
Le GEO en 2026 : où en est-on vraiment ?
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Bonjour à toutes et à tous. Ce webinaire, organisé en partenariat avec RocketLinks, est le deuxième que nous réalisons ensemble, le premier ayant eu lieu en juillet 2025. L'objectif est de faire le point, huit mois plus tard, sur l'évolution du "GEO", tant en termes de chiffres que de retours terrain. Nous remercions Pierre, Emmanuel et Maxime pour leur présence et leur partage d'expérience.
La Google Core Update de mars s'est terminée le 8 avril. Les SERP sont instables, ce qui rend le suivi des classements difficile. Cependant, du côté de la Search Console, la situation est stable. Les core updates n'impactent généralement pas les sites qui suivent les bonnes pratiques SEO, et des effets positifs ont même été observés sur certaines requêtes complexes.
Un replay du webinaire sera disponible et publié sur la chaîne YouTube d'Abondance. Nous répondrons à un maximum de questions, y compris celles envoyées en amont.
Présentations des intervenants :
* **Pierre Jeanchelot** : Lead Search & Growth chez Yousign, en charge du SEO, des LLM et des campagnes publicitaires en France et en Europe.
* **Emmanuel de Vaumoret** : Fondateur d'une agence SEO et média, expert auprès de la cour d'appel de Paris sur les questions d'IA et de digital.
* **Maxime de Kiton** : Co-fondateur de RocketLinks, plateforme et expert en netlinking et SEO, qui aide désormais les experts à travailler le GEO.
Le premier webinaire en juillet 2025 abordait les débuts du GEO. Aujourd'hui, huit mois plus tard, le terme "GEO" est établi et est étroitement lié au SEO, avec quelques particularités.
**Chiffres clés et évolutions :**
Le trafic de ChatGPT, selon SimilarWeb, a atteint 6 milliards de visites par mois, mais commence à baisser, contrairement à la période de stabilisation observée en juillet 2025. En comparaison, Google enregistre plus de 75 milliards de visites mensuelles, soit 15 fois plus que ChatGPT. Le trafic de Google reste stable, ne subissant pas l'impact de la croissance de ChatGPT.
La courbe exponentielle initialement attendue pour ChatGPT s'est transformée en un plateau, voire une légère baisse. Google, avec sa force de distribution (Android pour 75% des mobiles, 65% de parts de marché pour les navigateurs), a un atout majeur. Gemini, la deuxième IA après ChatGPT, a connu une forte croissance, passant de 500 millions à 2 milliards de visites entre juillet 2025 et janvier 2026. Google a rattrapé son retard et pourrait même avoir pris de l'avance sur ChatGPT.
En France, Google n'intègre pas encore l'IA directement dans les résultats de recherche (Google AI Overview), contrairement aux États-Unis. Les études montrent que les utilisateurs américains emploient Google et ChatGPT pour des usages distincts : Google pour les recherches à forte intention d'achat, et ChatGPT pour des recherches plus "froides", informationnelles, ou des requêtes très précises.
**Retours terrain et impact de l'IA sur le trafic :**
Pierre de Yousign a observé l'impact d'AI Overview sur les marchés étrangers (hors France) où il est déployé. Le trafic informationnel a chuté de 40 à 50%, même lorsque Yousign est cité dans le bloc overview, car les utilisateurs ne cliquent pas. Les requêtes "meilleur" (commerciales) peuvent être traitées par les moteurs traditionnels et les LLM. Le transactionnel pur reste principalement sur Google Shopping. L'informationnel, en revanche, bascule vers les LLM.
La présence dans les LLM est devenue cruciale. Bien que le classement des IA évolue constamment (Claude gagnant en popularité), et que le ROI des visites depuis les LLM soit difficile à tracer (problèmes de first/last click, RGPD), travailler sa présence dans les LLM revient à faire du SEO.
**La guerre des LLM :**
La question de savoir quelle IA sortira vainqueur est souvent posée. Les LLM se valent globalement, même si des benchmarks existent pour évaluer leur efficacité. L'évolution la plus marquante est la possibilité d'interroger les IA en local (client lourd), ce qui permet de traiter de gros volumes de données sans perte de contexte.
Pierre estime que Google est le mieux placé pour remporter cette bataille, car les autres LLM scrappent Google et ne sont pas propriétaires de la donnée. Google possède la distribution et le savoir technique. Les LLM pourraient se spécialiser : Claude pour le B2B, ChatGPT pour le grand public. La rentabilité pourrait aussi être un facteur déterminant, car les LLM nécessitent d'énormes ressources.
Maxime pense qu'il y a deux guerres : le B2C (recherche) et le B2B. Sur le B2C, Google, malgré son arrivée tardive, pourrait l'emporter grâce à ses ressources. Sur le B2B, il y aura plusieurs gagnants : Mistral pour sa souveraineté, Claude pour la cybersécurité et le code, Gemini pour son intégration à Google Drive. ChatGPT est en difficulté sur ces deux fronts.
**Stratégie GEO et SEO :**
Les LLM ont-ils les mêmes prérequis pour faire apparaître un site ? Pierre, Emmanuel et Maxime s'accordent à dire que les bases techniques sont les mêmes, très proches du SEO traditionnel. Il n'y a pas d'adaptation particulière à faire pour chaque LLM. La priorité est de se concentrer sur le LLM qui génère le plus de business.
Le SEO va-t-il mourir ? Le GEO va-t-il remplacer le SEO ? Non. Le GEO est du SEO, mais pas uniquement sur son propre site. C'est aussi du SEO sur des médias externes comme Reddit ou Wikipédia. C'est 90% d'actions SEO classiques, complétées par des actions chirurgicales spécifiques au GEO et beaucoup d'outreach.
**Manipuler les LLM :**
Est-il possible d'influencer les LLM en intégrant des messages cachés ? Les failles découvertes en début de SEO étaient corrigées en 1 à 2 ans ; avec les LLM, leur durée de vie est beaucoup plus courte. Il faut revenir aux fondamentaux. Les IA répondent de deux manières :
1. **Corpus d'entraînement** : Contenu du web ingéré lors de l'apprentissage du modèle (ex: ChatGPT se base sur du contenu jusqu'à août 2025). Google utilise les mêmes critères antispam pour son corpus.
2. **Web en direct** : Pour les questions d'actualité, produits, recommandations locales (environ 50% des requêtes). Toutes les IA utilisent Google pour leurs recherches live.
Les facteurs d'une bonne mention dans les LLM incluent :
* **Contenu crawlable** : La mention doit être accessible aux LLM. RocketLinks a ajouté une coche verte pour les médias crawlables par ChatGPT et Gemini.
* **MMR (Maximal Marginal Relevance)** : Être mentionné dans des articles traitant le sujet sous des angles différents, pour éviter que des contenus similaires ne comptent qu'une seule fois.
* **RRF (Reciprocal Rank Fusion)** : Favorise les sites souvent dans le top 5, même s'ils ne sont pas systématiquement premiers, comme les sites d'autorité qui se positionnent bien sur plusieurs requêtes.
* **STS (Strategic Texting)** : Intégrer dans le contenu des éléments optimisés pour que le LLM favorise leur intégration dans ses réponses. Cela revient à écrire un peu comme ChatGPT, avec des appels à l'action subtils et non promotionnels.
**Fichiers lms.txt et YouTube :**
L'utilité des fichiers lms.txt (équivalent du robots.txt pour les LLM) est débattue. Ce n'est pas une mauvaise chose, et cela ne coûte rien à déployer, mais ce n'est pas un "game changer" aujourd'hui.
YouTube est un levier fort pour le GEO et le SEO. La production de contenu multiformat (images, schémas, vidéos) est une barrière à l'IA, car la génération de vidéos de qualité reste complexe. L'intégration systématique de vidéos dans les articles améliore le classement Google et donc la valorisation par les LLM. YouTube est également utilisé comme source par les LLM. Cela représente un effort important, récompensé par un avantage certain.
**Checklist pour être bon en GEO :**
1. **Effet Bigfoot** : Maximiser sa présence (YouTube, Wikipédia, etc.).
2. **Audit des données structurées (JSON-LD)** : Vérifier les données structurées, notamment pour l'E-A-T (Expertise, Authoritativeness, Trustworthiness) et pour des figures d'autorité.
3. **Aspects sémantiques** : Couvrir un maximum de requêtes, créer des guides et cocons sémantiques.
4. **Monitoring des prompts** : Observer les réponses des LLM, récupérer et analyser les sources pour identifier les pépites et les stratégies des concurrents.
Pierre ajoute des éléments sur la structuration du contenu : les LLM préfèrent les réponses rapides et en début de page. Créer des encarts de résumé, utiliser des listes à puces et des FAQ permet de faciliter la tâche aux LLM. Attention à ne pas créer trop de pages pour cibler chaque prompt, au risque de s'auto-cannibaliser.
Maxime souligne l'importance des pages informationnelles, même si leur trafic diminue. Elles sont essentielles pour la puissance des pages à forte intention d'achat et pour l'E-A-T, même si elles ne génèrent pas de trafic direct.
**Mesure du ROI et outils :**
La mesure du ROI des LLM est complexe en raison des parcours d'achat non linéaires et du RGPD.
* **Analyse des logs** : Les passages des LLM dans les logs sont une source concrète.
* **Corrélation avec le trafic de marque** : Une augmentation de la visibilité sur les LLM pourrait être corrélée à une hausse du trafic de marque sur Google.
* **Watermark sur les images** : Certains acteurs utilisent des watermarks sur les images servies aux user-agents des LLM pour mesurer les impressions.
Les outils sont imparfaits. L'idéal serait un "AI Overview" dans la Search Console et une "ChatGPT Console". Il faut accepter que tout ne soit pas mesurable, mais une stratégie GEO cohérente devrait entraîner une augmentation des impressions et, indirectement, du trafic.
**Langue et local :**
L'anglais a un avantage certain : les pages en anglais alimentent et influencent les prompts dans toutes les langues. Si l'on doit prioriser l'optimisation de contenu pour le GEO, l'anglais est un bon point de départ. Cependant, il est également pertinent de publier des sources dans d'autres langues, comme le montrent les requêtes voyage.
Pour le local, une fiche Google My Business est impérative. La présence sur les sites de chambres de commerce, agrégateurs, annuaires locaux, et l'utilisation de données structurées sont cruciales. Les LLM vont bien vérifier les fiches My Business et les annuaires pour fournir des informations fiables.
**Autorité (E-A-T) :**
Avoir une figure d'autorité bien identifiée pour une marque ou une entreprise, avec des auteurs sur les articles de blog et des balises JSON-LD pertinentes, est très efficace pour le GEO. C'est un "grand oui", même si ce n'est pas le seul facteur. L'autoring bien fait et bien pensé, avec des sources citant l'autorité, est important. Cela rejoint la notion de "brand" qui est de plus en plus essentielle en SEO.
En conclusion, le GEO est un sujet vaste et en constante évolution. Le bon sens et un bon SEO sont des bases solides pour réussir en GEO. Il y a une stratégie globale et de nombreuses petites actions à mettre en place. Nous vivons une période passionnante pour le search, et il faut rester en mouvement pour s'adapter aux changements rapides.