
Personne ne réalise ce que BlackRock prépare
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Le 6 mai 2026 au Texas, Larry Fink, PDG de BlackRock, a exposé un plan pour financer les infrastructures d'IA par l'absorption des fonds d'assurance, de pension et des comptes d'épargne américains. Selon lui, si les États-Unis n'agissent pas, la Chine prendra le leadership technologique mondial, car son système politique lui permet de mobiliser l'épargne de sa population via des canaux étatiques, contrairement aux États-Unis où l'épargne est privée et dispersée, finançant en grande partie la dette américaine.
Mobiliser cette épargne vers l'IA impliquerait une hausse des taux d'intérêt. Des taux plus élevés augmenteraient le coût du service de la dette de l'État et étoufferaient l'économie réelle, notamment les PME. Ce plan semble donc entraîner un désendettement forcé de l'État et des entreprises.
Fink ne fait pas cette déclaration au hasard. Elle s'inscrit dans une séquence où il a déjà affirmé que la puissance de calcul deviendrait une nouvelle classe d'actifs valant des trillions de dollars. Il estime les besoins en investissements pour les infrastructures d'IA à plus de 10 000 milliards de dollars aux États-Unis sur la décennie et jusqu'à 68 000 milliards à l'échelle mondiale d'ici 2040. Pour injecter ces sommes colossales, il faudra puiser dans le capital existant, car l'économie ne peut pas créer de tels excédents rapidement.
Fink ne propose pas de confisquer l'épargne, mais d'inciter les Américains à déplacer leur argent des produits "sans risque" vers l'infrastructure d'IA. Actuellement, cet argent finance les dettes souveraines et constitue le socle de liquidité à court terme du système de crédit. Réorienter ces fonds vers l'IA avec des taux d'intérêt plus élevés signifierait que cette base de liquidité se renchérirait, entraînant une augmentation structurelle des taux d'intérêt pour tout accès au crédit, y compris l'immobilier, et une pression à la baisse sur ses prix.
Le problème majeur concernerait les PME, souvent incapables d'emprunter au-delà de 5%. Ce phénomène est connu sous le nom d'effet d'éviction : l'investissement massif dans l'IA accaparerait le capital disponible, évincant l'État et les entreprises moins rentables de l'accès au crédit. La nouveauté réside dans l'échelle et l'identité de l'évinceur.
Le plan est de mettre l'État américain en difficulté sur ses déficits et d'imposer une récession aux entreprises ne pouvant rivaliser avec le nouveau rendement de référence de l'IA (8-10%). Cette rentabilité de l'IA devrait être soutenue par sa capacité à générer de la croissance économique.
La Maison Blanche est au courant de ce plan. Ni la Chine ni les États-Unis ne peuvent renoncer à cette course à l'IA, car le risque de déclassement est trop grand. Pour les dirigeants américains, il n'y a pas d'alternative : si les États-Unis n'investissent pas ces trillions, la Chine deviendra le leader mondial.
Le plan consiste à aspirer les trillions nécessaires au développement de l'IA depuis les fonds de pension, les assurances et le système bancaire. L'IA rémunérerait le cash à environ 10% pour les grands groupes et 14% pour les PME plus risquées. L'État américain financerait ses déficits non par de nouvelles dettes, mais par une accélération de la croissance économique grâce à l'IA, gonflant le PIB et la base taxable.
Les observations actuelles montrent une croissance américaine difficile à expliquer par les ressorts économiques classiques, avec des investissements massifs dans l'IA. Goldman Sachs documente que l'IA aurait déjà détruit 16 000 emplois nets par mois aux États-Unis, principalement des postes juniors. Cela suggère un découplage entre croissance économique et emploi : plus de richesse avec moins de travail humain. Si cette tendance se confirme, les hausses des ressources fiscales issues d'une économie plus productive prendraient le relais du financement.
C'est l'IA elle-même qui draine le capital de l'économie réelle et est censée, par les gains de productivité, sauver les comptes de l'État.
Ce scénario n'est pas propice à l'achat d'obligations longues américaines, car leur valeur chuterait avec la hausse des taux. Le problème épineux du financement des PME, qui n'auront plus accès au crédit à 10%, serait géré par un cycle schumpétérien de destruction créatrice. Les entreprises performantes seraient absorbées ou s'adapteraient à l'IA, compensant le déclin du tissu