
Chine–USA : le sommet au cœur de la bataille pour l’IA et les terres rares #octogone93
Audio Summary
AI Summary
Bienvenue à cet Octogone. La première réflexion porte sur les alignements, un concept mathématique illustré par le théorème du reste chinois. Les périodes des planètes du système solaire étant premières entre elles, un alignement complet de toutes les planètes ne se produira jamais, pas même sur des échelles de temps dépassant l'âge de l'univers. Cette propriété mathématique, loin d'être un hasard, est cruciale pour la stabilité des systèmes planétaires. Les systèmes où les orbites ne sont pas premières sont intrinsèquement instables et tendent à l'explosion ou à la collision. Par extension, le nombre d'or, connu pour son irrationalité maximale, joue un rôle similaire dans la nature, notamment dans la phyllotaxie des plantes. Sa structure mathématique minimise le recouvrement des feuilles, optimisant ainsi l'exposition au soleil et la capture des nutriments, maximisant le rendement de chaque feuille comme un panneau solaire. Cette propriété est liée au concept mathématique de densité dans un cercle pour les difféomorphismes avec des rotations irrationnelles.
Cette réflexion sur les alignements ouvre la voie à la présentation de "Stigmy", un système de stigmergie inspiré par l'idée de "brins" ou de collections de contenu pertinent, comme les dépêches présentées dans cet Octogone. Une partie de ces dépêches sera publique, l'autre réservée aux abonnés. Cette méthode de curation s'appuie sur les "super pouvoirs" du HTML, sujet d'une nouvelle masterclass avec Philippe Bellassen. Le HTML permet notamment le prototypage rapide d'applications web, une tendance qui revient en force grâce à l'absence de passage par les App Stores. Le prototypage en HTML est une bonne pratique, et la masterclass, initialement prévue pour le 28, a été reportée au 30 en raison d'un engagement de Philippe Bellassen à New York pour une fusion-acquisition.
La première dépêche concerne les négociations entre la Chine et les États-Unis sur l'intelligence artificielle (IA) et les terres rares, à l'approche du sommet Trump-Xi. Les discussions visent à établir des garde-fous communs pour l'IA et à réguler le flux de minerais critiques. Les États-Unis cherchent à ralentir la course effrénée au développement de modèles d'IA, jugée insoutenable. Paradoxalement, les modèles chinois gagnent du terrain aux États-Unis en raison de leur coût, soulignant une interdépendance persistante malgré la rivalité technologique. La prolongation de la trêve tarifaire est également à l'ordre du jour. Cette situation contraste avec la situation économique américaine, notamment le marché immobilier qui traverse une crise catastrophique, comme en témoignent les recherches record sur "je n'arrive pas à vendre ma maison". L'IA contribue également à cette situation, permettant à quiconque de programmer des routines avec des bots, ce qui pourrait être le sujet d'une future masterclass sur l'agentique. Le potentiel de Grokbot, une interface d'IA améliorée, est également évoqué. Par ailleurs, à l'approche du halving du Bitcoin, une masterclass sur la gestion conservatrice de wallets crypto est envisagée, soulignant l'intérêt de conserver de la trésorerie en Bitcoin pour lutter contre l'inflation. Le contexte géopolitique suggère également un possible désengagement américain de Taïwan, ce qui pourrait paradoxalement mener à une réunification plus douce avec la Chine.
La deuxième dépêche traite d'un accord sur la présence militaire américaine accrue au Groenland. Washington renforce son ancrage dans l'Arctique, une région stratégique pour le contrôle des routes maritimes et l'accès aux ressources minières, notamment face à la Russie et à la Chine. La Russie dispose d'une flotte de brise-glace nucléaires, lui conférant un avantage significatif dans la région.
Ensuite, la Chine propose de nouveaux cadres économiques et technologiques au sein des BRICS, plaçant l'IA au cœur de la coopération. Ce leadership chinois dans l'IA est notable, alors que l'Inde, malgré son potentiel, ne dispose pas encore de modèles d'IA comparables, principalement en raison du coût élevé d'entraînement de ces modèles pour les multinationales indiennes. Les BRICS aspirent à devenir une plateforme de coopération économique concrète, avec des zones économiques spéciales, un forum sur le commerce de services et une zone dédiée à l'IA. Cette initiative est perçue par certains comme le début d'un impérialisme technologique chinois. Le sommet a également débouché sur une position commune contre le protectionnisme et les sanctions économiques, bien que leur efficacité soit nuancée par des décisions judiciaires comme celles de la Cour suprême américaine concernant les droits de douane. L'héritage d'Andrew Jackson et son influence sur la politique de Donald Trump sont également mentionnés.
La quatrième dépêche aborde la guerre au Soudan, où le Secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, accuse des acteurs étrangers de prolonger le conflit en fournissant des armes. Il appelle à tenir ces pays responsables, mais le manque d'un "général" à la tête de l'ONU, contrairement à des secrétaires généraux précédents comme Kofi Annan, limite la capacité d'action. La doctrine "rubble cause no trouble" (les gravats ne causent pas de tracas) est évoquée, suggérant que déstabiliser des pays peut être plus simple que de les occuper, comme ce fut le cas en Somalie ou en Libye.
La dépêche suivante, issue de Consortium News, révèle que le Royaume-Uni sanctionne les colonies israéliennes tout en coopérant avec l'industrie militaire israélienne, notamment dans le domaine de l'écoute. Des exercices conjoints entre soldats britanniques et systèmes d'entraînement israéliens ont eu lieu. Ce paradoxe illustre la complexité des relations internationales, où des sanctions ciblées coexistent avec une coopération militaire étroite. Le média israélien +972 Mag est également cité pour son enquête sur l'installation d'un avant-poste de jeunes colons en Galilée, une méthode associée à la colonisation de la Cisjordanie.
Une dépêche Reuters décrit une loi ouvrant la voie à des droits de douane contre certains pays tiers, notamment ceux qui commercent avec Moscou. Cette mesure, surnommée "Linse Gram", vise à renforcer la pression américaine sur les partenaires commerciaux de la Russie, mais elle pourrait créer de nouveaux ennemis, comme l'Inde, qui cherche à acheter du pétrole russe pour le revendre. Ces sanctions secondaires sont considérées comme un moyen de pression puissant, mais à double tranchant. L'héritage de Théodore Roosevelt et sa doctrine "walk softly and carry a big stick" (marche doucement et porte un gros bâton) sont également évoqués, ainsi que le potentiel retour de l'antitrust aux États-Unis, potentiellement dirigé contre des géants comme Apple.
La septième dépêche, issue de Trends Journal, rapporte que la guerre américaine contre l'Iran met à rude épreuve les capacités militaires des États-Unis. Le coût de l'opération "Epic Fury" s'élève à des milliards de dollars, principalement en munitions, et révèle des pénuries stratégiques et des goulots d'étranglement industriels qui ralentissent la reconstitution des stocks. Les terres rares, essentielles à la production de nombreux biens, sont particulièrement concernées, leur chaîne d'approvisionnement étant longue et complexe à reconstituer. Les frappes iraniennes ont également endommagé des bases américaines, dont le coût de reconstruction n'est pas encore chiffré, notamment pour les bases secrètes de la CIA. Cette situation expose une vulnérabilité stratégique : une guerre prolongée pourrait épuiser les stocks plus rapidement que l'industrie américaine ne peut les remplacer.
L'AG Times analyse une option étudiée par le Japon : l'acquisition de sous-marins à propulsion nucléaire. Le Japon, qui brise un tabou en envisageant cette possibilité, est poussé par l'expansion rapide des forces sous-marines chinoises et les ambitions nucléaires nord-coréennes. Bien que les sous-marins japonais soient actuellement parmi les meilleurs au monde en technologie diesel, la propulsion nucléaire offrirait une endurance et une portée accrues. Ce débat montre à quel point la dégradation perçue de l'environnement stratégique asiatique déplace les anciennes lignes rouges de Tokyo.
La neuvième dépêche, issue de Reuters, indique que l'Europe souhaite créer son propre Conseil de sécurité. Ursula von der Leyen propose un organe de coordination élargi, capable de répondre aux menaces hybrides, telles que le sabotage et les cyberattaques. Ce conseil, qui pourrait inclure le Royaume-Uni, la Norvège, l'Ukraine et le Canada, soulève des inquiétudes quant à une potentielle duplisation des structures de l'OTAN et à une généralisation des sanctions anticonstitutionnelles. Le véritable enjeu, selon certains, serait la capacité de l'Europe à transformer son autonomie affichée en production d'armement et en interopérabilité, tandis que d'autres y voient une tentative de confisquer les libertés fondamentales sous prétexte de menaces hybrides.
Consortium News analyse le déplacement de la logique de "guerre contre le terrorisme" vers l'Amérique latine, sous l'appellation de "narcoterrorisme". Cette extension du vocabulaire antiterroriste permet de justifier des interventions contre le narcotrafic, le crime organisé et, potentiellement, des formes de contestation politique. La rhétorique antiterroriste, initialement conçue pour justifier des interventions militaires, se propage désormais pour légitimer des actions dans des pays comme le Venezuela. Le narcoterrorisme est une réalité, mais son assimilation à du terrorisme politique peut ouvrir la voie à des interventions militaires dans un style similaire à celui de l'ère George W. Bush.
La onzième dépêche, issue de Trends Journal, rapporte les affirmations de Donald Trump concernant sa maîtrise de l'inflation. Cependant, les chiffres cités par CNN indiquent une progression des prix à la consommation et du prix de l'essence depuis son retour à la Maison Blanche. Le "one big beautiful bill act" de Trump, censé faire économiser des milliers de dollars aux familles, serait, selon le Tax Policy Center, bénéfique principalement aux 1% les plus riches. Trump accuse également l'Ukraine d'être responsable de la hausse des prix du diesel, appelant Zelensky à cesser les frappes contre les centres de production de diesel russes.
Le Financial Times, dans sa douzième dépêche, souligne comment le boom de l'intelligence artificielle soutient une part disproportionnée de la croissance du commerce mondial, masquant potentiellement les effets des tensions commerciales et géopolitiques. Les échanges de produits liés à l'IA ont progressé de 42% au premier trimestre 2026. Cette concentration pose un problème de lecture, un commerce mondial apparemment robuste pouvant cacher une faiblesse plus diffuse de l'industrie et de la demande. Elle crée également une dépendance à un cycle d'investissement capitalistique. L'auteur de l'Octogone voit dans cette situation un recoupement avec l'ouverture de l'émission, notamment la coopération sino-américaine sur l'IA. La compétition entre la Chine, qui cherche à déployer massivement des modèles open weight, et les États-Unis, qui risquent une crise majeure si leurs entreprises s'essoufflent, pourrait entraîner une surchauffe du marché boursier américain. Elon Musk est cité comme un stratège exceptionnel, capable de se positionner dans l'IA malgré un retard initial. L'importance de l'IA pour l'avenir de l'Afrique est également mentionnée, avec un potentiel de croissance significatif.
La treizième dépêche, issue de The Times, révèle que Pékin cherche à maîtriser le "crédit caché" des chaînes d'approvisionnement en déplaçant une partie de ce crédit vers le système bancaire, plus résilient. De nouvelles règles imposent aux grandes entreprises de régler leurs fournisseurs PME dans un délai maximal de 60 jours. Cette réforme vise à éviter l'accumulation de dettes qui pourraient déstabiliser le système. Les entreprises industrielles privées attendaient en moyenne 75,6 jours pour encaisser leurs créances, contre 56,2 pour les entreprises contrôlées par l