
Versailles est déjà mort : Régis Le Sommier décrypte l'échec total de l'accord avec l'Iran
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Bonsoir à tous. Nous recevons Régis le Sommier pour discuter du nouveau numéro d'Omerta et de son travail de journalisme citoyen. Le journaliste souligne la difficulté d'être un journaliste indépendant aujourd'hui, où toute prise de position divergente est souvent qualifiée de "prorusse". Il encourage vivement l'achat du nouveau numéro d'Omerta, soulignant son excellence et son absence de concessions, rappelant que c'est dans ce magazine qu'il a publié une partie de son enquête sur les pédophiles en Suisse et notamment l'affaire Epstein. Il met également en avant une enquête d'Amélie Ismaili sur le laxisme de certains procureurs et juges suisses envers les pédophiles.
Le parcours de Régis le Sommier, passé du journalisme mainstream (numéro 2 à Paris Match) au journalisme citoyen, est salué comme un acte de courage. Cet exemple est mis en parallèle avec celui de Tucker Carlson, qui a vu ses audiences exploser après avoir lancé son propre média, multipliant par dix son audience. L'interview de Victor Bout par Tucker Carlson est évoquée comme un exemple marquant de l'ambiance médiatique actuelle.
L'émission aborde plusieurs sujets. Premièrement, l'échec symbolique des accords de paix avec l'Iran à Versailles. Régis le Sommier ironise sur la présence de Jean-Noël Barreau à ces négociations, considérant que sa seule participation annonçait l'inefficacité de l'accord. Il fait le parallèle avec les propos de Victor Bout, qui regrette l'époque où Versailles symbolisait une diplomatie d'envergure.
Un autre point crucial abordé est la montée du racisme anti-russe, visant des personnalités comme Xenia Fedorova, journaliste russe travaillant pour RT. Régis le Sommier dénonce les attaques racistes et les accusations de "fourbes", "espions" et "génocidaires" à l'encontre des Russes, qualifiant cela de racisme ordinaire, voire extrême, supérieur à celui de la Guerre Froide. Il dénonce les attaques de pseudo-médias comme "Front-Tireur" contre Fedorova, soulignant que contrairement à eux, Omerta est un média libre. Cette situation prépare une rentrée où la moindre critique du narratif officiel pourrait être criminalisée.
Le parallèle est fait avec le traitement de Jacques Baud, ancien agent du renseignement suisse, lâché par son pays, ce qui est considéré comme une faute opérationnelle grave. La Suisse, autrefois neutre, a gelé les avoirs russes, assimilant de facto Poutine à Hitler. Cela marque une perte de souveraineté helvétique, qui s'aligne sur l'Europe.
L'émission revient sur l'interview de Victor Bout par Tucker Carlson. Victor Bout y souligne le manque de la "grande diplomatie européenne" et l'époque où un accord signé à Versailles avait du poids. Il rappelle également que Vladimir Poutine est un modéré au sein de la politique russe, débordé par les "faucons" qui appellent à des actions plus radicales. L'Occident, et particulièrement la France, peine à entendre cette réalité, enfermé dans une narration unilatérale sur le conflit en Ukraine.
Concernant l'Ukraine, le général K.M. K. est cité pour avoir affirmé que Poutine ne perdra pas la guerre, contrairement aux déclarations de Jean-Noël Barreau. L'absence de critique sur la corruption et les armes non livrées sur le front ukrainien est soulignée, rappelant un article du Parisien sur 600 000 armes légères jamais parvenues au front. La commémoration du nationaliste ukrainien Stepan Bandera, salué en Ukraine, est jugée grave, avec une protestation polonaise mais un silence français, alors que Bandera est associé à l'épuration ethnique.
Régis le Sommier dénonce le "terrorisme intellectuel" qui rend le journalisme de contradiction impossible. Il compare la situation à un précédent où la Suisse n'avait pas confisqué les avoirs nazis pendant la Seconde Guerre mondiale, mais gèle aujourd'hui les avoirs russes, marquant une perte de neutralité.
L'intervention de Victor Bout auprès de Tucker Carlson est qualifiée d'étude de cas pour les écoles de journalisme, où Carlson a appelé Bout "marchand de mort". Bout a rappelé que les puissances occidentales ont soutenu des "génocidaires antisémites ukrainiens". Il a souligné que Poutine est un modéré en Russie, face à des faucons qui prônent des actions plus extrêmes. Les difficultés de recrutement en Ukraine, contrastant avec la Russie, sont également évoquées, ainsi que les scènes de rafles d'hommes pour le front, souvent passées sous silence médiatique.
La stratégie militaire en Ukraine est analysée, avec une progression russe vers l'est et une avancée vers Constantinovka, porte d'entrée vers Kramatorsk et Sloviansk, dernières forteresses du Donbass. L'usage des drones par les Ukrainiens comme arme défensive est souligné, ainsi que leur rôle dans la limitation des pertes humaines par rapport à des conflits antérieurs.
Les récents événements à Monaco, qualifiés de premier attentat terroriste sur leur sol, sont mentionnés, rappelant l'absence d'attentats similaires même pendant la Seconde Guerre mondiale et la Guerre Froide.
Le débat sur Versailles met en lumière l'échec de la diplomatie française sous Macron, qui tente de capitaliser sur l'aura de Donald Trump. L'invitation de Trump à Versailles, lieu historique de la reconnaissance de l'indépendance américaine, visait à le flatter, lui qui est fasciné par l'or et le clinquant. L'accord signé avec l'Iran, contemporain de la signature électronique par le président iranien, est comparé à un traité de Versailles pour les perdants. La Suisse, ayant perdu sa neutralité, ne peut plus organiser de tels accords, laissant la place aux pays des BRICS.
La France est décrite comme étant passée du statut d'acteur à celui de spectateur sur la scène internationale, ne parvenant plus à imposer sa volonté, que ce soit pour l'Ukraine ou l'Iran. Le vide diplomatique français au Moyen-Orient est flagrant, laissant la place à d'autres puissances. La France avait pourtant une politique méditerranéenne intelligente, aujourd'hui absente. L'Iran joue un rôle crucial dans la région, garantissant l'intégrité territoriale du Liban, et les États-Unis semblent s'être désengagés, laissant l'Europe acheter des armes américaines pour les rétrocéder aux Ukrainiens.
La question de la souveraineté française est soulevée, avec la perte d'influence en Afrique, où la France a "oublié la langue de l'Afrique". Les présidents français successifs ont perdu le contact avec les réalités et les intérêts français à l'étranger, contrairement à des figures comme de Gaulle, Mitterrand ou Chirac. Les pays africains, comme le Congo-RDC, appellent à un partenariat d'égal à égal, loin de l'arrogance passée.
L'absence de la France au Liban, malgré une demande forte, est déplorée. Les promesses non tenues d'Emmanuel Macron après l'explosion du port de Beyrouth sont rappelées. L'histoire de la France au Moyen-Orient, autrefois forte, est aujourd'hui diluée, laissant la place à d'autres acteurs. L'Iran est devenu un mastodonte régional, et les pays du Golfe, conscients de la menace existentielle, se rapprochent de Téhéran.
La "giboutisation" des États du Golfe est évoquée, c'est-à-dire leur ouverture à des bases étrangères non américaines, signe d'une perte d'influence américaine. L'Iran a joué habilement de sa force, comprenant la priorité américaine pour Israël. Le Hezbollah utilise des drones filaires, une tactique apprise de l'Ukraine, créant une symétrie inquiétante pour Israël. L'Iran utilise l'humour et la moquerie comme armes médiatiques, une stratégie inattendue et efficace.
La déclaration de Donald Trump sur l'épuisement des réserves de pétrole en quatre semaines est analysée comme une tentative de renégociation, révélant une possible faiblesse stratégique des États-Unis dans le domaine des hydrocarbures. L'Iran a battu les États-Unis sur ce terrain, devenant un acteur incontournable dans la région.
La question de la guerre en Ukraine est centrale. L'Europe est accusée de somnoler vers la guerre, sans réelle conscience des conséquences. Les déclarations alarmistes de certains généraux allemands sur un possible choc avec la Russie sont dénoncées comme irresponsables, ignorant la réalité des puissances nucléaires. Le manque de volonté européenne de mettre fin à la guerre est criant, toute proposition de négociation étant qualifiée de "prorusse".
Les perspectives d'une résolution du conflit sont sombres, avec une Europe qui s'enfonce dans la guerre. Le choix de Donald Trump, qui avait une approche plus pragmatique, est regretté. L'idée d'un changement de régime en Iran semble abandonnée, et une nouvelle ère de relations, potentiellement plus stables, pourrait émerger.
La montée en puissance de l'Iran, le rapprochement des pays du Golfe, l'émergence de puissances moyennes et l'utilisation accrue de l'humour et de la moquerie comme arme médiatique par l'Iran sont autant de signes d'un monde en mutation. La diplomatie française, autrefois maître du "bon mot" et de la rhétorique, semble avoir perdu son génie.
Enfin, la situation en Ukraine est décrite comme une catastrophe démographique. La guerre se prolonge, alimentée par une rhétorique belliciste en Europe, ignorant le risque d'une escalade nucléaire. La France, autrefois modèle diplomatique, semble avoir perdu sa place sur la scène mondiale, remplacée par d'autres acteurs. Le risque d'une guerre en Europe est réel, et l'inconscience des conséquences par certains décideurs est alarmante. Le sort de la liberté d'expression est également mis en péril, avec des médias censurés et un débat public appauvri.