
Join Sadhguru "In Solidarity with Nepal" | Live at 4:45 PM IST | Kathmandu
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Ce document transcrit une intervention de Sadguru lors d'un événement solidaire suite à une dévastatrice inondation soudaine qui a frappé la frontière entre le Népal et le Tibet le 26 août, causant d'importants dégâts et pertes de vies. L'événement vise à exprimer la solidarité avec le peuple népalais, confronté à une épreuve difficile.
Après une introduction poignante reconnaissant la douleur et le chagrin partagés, ainsi que la résilience du peuple népalais, la parole est donnée à l'actrice Manisha Koirala. Elle exprime le sentiment d'incrédulité et de confusion face à une telle tragédie, soulignant la nécessité de surmonter l'adversité par des petits pas et l'espoir d'être mieux préparé à l'avenir. Elle met en avant le changement climatique comme une cause sous-jacente et appelle à une collaboration entre le Népal, l'Inde et la Chine pour y faire face. Elle lance également un appel à la communauté internationale pour qu'elle continue à soutenir le Népal, en insistant sur l'importance du tourisme pour la relance économique, et en rappelant les beautés naturelles et culturelles du pays.
Sadguru prend ensuite la parole, reconnaissant le lien profond qu'il a développé avec le Népal au fil des ans. Il souligne que les phénomènes naturels sont régis par des lois physiques et qu'il est inutile de chercher des explications mystiques ou divines. Il rappelle les épreuves précédentes endurées par le Népal, comme le tremblement de terre de 2015, et la douleur persistante des familles affectées. Il explique la cause physique de l'inondation : la désintégration d'un bloc de glace glaciaire d'environ 600 mètres de large, tombé sur 1200 mètres, provoquant un impact équivalent à un séisme de magnitude 5,2.
Il aborde ensuite la question des causes de ces phénomènes, évoquant le réchauffement climatique. Tout en reconnaissant la contribution individuelle à travers des actions comme l'utilisation de voitures, il souligne l'impact disproportionné des guerres et des activités industrielles majeures sur le réchauffement planétaire. Il mentionne que les années récentes sont parmi les plus chaudes jamais enregistrées, avec des températures extrêmes en Europe et la prédiction de 2027 comme l'année la plus chaude des 100 dernières années. Il insiste sur le fait que la fonte des glaces est une conséquence naturelle du réchauffement, mais que la vraie catastrophe réside dans notre mode de vie inconscient sur la planète.
Sadguru partage ensuite une expérience personnelle lors d'un voyage au Tibet avec un groupe. Il raconte comment, par discipline et organisation, son groupe avait réussi à ramener tout le monde sain et sauf ces dernières années, contrastant avec la situation actuelle où 80 personnes ont dû être laissées derrière. Il explique que leur départ à l'heure prévue pour éviter le chaos de l'immigration a coïncidé avec le moment de la catastrophe, rendant la survie quasiment impossible, surtout du côté tibétain où des millions de tonnes de débris ont dévasté les infrastructures.
Il élargit la perspective en expliquant la répartition de l'eau sur la planète : océans, sols et glace/neige. Le réchauffement pousse l'eau des montagnes vers les océans, ce qui entraîne l'élévation du niveau de la mer et menace les régions côtières et les nations insulaires. Il affirme que ce phénomène va continuer et que, bien que les actions individuelles aient un impact, les causes principales sont ailleurs.
Sadguru insiste sur le fait que ce n'est pas le moment de pointer du doigt, mais de comprendre que ces événements sont le résultat d'activités humaines. Il souligne que la seule chose qui reste à faire est le secours, l'aide et la reconstruction. Il estime que le temps de sauvetage est presque écoulé et qu'il faut penser à une reconstruction réfléchie, impliquant les organisations mondiales car la situation dépasse les capacités d'un seul gouvernement.
Il évoque son expérience passée dans la formation d'un organisme pour la gestion des systèmes montagneux des Ghâts occidentaux en Inde, et propose la création d'un "Conseil de l'Himalaya" regroupant l'Inde, la Chine, le Pakistan, le Népal et le Bhoutan. Même si une administration commune n'est pas immédiatement possible, une consultation et une action concertée sont nécessaires pour protéger cet écosystème fragile. Il exprime l'urgence d'agir avant qu'une catastrophe encore plus grande ne se produise, comme l'effondrement de l'Everest.
Il dénonce la vision politique des frontières et des nationalités, soulignant que la nature ignore ces divisions. Les montagnes, les oiseaux, les animaux ne respectent pas nos frontières créées. Il plaide pour une gestion de l'Himalaya comme une entité unique, au-delà des nationalités, car c'est la seule façon d'espérer une solution globale, même si elle ne sera jamais parfaite.
Concernant la reconstruction, il insiste sur la nécessité d'une consultation internationale, tout en respectant les impératifs locaux. Il met en garde contre la construction hâtive et dangereuse due aux pressions démographiques et économiques. Il exhorte les Népalais à former un groupe d'experts pour conseiller sur la reconstruction et minimiser les souffrances futures.
Il souligne l'importance de ne pas dépeindre le Népal comme une terre de désastre, afin d'éviter des avis de voyage négatifs et de préserver son image touristique. Il rappelle que le Népal est une destination magnifique, culturelle et accueillante. Il évoque son intention de réaliser un "Kala Karma" (rituel) pour les 80 personnes décédées, et invite à fournir des noms et photos d'autres victimes. Il annonce que la Fondation Isha Népal s'engage à verser 1 crore de roupies au fonds du Premier ministre.
Ensuite, lors de la session de questions-réponses, Manisha Koirala pose la première question : que peuvent tirer les Népalais de cette calamité ? Sadguru répond que l'on ne devrait pas attendre les catastrophes pour agir. La conscience de notre mortalité est primordiale ; elle nous pousse à utiliser notre temps de manière intelligente et significative, à privilégier ce qui compte vraiment et à créer un monde meilleur.
Un autre participant demande comment devenir un bon être humain et faire le bien dans le monde en tant qu'artiste. Sadguru rétorque que le monde a eu assez de "bonnes" personnes, qui souvent ont causé du tort. Il prône plutôt des personnes joyeuses et sensées. La joie est naturelle, la bonté est relative et comparative. Il encourage à devenir joyeux, à retrouver l'innocence de l'enfance où la joie était spontanée. La poursuite du bonheur matériel a mené à la destruction et à l'insatisfaction. Il faut valoriser l'importance d'être vivant plutôt que l'importance des biens matériels.
Une jeune femme interroge sur la peur de la mort et comment la surmonter. Sadguru la corrige en disant que toute personne vivante fait partie de la même génération, et qu'il ne faut pas diviser l'humanité davantage par âge. Dans l'immensité de l'univers, nous sommes une petite étincelle. La peur naît d'une déconnexion entre notre réalité psychologique et la réalité existentielle. La Terre est le meilleur endroit pour la vie. Il faut valoriser la vie ici et maintenant, et se connecter au processus de la vie plutôt qu'aux constructions mentales.
Un journaliste demande la définition de la compassion et si le simple fait de prier a un impact réel. Sadguru explique la passion comme un engagement total, une perte de limites. La compassion est une passion inclusive. Il distingue la compassion de la gentillesse, qui est souvent perçue comme un signe de faiblesse. Il met en garde contre les narratifs sociaux qui dictent les mots à la mode, comme "compassion", et invite à chercher ce qui rend la vie meilleure.
Un autre intervenant exprime sa frustration quant à l'inaction des autorités face aux initiatives passées et plaide pour un corps de protection des montagnes. Sadguru encourage les citoyens à faire pression sur les gouvernements et souligne la nécessité d'une coopération transfrontalière, notamment entre l'Inde, le Népal et le Bhoutan, pour la gestion de l'Himalaya.
Une femme endeuillée partage sa douleur après la perte de sa sœur dans la catastrophe. Sadguru lui rappelle la nature physique de la vie, régie par des lois physiques, et la brièveté de l'existence. Il insiste sur l'importance de comprendre la nature de la vie pour trouver le véritable soulagement, plutôt que de chercher des explications mystiques ou philosophiques. Il confirme que tout sera fait pour aider la famille, mais que la vie perdue ne peut être retrouvée.
Enfin, le fils de Pravin, le chef du groupe de 77 personnes, témoigne de la nécessité d'une coordination internationale pour les catastrophes transfrontalières et demande à Sadguru de faire de ce sujet sa prochaine campagne. Sadguru reconnaît la difficulté de rassembler les nations mais promet de pousser l'administration indienne dans cette direction et exhorte les dirigeants népalais et les influenceurs à demander cette coopération. Il souligne la méfiance généralisée entre les nations et les communautés, mais affirme qu'il fera de son mieux dans la limite de son influence. Il conclut en disant que le gouvernement indien, sous la direction du Premier ministre, pourrait être réceptif à une telle initiative, mais que les décisions finales appartiennent aux gouvernements. Il appelle chacun à faire de son mieux là où il a de l'influence, en attendant des jours meilleurs.