
Ces 3 entreprises contrôlent toute la tech (et vous leur donnez tout votre argent)
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Le 25 juin 2026, Apple a augmenté les prix de la plupart de ses produits, notamment les MacBook, iPad et Mac Mini, à l'exception des iPhone, Apple Watch et AirPods. Quelques heures plus tard, Microsoft a fait de même avec les Xbox, augmentant les prix des modèles de 512 Go et 1 To, et retirant la version 2 To du catalogue. Cette hausse simultanée par deux géants de la tech n'est pas un simple hasard, mais le symptôme d'un problème plus profond : la flambée du prix de la DRAM (mémoire vive).
Actuellement, les PC, smartphones, consoles et serveurs se disputent le même composant crucial, la RAM, dont le prix augmente de manière anormale depuis des mois. Même Apple et Microsoft, connus pour leurs excellents contrats de composants et leur capacité à absorber les hausses, répercutent désormais les coûts sur leurs clients.
Bien que la demande croissante pour l'IA soit une raison majeure, elle n'est pas la seule. Pendant qu'Apple et Microsoft augmentent leurs prix, les fabricants de mémoire, comme Samsung, Skynix et Micron, annoncent des résultats financiers historiques. Apple, habituellement bien protégée grâce à ses volumes de commande massifs, ses contrats anticipés et son positionnement premium, n'a pas pu éviter cette hausse, même avec l'intégration unique de sa mémoire unifiée sur les puces Apple Silicon. Tim Cook avait déjà alerté le Wall Street Journal sur l'augmentation "insoutenable" des prix de la mémoire et du stockage.
Chez Microsoft, le coût de la mémoire et du stockage pour les consoles a déjà été multiplié par 2,5 et devrait doubler d'ici l'automne 2027. Ce problème affecte toute l'industrie du jeu vidéo, Sony ayant déjà augmenté le prix de la PS5 et la Switch 2 étant attendue à près de 500 euros.
Le point commun entre ces entreprises est qu'aucune ne fabrique sa propre mémoire. Elles l'achètent auprès d'une poignée de fournisseurs : Samsung, Skynix et Micron, qui contrôlent environ 90 % du marché mondial de la DRAM. Ces trois entreprises publient des chiffres d'affaires et des marges record. Micron, par exemple, a multiplié son chiffre d'affaires trimestriel par plus de quatre en un an, atteignant une marge brute ajustée de près de 85 %. Samsung a vu sa division Device Solutions, incluant la mémoire, générer 56 milliards de dollars de chiffre d'affaires et 36 milliards de bénéfices opérationnels au premier trimestre 2026, principalement grâce à la demande en puces pour l'IA, notamment la HBM (High Bandwidth Memory).
La HBM est une forme de DRAM empilée verticalement, plus complexe à produire mais offrant une bande passante essentielle pour les serveurs d'IA. La production de HBM mobilise des ressources (wafers, équipements spécialisés, packaging avancé) qui ne peuvent pas être utilisées simultanément pour la DRAM classique. Les fabricants privilégient la HBM, plus lucrative, au détriment de la mémoire pour PC et consoles, car les entreprises d'IA sont prêtes à payer beaucoup plus cher et à s'engager sur plusieurs années.
Cette situation a conduit à une action collective déposée le 25 juin contre Samsung, Skynix et Micron devant un tribunal fédéral californien. Des consommateurs et petites entreprises les accusent d'avoir coordonné une réduction de l'offre de DRAM classique pour faire monter les prix, en déviant les capacités vers la HBM. Bien que ces accusations ne soient pas encore prouvées, le contexte de profits records des fabricants de mémoire et de hausses de prix généralisées rend l'affaire explosive.
Même Apple, agacée par cette pénurie, aurait fait pression sur la Maison Blanche pour obtenir l'autorisation d'acheter de la mémoire auprès de CXMT, un fabricant chinois sur liste noire du Pentagone, afin de desserrer la pression sur ses produits. Cela soulève la question de la dépendance future des fabricants occidentaux envers les acteurs chinois pour la mémoire classique.
Construire de nouvelles usines de mémoire coûte des milliards de dollars et prend des années, d'autant que la production des équipements les plus avancés, comme les machines de lithographie EUV d'ASML, est également limitée. Les nouvelles capacités de production se dirigeront probablement vers les serveurs d'IA, là où les marges sont les plus fortes, plutôt que vers les PC grand public.
En somme, l'IA ne fait pas seulement augmenter les prix par sa consommation de puissance de calcul, mais aussi en aspirant la RAM, un composant discret mais indispensable. La production de RAM est contrôlée par une poignée d'entreprises, qui dépendent elles-mêmes d'un nombre encore plus restreint de fournisseurs d'équipements. Cette course à la production de mémoire enrichit toute la chaîne d'approvisionnement. La crise est réelle, les coûts explosent, les prix montent, mais elle est extrêmement rentable pour ceux qui contrôlent la capacité de production, posant la question de savoir qui décide de ce qui est produit, qui peut payer, et qui g