
L'effondrement de l'auto électrique européenne? #octogone86
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Bonjour à tous et bienvenue dans cet octogone, qui nous emmène cette fois à Venise, ville que j'adore et qui est un exemple de persévérance, transformant un marais en paradis pour échapper aux Lombards. Gunter, notre espion international aux styles capillaires variés, nous rejoint pour discuter de l'actualité.
Nous débutons avec un article de *Foreign Policy* qui remet en question la puissance des organisations internationales. Il est clair que des entités comme l'AIEA ou l'ONU se montrent de plus en plus impuissantes face aux crises mondiales. L'article suggère que la mondialisation n'a pas aboli les rapports de force, mais les a masqués, et que seules quelques grandes puissances (États-Unis, Chine, Russie, et selon *Foreign Policy*, le Royaume-Uni, bien que je pense que l'Inde ait plus de profondeur stratégique) sont réellement capables d'agir de manière autonome. Cette vision bouscule l'image d'une Europe centrale, dont la capacité d'action est limitée par la fragmentation, la dépendance militaire à l'OTAN et l'absence de commandement politique commun.
Cet article pourrait être une incitation à créer des États-Unis d'Europe avec une force militaire unifiée. Cependant, Gunter souligne que l'Europe est incapable de mobiliser une armée significative, avec une population vieillissante et une faible part de la population mondiale. L'Europe n'a pas les munitions nécessaires pour faire la guerre, comme l'a montré le conflit au Moyen-Orient. La réalité est que l'Europe n'est pas l'Europe des États mais des cultures et des langues, et cette diversité n'a jamais été une force militaire. La seule politique unifiée qui subsistait était l'agriculture, mais même cela est remis en question par les accords récents. L'Europe ne représente rien militairement, mais elle est un fournisseur d'armes important pour Israël. Si l'Europe ne peut même pas aider l'Ukraine efficacement, que lui reste-t-il ? Les dirigeants européens, non élus, deviennent de plus en plus autoritaires, remettant en question le droit de veto. L'article de *Foreign Policy* semble être un rappel de rêves passés plutôt qu'un appel au réalisme.
L'OTAN, vestige de la Guerre Froide, semble de plus en plus hors de propos face à la montée en puissance de la Chine. Les tentatives de l'OTAN de s'étendre en Asie ont échoué, car les pays asiatiques privilégient la paix par le commerce et la coopération. Le véritable danger pour l'OTAN est l'isolement de la Turquie. Gunter avait déjà évoqué la possibilité d'une attaque israélienne contre la Turquie. Malgré les déclarations belliqueuses de Tel-Aviv envers un membre de l'OTAN, l'organisation reste passive.
Cela nous amène à la Turquie. Malgré la pression sur la livre turque, l'économie réelle ne semble pas affectée. Istanbul se positionne comme un hub alternatif à Dubaï. La Turquie n'entrera jamais dans l'Union européenne, bien qu'elle soit membre de l'OTAN. L'intégration des Turcs en Allemagne a relativement bien fonctionné, contrairement à d'autres communautés en Europe. La Turquie joue un rôle crucial pour l'Europe en tant que fournisseur de nourriture (fruits et légumes) et de main-d'œuvre. Les exportations alimentaires turques sont si stratégiques que l'Europe ne peut pas se permettre de rompre avec la Turquie. L'aéroport d'Istanbul est un hub important non seulement pour les passagers, mais aussi pour le fret alimentaire. De plus, la Turquie est une destination touristique majeure. Ataturk a œuvré pour l'occidentalisation du pays, notamment en adoptant l'alphabet latin, et la Turquie maintient un pluralisme religieux. La faiblesse de la lire turque rend les produits alimentaires turcs moins chers pour l'Europe, aidant ainsi à contrôler l'inflation.
Concernant les tensions gréco-turques, notamment sur la question des eaux territoriales et du concept de "Blue Homeland" turc, Gunter rappelle que l'Europe a choisi la Grèce et délaisse la Turquie. Il y a des problèmes frontaliers et insulaires à résoudre. Dans les années 80, une guerre entre la Grèce et la Turquie a été évitée grâce à l'intervention d'Aurélio Peccei du Club de Rome, qui a suggéré de se concentrer sur la dépollution des eaux avant de se battre pour les frontières. Aujourd'hui, il manque cette approche pragmatique. À quoi bon se battre pour des îles et des eaux polluées ? La solution réside dans la coopération pour éliminer la pollution.
Passons à la Ferrari Purosangue (Luché). Le design de cette voiture, signé par Johnny Ive (ancien chef du design d'Apple), est très controversé, voire détesté. Elle est comparée à une Nissan Leaf et son prix est exorbitant pour des performances similaires à une Tesla Model S. L'ancien PDG de Ferrari, Montezemolo, a même suggéré d'enlever le cheval cabré. L'action Ferrari a perdu 30% en un an, et l'automobile électrique en Europe est en échec.
Gunter explique que Montezemolo a réussi à relancer Ferrari financièrement et techniquement, en obtenant une cotation boursière record. Le problème actuel est que Ferrari n'est plus sous le contrôle familial et est gérée comme une entreprise avec des investisseurs, ce qui a conduit à la perte de sa magie. Engager un designer d'Apple pour une Ferrari ne fonctionne pas, car la marque doit rester mystérieuse.
De plus, Gunter critique la transformation des voitures de sport en véhicules électriques. La combustion, même avec des carburants renouvelables comme le biocarburant, permettrait de conserver la sonorité et la sensation de puissance. L'Europe, pour des raisons politiques incompréhensibles, a imposé l'électrique, ignorant les alternatives. Toyota, autrefois leader, perd du terrain. La voiture électrique est une solution intermédiaire qui sera remplacée par l'hydrogène ou d'autres combustibles nécessitant un moteur à piston. L'Europe, sans coordination industrielle, s'effondre face à la production de masse chinoise (BYD).
La Commission européenne, agissant comme des dictateurs, a imposé l'électrique, coûtant cher à l'industrie automobile européenne qui a perdu les marchés chinois et américain. En Europe, le pouvoir d'achat est faible et la fiscalité étouffe les consommateurs. L'Europe a mis fin à ses grandes industries automobiles par arrogance.
Enfin, Gunter aborde la situation au Moyen-Orient et les manifestations en Albanie contre un projet de resort de luxe de Jared Kushner. L'enjeu est la stratégie de création d'un "Grand Israël" avec un cordon de protection, se manifestant par l'acquisition de terres à Chypre et en Albanie. Cette stratégie, historiquement répétée après les guerres mondiales, vise à remodeler le Moyen-Orient. L'Europe, la Chine, l'Indonésie et l'Inde sont restées passives face à cette impunité. La mobilisation des Albanais est un message fort contre les élites corrompues et les plans géopolitiques qui ne respectent pas la population. Il ne s'agit pas d'un cas isolé, mais d'une stratégie plus large d'acquisition de territoires, comme le montre le cas de Peter Thiel en Argentine.
Gunter conclut en dénonçant le nombre croissant d'assassinats de journalistes au Moyen-Orient, dans une impunité totale. L'Europe ne réagit pas, ce qui est un scandale. Citant Elie Wiesel, Gunter rappelle que l'endroit où l'injustice a lieu devrait être le centre du monde, et aujourd'hui, c'est Gaza, la Cisjordanie et le Liban. La perte d'éthique est totale, et les leaders politiques restent silencieux.
Nous terminons cet octogone public sur cette note, et invitons nos abonnés à nous rejoindre pour discuter du Bitcoin, de la géopolitique au Moyen-Orient et de la prochaine masterclass sur l'intelligence artificielle.