
Qui a dit qu'on ne pouvait rien faire sur Bitcoin ?
Audio Summary
AI Summary
Bienvenue à tous pour ce live Bitcoin, où nous allons explorer le monde des "memecoins" et des altcoins sur Bitcoin, un sujet qui pourrait surprendre ceux qui me connaissent comme un maximaliste. L'objectif est de montrer les innovations qui arrivent sur Bitcoin, certaines déjà en ligne, et de créer ensemble un memecoin. Il est crucial de préciser qu'il n'y aura aucun moyen de gagner de l'argent avec ce token ; il n'y aura pas de "pump and dump", et je ne demanderai pas d'argent. Si quelqu'un tente de vous vendre ce token après ce live, sachez qu'il n'a aucune valeur. Je vous en donnerai gratuitement avec plaisir, car je peux en "imprimer" à foison. C'est un disclaimer important pour éviter toute confusion et pour les régulateurs qui pourraient nous écouter. Aujourd'hui, nous allons nous amuser un peu sur Bitcoin et découvrir les technologies qui permettent ces innovations.
Je voulais rebondir sur un article que j'ai publié en début de semaine concernant l'avenir du Bitcoin. Récemment, j'étais au Lightning Summit en Toscane, où se rencontrent tous les acteurs de l'écosystème qui développent sur Lightning. Ce qui était particulier cette année, c'est que c'était peut-être la première conférence Lightning où l'on parlait le moins de Lightning lui-même, mais plutôt d'autres réseaux complémentaires. Mon article s'intitulait "Vous n'aurez jamais de canal Lightning et vous serez heureux", car le consensus est que la majorité des utilisateurs, hormis les "hardcore users" comme moi, n'auront pas la complexité et les moyens de gérer des canaux Lightning directement. Ils utiliseront plutôt des services ou protocoles annexes.
Pour illustrer cela, j'ai créé une carte interactive sur mon site personnel (sans lien avec Cryptost) qui montre les différents réseaux, blockchains ou Layer 2 au-dessus de Bitcoin, et leurs liens avec Lightning. On constate que presque tous les réseaux sont connectés à Lightning. Ne pas être connecté à Lightning, c'est se fermer dans son propre écosystème. Parmi ces réseaux, certains permettent de créer des tokens divers et variés, comme Stacks (que j'aime bien critiquer car c'est un peu le pire des L2), Liquid, ou plus récemment Arc et Spark. Ces derniers font beaucoup parler d'eux et sont au centre des discussions sur le Lightning Network pour l'émission de tokens.
J'avais déjà écrit sur les stablecoins sur Arc, notamment l'annonce de Tether de lancer leur USDT sur le réseau Arc. Mais ils sont également sur Spark, Liquid, et envisagent Roadstock et Citrea. RGB est une autre option, mais je suis assez déçu par son avancement, même si certains espèrent 2026. ICASH est un protocole différent, une fédération custodiale très privée où un opérateur détient des fonds sans avoir accès aux détails des transactions.
Est-ce que cette image de Bitcoin vous semble complexe ? C'est une approche très différente de celle d'Ethereum ou d'autres blockchains de smart contracts. L'objectif de Bitcoin est de conserver son immutabilité et sa sécurité sur le Layer 1, avec des surcouches (Layer 2) qui ont différentes "trust assumptions" et approches de sécurité. Tous ces réseaux sont liés à Bitcoin : les inscriptions via des données dans les transactions, RGB grâce à Taproot, BitVM grâce aux primitives de script, Citrea qui repose sur BitVM, ICASH, et les sidechains comme Rootstock et Liquid avec leur mécanisme de PEG. Spark et Arc sont plus récents : Spark implique un partage de clé avec un opérateur, tandis qu'Arc utilise un serveur pour gérer la protection des BTC sans pouvoir les dépenser pour un tiers, sauf après un certain temps, où cela devient custodial.
Je ne vais pas entrer dans les détails de la conférence, mais je voulais parler d'une nouvelle fonctionnalité lancée par Hodl Hodl, actuellement sur Testnet, qui utilise Arc pour ses contrats d'échange de pair à pair. Cela permet de réaliser de petits contrats, même avec quelques dollars. Le principe est similaire aux échanges on-chain où les fonds Bitcoin sont déposés dans un multisig géré par la plateforme et les deux paires. Ici, le contrat est sur Arc, et le collatéral peut être rempli avec une transaction Bitcoin ou Lightning. Les fonds restent sur Arc pendant l'échange. C'est le premier cas d'utilisation réel et intéressant d'Arc, permettant d'échanger du Bitcoin contre des stablecoins, de l'euro, du dollar, etc. C'est du pair à pair, donc il faut trouver une contrepartie, ce qui nous ramène au principe fondamental de Bitcoin : "peer-to-peer electronic cash system". L'inconvénient est que la plateforme détient une clé, ce qui représente un risque, mais limité.
Attardons-nous sur Arc. Pour ceux qui ne connaissent pas, Arc est un Layer 2 qui réalise des "batchs" de transactions. Une transaction Arc est en soi une transaction Bitcoin, mais un serveur Arc regroupe toutes ces transactions et les publie régulièrement on-chain. Si une transaction on-chain coûte 1 € et que 10 personnes utilisent Arc, chacun paie 10 centimes. Si vous attendez la confirmation on-chain, vous n'êtes pas plus rapide, mais vous payez moins de frais. C'est important pour ceux qui n'ont pas beaucoup de moyens. L'avantage est que si vous faites confiance au serveur, vos transactions sont quasi instantanées. Le serveur central Arc n'a pas intérêt à dépenser les fonds pour vous, même si techniquement c'est possible avec des compromis et sécurités.
L'approche est similaire à un Layer 2 Ethereum (comme Arbitrum) par rapport à Ethereum. Le lien entre Arbitrum et Ethereum est comparable au lien entre Arc et Bitcoin. Le serveur centralisé est custodial des fonds mais ne peut pas les dépenser comme il veut. Cependant, sur Arbitrum, un comité de 12 personnes peut, en cas d'urgence, voler les fonds, ce qui n'est pas le cas sur Arc une fois la transaction on-chain. L'intérêt d'Arc est sa programmabilité. On dit souvent que Bitcoin n'est pas programmable, mais c'est faux. Il y a un langage de script, mais l'espace de bloc Bitcoin est très faible, ce qui limite les transactions larges. Arc permet d'inscrire un batch de transactions, c'est-à-dire une racine de transaction (la somme totale), ce qui réduit l'empreinte on-chain. Les applications sur Arc ont une empreinte on-chain extrêmement faible, similaire à RGB mais à l'échelle collective.
Je voulais vous montrer la facilité d'utilisation du portefeuille Arc. C'est un Layer 2 qui batche les transactions. Si vous faites confiance au serveur, les transactions sont instantanées. Pour créer un portefeuille, il suffit d'aller sur arcade.money et de cliquer sur "créer wallet". C'est très simple, en un clic. Ce n'est pas "kif-kif" avec Spark. Arc est meilleur que Spark sur plusieurs points. Sur Spark, il faut faire confiance à l'opérateur pour qu'il supprime l'accès à vos fonds, ce qui est impossible à prouver. La sécurité est donc plus faible sur Spark.
Pour récupérer votre clé privée, il suffit d'aller dans "backup". C'est une suite de caractères, pas une phrase mnémotechnique comme d'autres portefeuilles Arc pourraient avoir. Pour ceux qui sont sur d'autres réseaux, il existe une application pour "bridger" des tokens vers Arc, par exemple de l'USDT sur Arbitrum vers Arc via un Atomic Swap.
Maintenant, nous allons créer un memecoin. L'idée est de le faire pour le plaisir et l'apprentissage. Pour ceux qui voudraient participer, vous pouvez créer votre portefeuille sur arcade.money et faire un backup de votre clé privée. Je vous en enverrai une poignée.
Nous allons choisir un "même" pour notre memecoin. J'avais pensé à l'image de Saylor quand quelqu'un prétend avoir rencontré Satoshi il y a 20 ans, avec son air incrédule. On pourrait l'appeler "Slay Your Heroes".
Après un vote rapide, la communauté a choisi un autre "même" : mon propre visage, avec le nom "Second Best" et le ticker XMR. C'est un comble pour un memecoin non privé.
Pour créer le token, je vais utiliser l'interface Arc. Je dois d'abord envoyer des fonds (Satoshi) vers mon portefeuille Arc via Lightning. Je scanne l'invoice avec mon téléphone et envoie 10 000 Satoshi. Une fois les fonds reçus, je vais dans les applications Arc, active la fonctionnalité "Mint", et crée le token.
Je choisis le nom "Second Best", le ticker XMR. Je décide d'en créer 21 milliards, avec 3 décimales, et je le lie à un autre token existant (je ne suis pas sûr de pourquoi, peut-être pour une inflation infinie). L'URL de l'image pour le même coin sera celle de mon visage.
Voilà, "Second Best" a été créé avec 21 milliards d'unités. Vous pouvez voir la fiche technique. Je peux en recréer à l'infini, ce qui est essentiel pour mon objectif : éviter toute monétisation de ce token. C'est purement à but d'apprentissage. Il n'y a pas d'AMM sur Arc pour l'instant.
Si je reviens sur mon portefeuille de base, je vois les Satoshi que j'ai envoyés, un token de test que j'avais créé, et les 21 milliards de XMR. Je peux en créer davantage : par exemple, j'en ajoute 21, ce qui porte le total à 21 milliards 21. Ce token n'a aucune valeur, à moins que quelqu'un ne me fasse une offre. Doc Marmot a proposé 21 satoshis pour 21 milliards, ce qui fait une "market cap" de 4 BTC (environ 300 000 dollars). C'est une excellente démonstration de la facilité avec laquelle on peut créer une fausse market cap pour un memecoin ou un NFT.
Chaque token Arc est lié à une petite partie de Satoshi (environ 300 Satoshi). Un Satoshi est la plus petite unité de Bitcoin (100 millions de Satoshi dans un Bitcoin). Ce que je vous envoie est un don de Satoshi, car le token n'a pas de valeur, mais les Satoshi en ont. Vous pouvez le garder en souvenir ou le "burner" pour récupérer les Satoshi.
Je vais envoyer 21 XMR à Wegro. L'adresse est publique, donc il faut faire attention à la réutilisation des adresses pour la vie privée. L'envoi est instantané, car c'est une transaction d'Arc à Arc.
Je voulais aussi vous présenter une extension appelée Kaleid Swap, lancée la semaine dernière. C'est une plateforme qui prend en charge divers tokens sur Bitcoin, y compris Bitcoin lui-même, RGB, Taproot Assets, Spark, Arc et Liquid. L'extension est très bien conçue en termes d'expérience utilisateur. On peut recevoir des assets (Bitcoin on-chain, Arc, Spark) et l'interface est compatible avec les assets Arc. Il y a aussi des stablecoins sur Spark, comme l'USDB. Kaleid Swap permet également de "bridger" différents tokens et d'envoyer des fonds. C'est une excellente option pour ceux qui veulent tester les Layer 2 de Bitcoin. L'équipe de Kaleid Swap sont des Italiens qui ont beaucoup développé sur RGB. Ils proposent aussi une clé Nostr.
Voilà, j'ai fait le tour de ce que je voulais vous montrer. J'espère que cela vous a plu et que vous avez appris des choses sur les innovations en cours sur Bitcoin, même si ce n'est encore que rudimentaire. Des choses intéressantes devraient arriver sur Arc prochainement, ainsi que d'autres implémentations du protocole Arc.
Merci à tous d'être passés sur le live. Je vous dis à jeudi prochain pour la revue d'actualité avec Vincent, et la semaine prochaine à la même heure pour un live avec moi et peut-être un invité. Bonne soirée à tous. Salut.