
Pascal BOUCHET transmute notre vision de l'alchimie en chemin de métamorphose intérieure
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Pascal Boucher, thérapeute énergéticien, auteur et conférencier, partage son parcours et sa vision du chamanisme et de l'alchimie. Son approche est marquée par une enfance en Afrique, où les rituels et les tamtams ont déclenché des peurs liées à l'occultisme, mais aussi des perceptions de la nature et de ses esprits. Ces expériences précoces ont semé les graines d'une quête intérieure, le menant à traverser ses propres peurs, un élément central du chamanisme selon lui. Le courage, faculty du cœur, est essentiel pour traverser ces peurs, qui sont souvent des portes vers des mondes invisibles peuplés d'esprits divers, certains bienveillants, d'autres prédateurs.
Son parcours l'a conduit à expérimenter l'Ayahuasca au Pérou, une expérience initiatique qui lui a permis de confronter et de traverser sa peur primale de la magie noire, dont l'origine remonte à son enfance africaine. Il voit ces expériences comme des opportunités de reconnecter avec des vies passées, notamment des incarnations de chaman, et de revivre des passages où il aurait pu échouer. La première leçon du chamanisme, insiste-t-il, n'est pas d'avoir des pouvoirs extraordinaires, mais le courage de faire face à ses propres peurs. Il souligne que les initiations sont des "offres" de la vie, que l'on peut refuser, mais que les traverser permet une croissance personnelle et un élargissement de la conscience.
Pascal Boucher explique que l'alchimie, qu'il définit comme "l'art des transmutations", est le fondement de l'évolution. Ce processus de transformation implique de "mourir à ce que l'on croyait être" pour renaître à un nouvel état, à l'image de la graine devenant arbre. L'être humain est appelé à se réaliser pleinement par cette voie, passant d'un état imparfait à sa plénitude, assimilée à l'éveil ou à l'illumination. L'âme, lumière incarnée dans la matière, cherche à se libérer des ténèbres de l'inconscient biologique.
Il aborde la distinction entre chaman et sorcier, considérant que 90% de ceux qui se prétendent chamans sont en réalité des sorciers. La différence réside dans l'intégration de la médecine intérieure : le chaman a travaillé sur ses conflits psychiques, tandis que le sorcier, bien qu'ayant des pouvoirs, peut être capturé par ses propres conflits, les utilisant à des fins néfastes. L'abus de pouvoir, la magie noire et la manipulation sont des caractéristiques du sorcier, qui cherche à dominer. Le vrai chaman, lui, est un "homme médecine" qui a intégré la guérison en lui.
Le chemin initiatique est souvent difficile, impliquant des épreuves, des crises existentielles, des burn-out, qui peuvent sembler des malheurs mais sont en réalité des occasions de transcender ses limites. Il compare cela à l'œuvre alchimique en trois phases : l'œuvre noire (descente dans les ténèbres, expérimentation des erreurs), l'œuvre blanche et l'œuvre rouge. L'œuvre noire inclut une phase d'involution, où l'âme expérimente les erreurs, se créant un karma à régler dans des vies ultérieures. Si un chaman abuse de ses pouvoirs, il peut se retrouver dans des incarnations où il doit payer son karma, voire être éloigné du chamanisme pour apprendre par des voies plus difficiles.
Pascal Boucher insiste sur la notion de libre arbitre dans le processus de transmutation. Il explique que les épreuves, bien que parfois subies, peuvent être vécues comme des initiations menant à une plus grande conscience et à la découverte de ses potentialités. Il reconnaît râler et pester face aux difficultés, mais finit toujours par les traverser, car son cœur a le dernier mot. C'est cette capacité à se laisser guider par son cœur qui permet de découvrir sa propre voie.
Le concept de "soi-même" est central. Être soi-même est une quête, une voie d'épanouissement. Cependant, il souligne que cette quête est effrayante, car le soi-même est infini et éternel, une lumière incarnée. Il ne prétend pas être pleinement soi-même, mais "un peu plus chaque jour". Son bagage alchimique conforte son expérience chamanique, car l'alchimie et le chamanisme partagent la même voie unique, quelle que soit la culture ou la philosophie.
L'alchimie est définie comme l'art des transmutations, visant à passer d'un état imparfait à un état plus parfait. Le plomb devenant or est une métaphore de l'évolution humaine. L'alchimiste cherche à se réaliser pleinement en transmutant ses propres imperfections. Cette transmutation libère la lumière de l'âme, qui s'était manifestée initialement dans les ténèbres de l'inconscient.
Pascal Boucher partage son propre parcours de fuite, ayant évité longtemps son chemin véritable malgré un intérêt précoce pour le chamanisme et l'alchimie. Après de nombreux métiers et des échecs retentissants, une dépression sévère et un burnout l'ont conduit à une prise de conscience radicale. Une rencontre avec un chaman péruvien a été un tournant, le confrontant à sa fuite et à la nécessité d'accepter d'être lui-même. Il a alors écrit son premier livre et commencé à enseigner, avant de partir au Pérou pour des initiations chamaniques qui ont révélé ses facultés de magnétisme et de ressenti.
Il se définit désormais comme chaman, tout en reconnaissant la confusion et les abus autour de ce terme. Il ne considère pas l'alchimie ou le chamanisme comme des métiers, mais comme des philosophies de vie. La philosophie hermétique, base de l'alchimie, vise à incarner l'esprit dans la matière, avec des applications diverses : métallurgie, plantes, psychologie (Jung), religion, mysticisme. Son champ d'application personnel est le chamanisme.
Il critique les cours de chamanisme qui se limitent à des protocoles théoriques, affirmant que le véritable chamanisme se vit dans la chair, à travers des expériences intenses et transformatrices. Les traditions chamaniques authentiques disparaissent, et beaucoup de "chamans" actuels sont des sorciers manipulant les esprits pour le pouvoir. Un vrai chaman, selon lui, est un homme médecine qui a intégré la guérison en lui et travaille avec des esprits guérisseurs.
Pour reconnaître un bon chaman, il suggère trois points essentiels : il ramène la personne à sa propre voie, l'aide à se redécouvrir, la rend plus heureuse, et ne se mêle jamais de sa vie personnelle. Il est crucial de ressentir et de s'informer, car le chamanisme sans ressenti est dangereux. Le mental, s'il est utile pour repérer les dysfonctionnements, ne doit pas gouverner.
La phrase clé de l'alchimie, "Dissous le fixe et tu fixeras le volatile", résume le processus : dissoudre les conflits, les blocages (le fixe), pour libérer les vertus, les dons (le volatile). Les conflits sont vus comme des qualités contrariées. La nature commence toujours par un côté ténébreux pour mener à la lumière. Les épreuves, handicaps ou maladies peuvent être des qualités enterrées à déterrer. Une fois le conflit dissous, la lumière, le don, peut être incarné dans une activité alignée avec sa vocation.
L'incarnation de la lumière, de ses dons, est difficile car elle demande de revenir à soi-même et de renoncer aux chimères de représentation. Le chemin est d'accepter d'être soi-même, ce qui est la plus grande peur. Il se décrit comme humble dans son rôle de chaman, conscient qu'on n'est jamais arrivé et qu'il faut obéir à la vie et aux initiations.
Il propose deux types de formations : des retraites chamaniques avec Séverine Wang, axées sur les rituels et l'application, et des cours d'alchimie plus théoriques mais "agissants", basés sur des mots clés comme "dissous le fixe et tu fixeras le volatile". Ces clés permettent de changer de regard et d'attitude face aux événements de la vie, qui deviennent des initiations plutôt que des obstacles.
Il conclut que la vie est une invitation à renoncer au mental qui veut tout expliquer et tout contrôler, et à faire le deuil de la toute-puissance. L'âme s'incarne dans une "terre d'oubli" pour accepter de mourir à son état antérieur et renaître. Il est essentiel de se rappeler pourquoi on est là, d'accepter le processus, et de comprendre que le monde, même s'il peut sembler fou, est un lieu où le "médecin" (le chaman) va là où il y a la maladie. Il précise que sa phrase favorite est "Dissous le fixe et tu fixeras le volatile, car le volatile se trouve dans le fixe et le fixe dans le volatile", un axiome alchimique qui guide son chemin.