
Les taux montent… pourquoi la Bourse ne baisse pas ?
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Cette semaine a été marquée par l'activité intense de trois banques centrales majeures, tandis que les marchés ont étonnamment progressé. Le débrief hebdo se concentre sur trois points clés.
Premièrement, la Réserve fédérale américaine a relevé ses taux d'intérêt à 4% mercredi, une première hausse depuis juin 2023. Kevin Warsh, successeur de Jérôme Powell et choisi par Trump, a mené cette décision, votée à l'unanimité. Malgré une conférence de presse brève de sept minutes soulignant la solidité de l'économie américaine et la détermination à combattre l'inflation, les marchés n'ont pas immédiatement réagi. Cependant, après une phase de digestion, ils ont monté pour trois raisons principales : l'anticipation (90% du marché avait déjà intégré cette hausse, le marché détestant l'incertitude plus que la hausse elle-même), la crédibilité de la banque centrale qui agit fermement contre l'inflation, et le contexte d'une inflation ravivée par la guerre au Moyen-Orient.
Deuxièmement, la Banque du Japon a également relevé ses taux à 1,25%, le niveau le plus haut depuis 31 ans. Le gouverneur Ueda reste prudent, sans rythme fixe, mais la trajectoire est claire. Ce mouvement affecte le "carry trade" sur le yen, où les investisseurs empruntent en yen à faible coût pour investir dans des actifs mieux rémunérés. Si les taux japonais montent trop vite, cela pourrait provoquer un rapatriement rapide des capitaux et déstabiliser les marchés mondiaux. Heureusement, la hausse reste progressive, et le yen a même baissé après l'annonce, signalant que le carry trade tient bon. La Banque centrale européenne avait déjà relevé ses taux la semaine dernière. Le message des trois banques centrales est clair : le cycle des taux bas est terminé.
Troisièmement, le secteur des entreprises, notamment l'IA, a connu des annonces importantes. Jensen Huang de Nvidia a révélé lors du sommet de l'IA, aux côtés du roi Charles III et de géants comme DeepMind et OpenAI, que Nvidia prévoyait de doubler ses ventes de puces l'année prochaine. Avec un chiffre d'affaires de 96 milliards de dollars au dernier trimestre (+106% sur un an) et des centres de données atteignant 99 milliards (+117%), la croissance est impressionnante. Nvidia vise 673 milliards de dollars de chiffre d'affaires d'ici janvier 2028. Amazon Web Services déploiera également 2 millions de GPU Nvidia supplémentaires. Bien que certains se demandent si nous sommes dans une bulle, Huang assure que le problème n'est pas la demande, mais les goulots d'étranglement de production (mémoire, emballages, électricité, construction de centres de données). La concurrence mondiale s'intensifie avec Huawei qui prépare de nouvelles puces IA. La consommation énergétique croissante de l'IA est aussi un facteur de risque inflationniste que les banques centrales surveillent.
Enfin, le pétrole a continué sa progression, dépassant les 100 dollars, s'inquiétant les banques centrales face à une inflation repartante. La situation en mer Rouge, avec les rebelles Houthis contrôlant le détroit de Bab el-Mandeb (10% de la production mondiale de pétrole et 15% du commerce international), et un oléoduc saoudien touché, contribue à cette flambée. L'or a également progressé cette semaine, bénéficiant des tensions géopolitiques et de la hausse du dollar.
Les marchés ont globalement bien réagi aux annonces des banques centrales. Le SP 500 et le Nasdaq tiennent bien, tandis que le Dow Jones, le CAC et le DAX sont plus en sous-performance. Les cryptomonnaies ont également bien résisté, avec des fortes relances sur Near, Zcash et Hyperliquid. La semaine prochaine s'annonce plus calme, mais la prudence reste de mise.