
I Went To Austria To Meet The TALLEST Mozart Expert
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Ce voyage en Autriche, axé sur la vie et l'œuvre de Wolfgang Amadeus Mozart, commence à Salzbourg, ville natale du compositeur. Le narrateur, Rick Bato, exprime son admiration pour la beauté artistique intemporelle de Mozart, née dans un monde où le confort et la sécurité étaient loin d'être garantis. La visite de la maison natale de Mozart, un bâtiment préservé dans son état d'origine depuis que la Fondation Mozart en est propriétaire en 1881, offre un aperçu intime de la vie familiale.
Au sein de l'ancien appartement des Mozart, Lionus Clumpner, PDG de la Fondation Mozart et directeur des musées Mozart, partage des détails fascinants. La pièce centrale, le salon, était le cœur de l'appartement où la famille vivait, travaillait et pratiquait la musique. C'est dans cette pièce que le talent exceptionnel de Mozart aurait été découvert. L'histoire raconte que le père de Mozart, Leopold, compositeur à la cour de l'archevêque, pratiquait avec des collègues lorsque le jeune Wolfgang insistait pour jouer du piano. Après avoir été d'abord repoussé, Mozart a stupéfié les musiciens en répétant sans faute ce qu'il venait d'entendre. Leopold, lui-même professeur de violon et auteur d'une célèbre méthode, a immédiatement reconnu le génie de son fils et a commencé à lui donner des leçons.
À l'âge de cinq ans, Mozart apprenait des pièces complexes. Un livre de partitions original, destiné à sa sœur Maria Anna, également pianiste talentueuse, contient de petites notes de Leopold documentant précisément les progrès de Wolfgang. Ces notes, datant de janvier 1766, témoignent de la rapidité avec laquelle Mozart assimilait de nouvelles musiques, apprenant une pièce en une demi-heure la veille de son anniversaire. Les premières compositions de Mozart remontent à 1760-1761, lorsqu'il avait cinq ou six ans.
Lionus Clumpner explique ensuite le système de catalogage "K" utilisé pour identifier les œuvres de Mozart. Ce système, initié par Ludwig von Köchel, catalogue initialement 624 œuvres. Les publications plus récentes, comme celle de 2024, répertorient jusqu'à 1738 numéros, incluant des découvertes et des œuvres réattribuées ou retirées après vérification. Ce catalogue est essentiel pour les musiciens afin d'identifier précisément une pièce, étant donné qu'il existe, par exemple, plusieurs sonates en ut mineur.
Il est révélé qu'environ trois douzaines, voire une cinquantaine, de pièces de Mozart sont encore inconnues. Leur existence est attestée par sa correspondance, où il mentionne composer des œuvres pour orgue, par exemple. Ces pièces pourraient être perdues, potentiellement cachées dans des greniers. L'appréciation de Mozart était telle que même de minuscules fragments de son écriture étaient précieusement conservés.
La question de la reconnaissance du génie de Mozart est abordée. Bien que de nombreux enfants prodiges voyageaient à l'époque pour se produire dans les cours royales, le talent de Mozart dépassait tout. Un voyage particulièrement marquant fut celui de Leopold et Wolfgang en Italie, de 1769 à 1771. L'objectif était de faire de Mozart un compositeur accompli, et non plus seulement un enfant prodige. Ce voyage fut un succès retentissant. Mozart rencontra d'autres compositeurs, fréquenta les opéras et les concerts. À seulement 14 ans, il fut nommé membre de l'Académie de Bologne et de Vérone, honneurs généralement réservés aux personnes âgées. Plus impressionnant encore, il signa un contrat avec l'opéra de Milan pour son opéra "Lucio Silla", une prouesse exceptionnelle pour un si jeune compositeur.
Les voyages de l'époque étaient extrêmement difficiles. Le Saint-Empire romain germanique était composé de nombreux petits États, obligeant à changer de monnaie à chaque frontière. Les déplacements se faisaient en diligence, limitant la distance parcourue à environ 50 kilomètres par jour. Un trajet de Salzbourg à Munich, aujourd'hui une heure en voiture, prenait deux jours. Pour des voyages plus longs, comme celui vers Londres, la famille Mozart bénéficiait du soutien de la famille Hagenauer, des marchands ayant de bonnes connexions en Europe, qui aidaient à organiser les étapes, les changements de chevaux et les hébergements. La sécurité était également une préoccupation majeure, les stations de poste n'étant pas toujours sûres et les risques de brigandage élevés.
Malgré ces contraintes, la pratique musicale ne cessait pas. Les Mozart emportaient un petit instrument portable, le clavicorde, dont la technique simple et le son doux étaient parfaits pour les voyages. Ce petit instrument permettait de pratiquer, même dans les auberges. Les enfants jouaient aussi, écrivaient des poèmes et des jeux.
Normalement, les jeunes restaient chez leurs parents jusqu'au mariage. Pour Mozart, la situation fut différente. Après son retour de Vienne, il était peu enthousiaste à l'idée de rester à Salzbourg. Son expérience dans le monde de l'opéra l'avait marqué, et il souhaitait se concentrer sur la composition d'opéras. Cependant, à Salzbourg, il n'y avait pas de demande pour ce genre, l'archevêque commandant principalement des œuvres pour les services religieux et n'y ayant même pas de théâtre.
Un voyage tragique marqua cette période : sa mère décéda à Paris. Les tentatives de Mozart de trouver un poste à la cour à Paris, Mannheim ou Munich échouèrent. Il retourna à Salzbourg, y resta jusqu'en 1781, puis décida de s'installer à Vienne. Son œuvre prit alors une nouvelle dimension avec le cycle des opéras, puis, plus tard, des œuvres majeures comme le Requiem et La Flûte Enchantée.
Sur les murs, sont exposés des portraits de la famille Mozart : Leopold, Anna Maria, et les deux enfants. Ces portraits, peints pour projeter une image aristocratique, reflètent le désir de Leopold de s'intégrer aux milieux qu'ils fréquentaient lors de leurs voyages. Les portraits des enfants, commandés après leur rencontre avec l'impératrice Marie-Thérèse, furent réalisés par Petro Antonio Lorenzoni. Leopold, bien que compositeur, eut du mal à trouver des peintres locaux de qualité à Salzbourg, ce qui explique le recours à cet artiste italien. Lorenzoni peignit Leopold, Anna Maria et les enfants. La qualité du portrait de la mère est particulièrement remarquable, suggérant une collaboration avec son atelier. Les mains, souvent difficiles à peindre, sont dissimulées ou rendues avec une précision remarquable.
Leopold Mozart était employé par deux archevêques de Salzbourg. Le premier, Schrattenbach, était généreux, payant la moitié de son salaire même pendant les voyages et fournissant une petite bourse. Le second, Colloredo, apparaît dans le film "Amadeus". Il payait Leopold, mais exigeait sa présence constante à Salzbourg. L'expérience de Mozart à Vienne fut une révélation, contrastant avec la réaction de Salzbourg. C'est à ce moment qu'il décida de quitter son poste pour devenir musicien indépendant, une situation inhabituelle pour l'époque. Bien qu'il ait reçu un titre honorifique et un petit salaire de l'empereur pour le garder à Vienne, il ne travaillait pas pour la cour, composant librement ce qui lui venait à l'esprit.
Pour vivre, Mozart devait donner des leçons et donner des concerts. Pendant la composition de ses opéras, il n'avait pas le temps pour ces activités, ce qui entraînait des difficultés financières. Il a dû déménager à plusieurs reprises à Vienne, changeant de logement treize fois en dix ans. Il était très attaché à son piano-forte, le transportant fréquemment. Son père Leopold, lors d'une visite, se plaignait de l'atmosphère animée et bruyante chez son fils, et surtout de la logistique des déménagements de son instrument. Mozart était très sélectif quant à ses instruments, préférant ceux du facteur Anton Walter.
Concernant l'accordage des pianos, il est difficile de connaître la référence exacte. Mozart accordait lui-même son instrument à l'aide d'une petite clé. Les pianos de l'époque, étant en bois et sans cadre métallique, nécessitaient un accordage fréquent, surtout en hiver. Le chauffage des maisons se faisait par des poêles, souvent chauffant une seule pièce à la fois. Les portes des poêles étaient souvent situées dans le couloir pour des raisons de sécurité.
La maison natale de Mozart à Salzbourg est remarquablement préservée, avec ses sols en chêne, ses portes et ses fenêtres d'origine. Malgré le froid hivernal, sans chauffage central, et le flux constant de plus d'un demi-million de visiteurs annuels, le bâtiment conserve son authenticité. Des expositions spéciales sont difficiles à organiser en raison de la fragilité du lieu.
Une copie du K1, première composition de Mozart, est exposée, ainsi que d'autres notes de Leopold documentant les apprentissages de son fils. La Fondation Mozart possède également 800 lettres de la famille, offrant un aperçu précieux de leur vie quotidienne. La famille Mozart a vécu dans cette maison de 1747 jusqu'en 1773, avant de déménager dans la "Résidence Mozart", un appartement plus spacieux avec une petite salle de concert.
Wolfgang Mozart n'a jamais rencontré Ludwig van Beethoven. Beethoven s'était rendu à Vienne dans l'espoir de prendre des leçons auprès de Mozart, mais ce dernier est décédé avant qu'ils ne puissent se rencontrer. Beethoven est resté à Vienne.
Concernant la mort de Mozart, les théories d'empoisonnement sont réfutées. Il a souffert de maladies tout au long de sa vie, y compris la variole dans son enfance. Il travaillait intensivement, même dans les dernières années de sa vie, composant le Requiem et La Flûte Enchantée simultanément. Il avait besoin de compagnie pour composer, et sa femme Constance était en cure pour une maladie pulmonaire. Il travaillait souvent dans des cafés pour trouver l'inspiration. Les circonstances de sa mort, potentiellement une pneumonie non traitée et les pratiques médicales de l'époque comme la saignée, ont contribué à son décès.
La Flûte Enchantée marque un tournant dans sa carrière, avec un livret en allemand, ouvrant l'opéra à un public plus large. La première a eu lieu dans un théâtre en dehors du centre de Vienne, le "Theater auf der Wieden", dirigé par Emanuel Schikaneder, le librettiste. Mozart cherchait à démocratiser le monde de l'opéra. Il était également devenu franc-maçon, partageant les idéaux des Lumières d'ouvrir l'éducation et la science à tous.
La chambre à coucher, qui est aussi la chambre de naissance, est particulièrement importante. Mozart y est né le 27 janvier à 20h30, comme l'atteste une lettre de son père à son éditeur. C'était également le lieu de naissance des sept enfants de la famille Mozart, dont seulement deux ont survécu, ce qui était courant à l'époque en raison des maladies, du froid et du manque d'hygiène.
Le premier instrument de Mozart, un violon de taille quart, fabriqué par Andreas Ferdinand Mayer, est exposé. La Fondation Mozart possède six de ses instruments, dont des violons et des clavicordes, ainsi que des pianos-fortes. Mozart composait souvent pour des amis, comme la Symphonie Haffner, commandée par Sigismond Haffner à l'occasion de son titre de noblesse.
Il est précisé que Mozart composait constamment. Contrairement à l'idée reçue qu'il était forcé par son père, c'est plutôt l'inverse : il fallait le forcer à arrêter de composer. Des témoignages de son enfance décrivent comment il fallait l'accompagner en musique au lit. Il s'intéressait aussi aux mathématiques et à la géographie.
Le film "Amadeus" est considéré comme historiquement très fidèle, à