
75 ans, 1200 €/mois, il quitte la France pour la Thaïlande (Retraite)
Audio Summary
AI Summary
Jean-Yves, un homme de 75 ans, retraité de l'enseignement technique et professionnel, partage son expérience d'expatriation en Thaïlande, notamment à Chiang Mai, depuis plus de deux ans. Son parcours de vie est marqué par une carrière riche et des épreuves personnelles, qui ont forgé sa résilience et sa philosophie de vie.
Jean-Yves a choisi la Thaïlande après avoir beaucoup voyagé et travaillé à l'étranger, notamment en Afrique et aux Antilles. Il recherchait un pays où il se sentirait bien, avec une atmosphère agréable et, surtout, de la sécurité, qu'il ne retrouvait plus en France ni même à la Martinique où il a vécu de nombreuses années. La vie chère, le bruit et la pollution en France ont également motivé son départ. Il souligne la différence entre être un "vrai expatrié" (dont toutes les dépenses sont prises en charge par l'employeur) et être un "immigré" ou "non-immigrant accepté dans le royaume" en Thaïlande, où il doit tout payer de sa poche.
Retraité officiel depuis 2013, Jean-Yves a continué à travailler jusqu'en 2021, cumulant emploi et retraite, ce qui lui a permis de bien planifier financièrement son projet d'expatriation. Il bénéficie de plusieurs pensions, ce qui lui assure un confort certain. Ses passions, notamment le golf (qu'il pratique quatre fois par semaine), sont facilitées par son mode de vie actuel. Il vit à 60% à la thaïlandaise en termes de nourriture et cuisine un peu.
Jean-Yves est un grand sportif, ayant couru plusieurs marathons et des 100 km, ce qui témoigne de sa force mentale et de sa discipline. À 75 ans, il maintient une excellente condition physique.
Concernant le coût de la vie, Jean-Yves est très méthodique. Il note toutes ses dépenses quotidiennes dans un tableau Excel. Il estime ses dépenses mensuelles à 1200 euros à Chiang Mai, incluant ses parties de golf. Il précise que la vie à Chiang Mai est 25 à 30% moins chère qu'à Bangkok, où les prix des repas peuvent doubler. Sa méthode de suivi des dépenses lui vient de son éducation, ayant grandi dans un milieu modeste où sa mère comptait chaque sou.
Jean-Yves partage qu'il mène une "double vie". Il est marié depuis 45 ans aux Antilles, avec des enfants et petits-enfants. En Thaïlande, il fréquente une personne depuis un an et demi. Cette personne, qu'il a rencontrée en tant que patient lors d'une visite de contrôle, est médecin spécialiste et financièrement autonome, ce qui explique que ses 1200 euros de budget mensuel sont pour lui seul. La relation se déroule bien, notamment grâce à la culture thaïlandaise qui valorise le silence et l'évitement des confrontations, ce qui lui convient. Il explique que sa compagne est également mariée, mais que son mari est en Malaisie. Leur relation a été officialisée traditionnellement par une dot symbolique de 30 000 bahts, donnée par sa compagne en son nom, et il a été accepté par la famille de sa compagne, de riches agriculteurs dans la région de Lamphun.
La solitude est un facteur d'échec pour beaucoup d'expatriés en Thaïlande. Jean-Yves insiste sur l'importance d'avoir un projet et d'être préparé financièrement et mentalement. Il conseille aux futurs expatriés de venir d'abord avec un visa de 90 jours pour tester le pays et voir si cela leur convient, avant de prendre des décisions radicales. Son propre projet était de trouver un pays et une ville où il se sentirait bien, sans a priori. Il souligne que la force mentale est cruciale pour faire face à l'éloignement de la famille et aux épreuves de la vie.
Jean-Yves a traversé de nombreuses épreuves, notamment la perte précoce de sa première épouse à 27 ans, puis de sa fille il y a six ans, décédée après huit ans de souffrance. Ces tragédies ont renforcé sa détermination à toujours avancer, pas à pas. Il a appris à gérer son "sac à dos trop lourd" en y ajoutant des roulettes, et en Thaïlande, il a pu "poser son bagage" et repartir avec un sac à dos vide, trouvant une paix mentale et une sérénité qu'il exprime dans un poème écrit sur Facebook.
À 75 ans, Jean-Yves aspire avant tout à la santé et à se projeter dans l'avenir. Il continue à faire du sport, à prendre soin de lui, tout en étant conscient de la fragilité de la vie. Il ne fume plus depuis 42 ans et boit modérément. Il considère la mort comme une partie normale de la vie, un aboutissement, sans croire à un au-delà.
Pour ceux qui envisagent l'expatriation, Jean-Yves conseille de tenir compte de leur parcours de vie. Quelqu'un qui n'a jamais bougé de sa région aura plus de mal à s'adapter. La retraite est la continuité de la vie que l'on a eue. Son expérience de voyages et de travail à l'étranger l'a naturellement mené à cette nouvelle étape.
Beaucoup de Français quittent la France aujourd'hui en raison du coût de la vie et de la dégradation des services publics. Jean-Yves, qui a vécu la fin des Trente Glorieuses, constate un décalage énorme entre les salaires et le coût de la vie actuel. Il déplore aussi l'insécurité et l'absence de protection de l'État, ainsi que le déclin des services de santé. Il raconte son attente de 16 heures aux urgences de la Martinique pour une tuberculose suspecte, comparée à la rapidité et l'efficacité des soins en Thaïlande, où il a obtenu un rendez-vous chez un spécialiste en moins de 48 heures. En Thaïlande, les patients sont traités comme des clients, voire des VIP, ce qui contraste avec l'expérience française où l'on peut se faire parler durement et attendre des mois pour un rendez-vous.
Jean-Yves insiste sur le fait qu'il continue de payer sa sécurité sociale et sa mutuelle en France (MGEN), ce qui lui permet de se faire soigner en France s'il le souhaite. Il est conscient que les assurances privées en Thaïlande sont très chères à son âge (750 euros par mois) et ne couvrent pas les affections de longue durée (ALD). Il souligne que l'expatriation coûte plus cher avec l'âge et nécessite une anticipation et une préparation rigoureuses.
Concernant la fin de vie en Thaïlande, un sujet délicat, Jean-Yves est très lucide et prévoyant. Il a abordé ce point avec sa compagne thaïlandaise et sa famille. Il anticipe le besoin de couches ou de fauteuil roulant et prépare sa maison en conséquence. Il a même fait signer des papiers chez un notaire en France pour affirmer sa volonté de rester vivre et mourir en Thaïlande. Il ne veut pas que ses enfants aient à s'occuper de lui dans ses derniers jours, estimant que ce n'est pas leur rôle dans la société actuelle, contrairement aux traditions passées ou à celles de la Thaïlande. Sa compagne, qui a des revenus suffisants et des plantations, pourra arrêter de travailler et s'occuper de lui si nécessaire, et ils n'auront plus à payer de loyer.
Il met en garde contre l'idéalisation de la Thaïlande, qui a conduit de nombreux Français à l'échec faute de préparation et de revenus suffisants. Beaucoup vivent en Thaïlande sans les revenus requis par les autorités consulaires, se basant sur une "signature sur l'honneur" qui n'est pas toujours vérifiée. Il déconseille de venir "sans biscuit".
Pour choisir sa destination en Thaïlande (Koh Samui, Phuket, Pattaya, Chiang Mai, Chiang Rai), Jean-Yves conseille de visiter plusieurs endroits durant les 90 premiers jours et de considérer son budget. Pour lui, le choix a été mathématique, basé sur le coût de la vie et ses activités comme le golf. Il met en garde contre les arnaques entre Français et préfère fréquenter peu de compatriotes.
Jean-Yves a toujours un plan B. Si les choses ne se passaient plus bien en Thaïlande, il envisagerait de s'installer en Afrique, où il a été très heureux, peut-être en Algérie.
En conclusion, Jean-Yves est un homme heureux et chanceux, doté d'un caractère fort et résilient, qui a su tirer parti de ses expériences de vie pour construire une retraite épanouissante en Thaïlande, avec une approche pragmatique et prévoyante.