
Saylor envisage de vendre les BTC de Strategy, est-ce déjà la fin des Tresaury Companies ?
AI Summary
Le live du jour aborde plusieurs sujets d'actualité, notamment l'annonce de Michael Saylor concernant une potentielle vente de Bitcoin par MicroStrategy, les arnaques aux appels silencieux, l'avenir du Bitcoin et d'Ethereum, ainsi que des questions géopolitiques et de surveillance.
Concernant MicroStrategy et Michael Saylor, une annonce a créé la surprise : Saylor envisage de vendre du Bitcoin. Cette nouvelle est d'autant plus marquante que Saylor a toujours clamé ne jamais vendre ses BTC. L'entreprise, MicroStrategy, a commencé à acheter du Bitcoin en 2020, devenant un moyen intéressant pour les institutions de s'exposer au BTC avant l'arrivée des ETF. Cependant, cette stratégie a eu un coût. Depuis décembre 2020, le nombre d'actions de classe A de MicroStrategy a été multiplié par plus de quatre, créant une inflation sur l'action.
Saylor a maintenu pendant des années une position d'achat exclusif, mais la réalité financière rattrape l'entreprise. L'activité historique de MicroStrategy, la vente de logiciels d'entreprise, génère environ 110 à 120 millions de dollars de chiffre d'affaires par trimestre. Ce montant est insuffisant pour financer les achats massifs de Bitcoin. Pour compenser, MicroStrategy a eu recours à l'émission de nouvelles actions et d'actions préférentielles, comme les STRC, qui offrent des dividendes élevés (11,5% par an). Le problème est que le poids de cette dette augmente constamment. Les dividendes annuels des STRC représentent plus de 980 millions de dollars, soit plus du double du chiffre d'affaires annuel de l'entreprise.
Cette situation rend la structure financière de MicroStrategy très fragile et dépendante du prix du Bitcoin. Si le marché cesse de prêter de l'argent ou si le prix du Bitcoin baisse, l'entreprise se retrouvera dans une impasse. L'idée que Saylor puisse vendre du Bitcoin, même s'il s'agit d'une petite partie (10-15%), n'est pas déraisonnable au vu des contraintes financières. Un milliard de dollars de dette équivaut à environ 13 000 à 14 000 BTC. Le prix moyen d'achat de MicroStrategy est d'environ 76 000 dollars, les plaçant en léger bénéfice actuellement. L'intérêt de cette stratégie est discutable d'un point de vue "bitcoiner" pur, car elle va à l'encontre des principes de décentralisation et d'absence d'intermédiaires du Bitcoin. Cependant, d'un point de vue purement financier, avant l'arrivée des ETF Bitcoin, c'était une option pour les investisseurs institutionnels.
Un point important soulevé est que Saylor a souvent critiqué le système Fiat et les gouvernements pour leur gestion de la dette, alors que sa propre stratégie repose sur un endettement croissant. Sa position publique contre la self-custody et l'open source est également en contradiction avec les valeurs fondamentales du Bitcoin. La faillite de MicroStrategy et la liquidation de ses 800 000 BTC auraient un impact majeur sur le marché, provoquant potentiellement un bear market de plusieurs années.
En ce qui concerne le marché crypto en général, la hausse récente du Bitcoin est perçue avec scepticisme. Sans actualité majeure pour la justifier, beaucoup pensent qu'il s'agit d'un faux mouvement et s'attendent à une correction avant l'été.
Le deuxième sujet abordé concerne les arnaques aux appels silencieux. Il s'agit d'appels où personne ne parle après avoir décroché, puis raccroche. L'objectif de ces appels est de collecter des données vocales pour créer des "voicefakes" grâce à l'IA. Ces voix synthétiques peuvent ensuite être utilisées pour arnaquer des proches ou des clients de banques, en se faisant passer pour la personne dont la voix a été usurpée. Ce type d'arnaque est également utilisé dans le milieu crypto où les gains potentiels sont élevés. La meilleure prévention est de raccrocher si personne ne parle après avoir décroché, ou de ne pas répondre aux numéros inconnus.
Le live discute ensuite de l'avenir du Bitcoin et des cryptomonnaies. Certains estiment que Bitcoin n'offrira plus les mêmes rendements (x10, x100) à l'avenir en raison de sa moindre volatilité. Cependant, Bitcoin reste l'actif le plus performant sur les dix dernières années. Pour un x10 rapide sur Bitcoin, il faudrait un choc de liquidité majeur, comme des États achetant en masse.
L'inflation d'Ethereum (ETH) est également un sujet de discussion. Malgré les promesses de "Ultra Sound Money" et de déflation après The Merge, les chiffres montrent une inflation annuelle de 0,26%. La création de nouveaux ETH dépasse le burn, ce qui contredit l'idée de déflation. Le "flippening", un graphique montrant la capitalisation d'Ethereum dépassant celle de Bitcoin, n'est plus aussi mis en avant. L'ETH, bien que le réseau Ethereum soit techniquement intéressant, est jugé moins pertinent à détenir car il ne capte pas de valeur. Le staking d'ETH, avec des récompenses faibles et un nombre croissant d'ETH stakés (près de 40 millions), devient moins attractif.
Un risque majeur pour Ethereum est la centralisation du staking. Les émetteurs d'ETF détiennent déjà près de 20 millions d'ETH, et si tous les ETF commençaient à staker, ils contrôleraient un tiers des ETH stakés. De plus, la majorité des acteurs du staking, y compris les tiers de confiance, sont basés aux États-Unis ou dans des pays alliés, et utilisent souvent Coinbase. Cela crée un risque de censure et de contrôle de la chaîne par les régulateurs américains, pouvant mener à un fork où une chaîne serait compatible OFAC (Office of Foreign Assets Control) et l'autre, décentralisée, perdrait ses utilisateurs et ses stablecoins.
En comparaison, le Proof of Work de Bitcoin offre une meilleure résistance à la censure. Même si des mineurs ont temporairement filtré des transactions par le passé, la pression des autres mineurs et l'incitation financière à inclure les transactions les plus rémunératrices ont rapidement fait retirer ces filtres.
Le sujet de la régulation en Europe et la potentielle interdiction des VPN est brièvement abordé. Pour l'instant, il n'y a rien de concret, mais des discussions autour de la vérification d'âge pourraient impacter l'utilisation des VPN. Les intervenants soulignent l'importance de la protection des données et de la vie privée face à la surveillance de masse et à la censure des opinions, notamment pour les défenseurs du Bitcoin.
Enfin, une faille de Bitcoin Core (version 28) est mentionnée, rappelant l'importance de mettre à jour les nœuds. Un cas cocasse concernant Arbitrum est également évoqué : 30 000 ETH volés par un hacker ont été gelés, et un cabinet d'avocats américain a demandé leur saisie pour indemniser des victimes de la Corée du Nord, considérant ces ETH comme des biens nord-coréens. L'affaire est en cours et soulève des questions sur la propriété des fonds volés.
Le live se conclut sur l'importance de la décentralisation, de la self-custody et de la protection contre l'ingérence étatique, des valeurs fondamentales pour les bitcoiners.