
J’ai essayé le MacBook Pro tactile : peut-il réussir là où Windows a échoué ?
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En 2010, Steve Jobs jugeait les écrans tactiles sur ordinateurs portables "ergonomiquement terribles", une aberration inconfortable et inutile. Or, nous sommes le 28 octobre 2026, et Apple vient de lancer son premier MacBook avec écran tactile. Comment expliquer ce revirement ?
Apple affirme qu'il ne s'agit pas d'un revirement. L'entreprise maintient que les propos de Jobs en 2010 sont toujours valables en 2026, tout en reconnaissant que le tactile est désormais une possibilité technologique qu'il serait dommage de ne pas intégrer. Le tactile sur Mac n'est pas destiné à remplacer le trackpad et le clavier ; plus de 90% des interactions continueront de se faire via ces derniers. Apple cible avant tout les créatifs, pour qui le tactile offre des avantages dans des tâches spécifiques. Par exemple, des réalisateurs d'effets spéciaux ou des producteurs de musique peuvent manipuler des éléments plus rapidement et intuitivement avec leurs doigts. Pour le grand public, les usages se limiteront probablement à faire défiler des pages web ou à zoomer sur des photos.
Au niveau matériel, ce nouveau MacBook Pro conserve la qualité de finition habituelle d'Apple. Cependant, les ajustements logiciels pour le tactile sont minimes. Au lieu d'une interface entièrement repensée, on trouve quelques gestes : un glissement vers le bas pour le Dock, vers le haut pour Siri, et des gestes pour activer le multitâche. Un ajustement notable est l'élargissement de l'espace entre les options dans les listes en mode tactile pour éviter les erreurs de sélection. Malgré ces adaptations, l'expérience tactile reste parfois maladroite, avec des éléments trop petits à toucher, ramenant souvent à l'utilisation de la souris. Après une première prise en main, l'auteur avoue ne pas ressentir l'envie d'utiliser l'écran tactile.
Apple met en avant la technologie OLED de l'écran, qui offre une luminosité et des couleurs exceptionnelles, le positionnant potentiellement comme l'ordinateur portable avec l'écran OLED le plus lumineux du marché. Les bordures de l'écran sont plus fines, et les coins arrondis. La Dynamic Island remplace l'encoche, intégrant la caméra frontale de manière discrète et permettant l'affichage de widgets, à l'instar de l'iPhone et de l'iPad. L'auteur se demande quelle sera l'implication des développeurs pour exploiter au mieux cette nouvelle fonctionnalité, imaginant des usages comme l'affichage d'une exportation de Final Cut en temps réel.
Le design du MacBook Pro, malgré un poids réduit, évolue peu, contrastant avec les changements majeurs des générations précédentes. Le retour de la pomme brillante, désormais lumineuse et adaptable à la luminosité ambiante, est un détail apprécié, apportant un style familier et apprécié. Dans les réglages d'accessibilité, il est possible de désactiver l'écran tactile, et un nouveau mode pour les malvoyants permet un zoom en temps réel, ce qui pourrait constituer un usage pertinent du tactile.
Cependant, plusieurs absents notables suscitent des interrogations : l'absence de 5G, alors que l'iPad en est équipé, et l'absence de support de l'Apple Pencil, qui aurait pu justifier davantage l'intégration du tactile pour des usages créatifs.
La décision d'Apple de se lancer dans le tactile, malgré les échecs passés de cette technologie sur le marché des PC, s'explique en partie par l'opportunité technologique. Les fournisseurs d'écrans OLED proposent désormais des dalles tactiles intégrées, rendant son ajout quasi naturel. De plus, Apple reconnaît que les usages ont évolué, avec une génération ayant grandi avec des écrans tactiles, rendant un refus idéologique peu pertinent. Ils cherchent à répondre à cette évolution, tout en maintenant que le tactile ne sera pas l'interaction principale.
L'auteur soulève la question de la pertinence de cette fonction, n'étant pas totalement convaincu par son utilité immédiate. Bien qu'Apple ait cherché à atténuer certains défauts du tactile, comme la désactivation automatique lors du déplacement de l'écran, ou à exploiter l'écosystème d'applications iPhone/iPad, les usages concrets restent limités. La signature de PDF est citée comme un exemple où le tactile pourrait être pratique, transformant l'écran en un grand trackpad. Toutefois, la fragilité de l'écran et la nécessité de le nettoyer fréquemment sont des points négatifs.
Le marché des PC tactiles a historiquement été un échec, avec des projections optimistes de Microsoft en 2001 et 2017 qui ne se sont pas concrétisées. Apple espère réussir là où d'autres ont échoué grâce à sa communauté de développeurs et de créatifs, et en se concentrant sur des détails ergonomiques. Cependant, le risque est que le tactile devienne une fonctionnalité marginale, à l'instar de la Touch Bar, peu utilisée et abandonnée par les développeurs.
L'avenir de la synergie entre iPadOS et macOS reste incertain, bien qu'Apple maintienne qu'ils ne fusionneront pas les deux systèmes. La possibilité que le tactile sur Mac soit une option professionnelle et non étendue à tous les modèles est évoquée, bien que l'argument de la nouvelle génération habituée au tactile suggère une diffusion plus large à terme.
En conclusion, la véritable nouveauté de ce MacBook Pro réside dans son écran OLED et le retour de la pomme lumineuse, plutôt que dans l'écran tactile. Les critiques initiales suggèrent qu'Apple a peut-être manqué la cible dans la forme, en mettant en avant des usages qui rappellent les critiques passées de Steve Jobs. L'auteur exprime un scepticisme quant à l'adoption généralisée du tactile, craignant qu'il ne devienne une fonction peu utilisée. Il attend avec impatience un test approfondi pour voir si son ressenti évoluera, et si le tactile parviendra à s'imposer face au trackpad et au clavier. La question de l'adoption par les développeurs reste cruciale pour le succès de cette nouvelle fonctionnalité.