusion pour permettre aux utilisateurs de regarder des matchs depuis un stade virtuel en 3D à 180°, une démonstration similaire à celle d'Apple avec la NBA. Le télétravail est un autre usage mis en avant, avec la possibilité d'avoir trois écrans virtuels. Cependant, l'intérêt pour cet usage au quotidien reste à prouver. Meta innove en revanche avec la projection d'un clavier et d'un trackpad virtuels sur une table, une fonctionnalité qui fonctionne étonnamment bien et démontre l'utilité des milliards investis.
Le confort des lunettes est bon, bien qu'elles puissent appuyer un peu sur le nez. Des options comme un bandeau seront disponibles pour un usage prolongé, mais cela pourrait annuler l'intérêt du format "lunettes". La partie informatique est déportée dans une batterie externe que l'on glisse dans la poche, ce qui contribue à la légèreté des lunettes. Ce boîtier permet de brancher des accessoires en USB-C, et potentiellement une PS5 en HDMI. Le champ de vision est de 70°, moins que le Meta Quest 3 ou l'Apple Vision Pro, mais acceptable pour un produit qui n'est pas conçu pour une immersion totale.
La grande question demeure : la réalité virtuelle va-t-elle s'imposer auprès du grand public ? Malgré des décennies de développement, elle reste un marché de niche pour les joueurs et les passionnés de nouvelles technologies. Même l'arrivée d'Apple, Samsung et Google n'a pas réussi à dynamiser ce marché. Meta est conscient que si ces lunettes échouent, il faudra peut-être repenser l'avenir de la VR. C'est pourquoi ils misent également sur les lunettes de réalité augmentée en parallèle.
Le prix de 1299 dollars pour les Meta VR, avec une sortie au printemps, est plus abordable que l'Apple Vision Pro (trois fois moins cher), mais reste élevé pour un produit grand public. La question se pose de savoir s'il ne vaut pas mieux opter pour des lunettes plus simples comme les Xreal, qui offrent un grand écran virtuel pour regarder des films en 2D à un coût bien moindre. Meta offre cependant des fonctionnalités plus avancées pour l'immersion et les interactions.
Meta diversifie également ses paris avec les Meta Ray-Ban. En plus des modèles avec caméras, ils lancent des Ray-Ban Meta Audio sans caméra à 349 €, plus légères (43g), avec seulement des haut-parleurs et un micro. L'objectif officiel est de cibler un public qui n'a pas besoin de filmer et veut écouter de la musique. Officieusement, c'est une réponse aux critiques concernant la