
Votre corps vous dit : "Aime-toi !" - Dialogue avec Lise Bourbeau
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Lise Bourbeau, auteure du livre "Ton corps dit aime-toi", explique que le corps nous parle constamment, exprimant souvent des choses que nous refusons de voir. Selon elle, ce n'est pas "parfois", mais "presque toujours" que le corps communique. Si nous étions conscients de la cause profonde de nos problèmes et que nous souhaitions les résoudre, le corps n'aurait pas besoin de s'exprimer par des maux physiques.
L'être humain est composé de trois corps : physique, émotionnel et mental. Le corps mental, géré par nos croyances et nos pensées, affecte le corps émotionnel, et tout cela se manifeste dans le corps physique. Ainsi, chaque fois que nous ne sommes pas dans l'amour véritable, envers nous-mêmes ou les autres, notre corps réagit. Avant l'apparition d'un problème de santé physique, il y a souvent des malaises plus subtils, des questions au niveau intellectuel ou émotionnel. Si ces signaux sont ignorés, ils se transforment et se manifestent physiquement. Par exemple, un mal de tête n'est pas seulement dû au surmenage, il y a toujours une cause plus profonde. L'ego joue un rôle en nous empêchant de voir ces causes, car il ne veut pas diminuer.
Lise Bourbeau exprime son admiration pour l'intelligence de la création humaine, mais déplore que notre culture ait oublié les corps émotionnel et mental, se concentrant uniquement sur le physique. Lorsque nous ressentons un malaise ou une maladie, nous cherchons uniquement des causes physiques.
Lise raconte comment elle a découvert cette approche. Travaillant dans la vente et incitée à lire des livres de pensées positives, elle a trouvé un petit livre de Louise Hay, "Heal Your Body", qui associait les malaises physiques à des causes émotionnelles ou mentales. Cette découverte a été une révélation pour elle. Elle a commencé à mettre ces principes en pratique et a fait un rêve prémonitoire où elle se voyait enseigner ces connaissances. Il y a 45 ans, les gens se moquaient d'elle lorsqu'elle suggérait des liens entre les maux physiques et les émotions. Malgré tout, elle a persévéré, créé son école, qui est aujourd'hui la plus grande dans ce domaine.
Elle souligne que nous confondons souvent la cause physique d'un problème avec sa cause émotionnelle. Un mal de tête dû au travail excessif est une explication physique, mais il y a une cause émotionnelle sous-jacente que nous ne voyons pas. Tout part de nos croyances, souvent formées dès les sept premières années de notre vie, à notre insu. Les enfants captent tout ce qui se passe autour d'eux, et c'est là que s'éveillent les croyances sur lesquelles ils travailleront toute leur vie. Ces croyances conditionnent nos réactions émotionnelles, car nos pensées affectent nos émotions.
Nous sommes "handicapés" par cette focalisation sur le corps physique et ses causes. Lise compare cela à un voyant qui s'allume sur un tableau de bord : nous enlevons le voyant sans chercher la vraie raison de la panne. Notre rapport à notre corps est souvent un manque de confiance, le considérant comme extérieur à nous. L'invitation de Lise est à réintégrer notre corps, à le considérer comme un ami qui veut nous aider à comprendre quelque chose.
Lise partage son expérience personnelle. En pleine réussite professionnelle, elle a développé une infection grave à l'œil gauche qui risquait de lui faire perdre la vue. Après 12 jours d'hospitalisation et une attente de six mois pour une greffe de cornée, elle a fait le même rêve prémonitoire où elle enseignait ce qu'elle avait appris. Elle a compris que son œil lui disait : "Quand vas-tu voir ce que tu dois faire ?" Elle a alors pris la décision radicale de quitter son emploi, divorcée avec trois adolescents, pour commencer à enseigner. Elle s'est lourdement endettée, mais était prête à tout. Dans les semaines suivant sa décision, son œil a commencé à guérir, et la cornée s'est refaite d'elle-même. Après deux mois, elle revoyait. Lorsqu'elle a revu le médecin six mois plus tard, celui-ci, ignorant qu'elle avait jeté ses médicaments, a attribué sa guérison à un nouveau traitement. Pour Lise, ce fut un "miracle conscient", une preuve de l'acceptation de soi et de la transformation. Son œil voyait même mieux qu'avant.
Les malaises et maladies nous signalent un manque d'amour de soi. La raison d'être des humains est d'apprendre l'amour véritable. Lise enseigne trois principes : l'acceptation, la responsabilité et l'amour de soi, l'acceptation étant la plus importante. "Accepter", c'est se donner le droit d'être un humain. Depuis l'enfance, nous avons été réprimandés pour avoir osé être nous-mêmes, pour crier, pleurer, ou nous révolter. Nous n'avons pas appris à être ce que nous voulions, mais plutôt ce que les autres attendaient de nous. L'acceptation signifie qu'il n'y a aucune culpabilité. Même si nous faisons quelque chose que nous savons mauvais pour nous, nous pouvons l'accepter et faire face aux conséquences.
Lise explique l'ego comme étant strictement mental, basé sur des jugements de "bien" et de "mal". Dès qu'il y a un jugement, c'est l'ego qui est à l'œuvre, et non notre être profond. Apprendre à s'aimer est simple, mais sa mise en application est difficile car l'ego a pris une place prépondérante. L'ego représente les "petites voix" dans notre tête. La plupart des gens ne sont conscients qu'à environ 10% de ce qui se passe en eux. 90% de nos croyances et pensées sont inconscientes. Le travail de conscientisation proposé par Lise utilise des questions pour aider à découvrir les croyances cachées derrière les malaises et les problèmes relationnels.
Chaque malaise est un "cadeau du ciel" qui nous aide à prendre conscience de quelque chose qui nous fait du mal. En aimant, respectant et admirant notre corps, nous pouvons vivre des transformations profondes. Lise témoigne qu'à son âge, elle n'a aucune maladie et ne prend aucun médicament, ce qui est rare.
Pour utiliser son livre, il faut consulter les blocages émotionnels et mentaux associés à un malaise. Si, au début, cela ne résonne pas, elle suggère de demander l'avis de personnes qui nous connaissent bien. Souvent, les autres voient en nous ce que nous ne voyons pas. Les personnes qui lisent ce genre de livres ou suivent des ateliers ont une partie d'elles qui veut comprendre et aller plus loin que la simple maladie physique.
Prenons l'exemple du mal de dos. Il signifie que l'on prend sur soi une charge (quelqu'un ou quelque chose) que l'on ne devrait pas, souvent par peur, et non par amour. C'est un manque d'amour de soi, ne pas se donner le droit d'être tel que l'on est. Lise distingue le haut du dos (croyances), le milieu (émotions) et le bas (physique). Elle raconte une anecdote où elle s'est blessée au genou (symbole de flexibilité) en se réprimandant mentalement pendant une marche. Dès qu'on comprend le message, la guérison est plus rapide.
L'approche de Lise n'est pas culpabilisante, même si certains peuvent le craindre. Être responsable ne signifie pas être fautif. La responsabilité signifie que cela vient de nous, que tout ce qui nous arrive, de l'intérieur ou de l'extérieur, a toujours commencé en nous. Mais cela ne veut pas dire que c'est de notre faute, car il s'agit souvent de choses inconscientes. Nous sommes responsables, mais pas coupables. La culpabilité est de l'ego, la responsabilité est de l'être.
Lise illustre cela avec une anecdote personnelle. En excès de vitesse, elle est arrêtée par la police. Au lieu de se culpabiliser, elle accepte sa responsabilité. Le policier, étonné de son calme, lui donne finalement une amende réduite. Cette acceptation lui a permis d'être en paix avec la situation.
S'aimer, ce n'est pas s'aimer parce qu'on est parfait. Il est impossible d'être parfait selon les normes de chacun. L'enjeu est de se donner le droit d'être ce que l'on est. Le paradoxe est que nous devons accepter ce que nous sommes avant de pouvoir être ce que nous voulons. L'acceptation n'est pas de la passivité, mais la voie de la transformation. Cela doit être vécu pour être cru, car l'intellect ne peut pas toujours le comprendre.
La notion de responsabilité peut être effrayante face à une maladie grave comme le cancer. Lise reconnaît la difficulté d'intégrer cette idée, mais insiste sur son importance pour le bonheur et l'amour véritable. On ne peut pas aimer véritablement si on ne prend pas sa responsabilité, et on ne peut pas accepter si on n'est pas responsable. Il faut parfois des années pour l'intégrer. Si un symptôme revient, mais moins fort, cela signifie qu'une partie du message a été comprise. Respecter son corps, c'est l'aimer et lui être reconnaissant. Lise remercie son corps chaque soir pour son endurance et sa bonne santé.
Le pardon est une clé pour l'amour de soi et la responsabilité. Se pardonner, c'est s'accepter, se donner le droit d'être imparfait. Au lieu de s'accuser d'avoir "perdu les pédales", on observe, on reconnaît, et on accepte que c'était ainsi à ce moment-là. Cela demande de l'honnêteté. Les personnes qui suivent sa formation connaissent des transformations radicales, non seulement pour elles-mêmes, mais aussi dans leurs relations avec les autres, sans même avoir besoin d'en parler.
Le livre de Lise n'est pas un simple dictionnaire, mais une invitation à chacun de vérifier si cette approche l'aide à découvrir ce qu'il ne voyait pas et à s'aimer davantage. Le message spirituel est d'apprendre à s'accepter dans la vérité découverte, même si elle n'est pas toujours agréable. Cela demande de l'humilité. Plus nos relations avec nous-mêmes sont bonnes, meilleures sont nos relations avec tout ce qui nous entoure. Il ne s'agit pas de jugements, mais d'invitations à un travail sur soi.
L'ego est si puissant parce que nous lui avons laissé toute la place. Il entretient des croyances et ne peut pas voir au-delà. C'est en cessant de croire à ces croyances que l'ego diminue. L'ego nous piège en nous faisant croire qu'il nous rendra heureux, alors qu'il nous rend malheureux. S'aimer, au contraire, nous rend heureux.
Lise conclut en soulignant que le but de ses livres n'est pas seulement de comprendre les malaises, mais d'apprendre à s'aimer. Écouter son corps est un moyen concret et infaillible d'apprendre à s'aimer, car le corps ne triche pas. Il nous révèle les parties de nous-mêmes que nous rejetons. S'aimer, c'est s'aimer dans toutes les sphères, se donner le droit d'être tel que l'on est, même sans être "parfait". L'ego s'oppose à cette acceptation, préférant attribuer la maladie à des causes externes. Mais en écoutant l'ego, on s'attire des personnes qui renforcent ces mêmes croyances. L'ego fait parfaitement son travail d'entretenir les croyances qu'il a apprises, mais c'est à nous de choisir de ne plus y croire pour qu'il diminue.