
Isabelle RÉOCREUX dénoue les blessures cachées derrière la flamme jumelle
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Isabelle se présente comme une thérapeute médium, ayant un parcours atypique, issue d'une grande école de commerce, dans une famille d'enseignants où la rationalité et l'intelligence rationnelle primaient, et où les émotions n'étaient pas écoutées. Cette éducation a été une source de souffrance pour elle, d'autant plus qu'elle se sentait très connectée spirituellement dès son plus jeune âge. Elle se posait des questions existentielles devant le miroir, se demandant pourquoi elle était dans ce corps, des questions qu'elle gardait pour elle, enfouissant cette partie de son être pour développer son mental et sa rationalité.
Ce rapport difficile à son corps a été accentué par sa grande taille (1m80 depuis l'âge de 15 ans), la faisant paraître plus âgée qu'elle ne l'était. Enfant, elle attirait le regard d'hommes adultes, ce qui la mettait mal à l'aise, sans comprendre leurs intentions. Elle se faisait aborder, mais ses réactions d'enfant provoquaient des moqueries, associant ainsi le fait de plaire à la moquerie. Elle n'arrivait pas à aimer son corps, car il renvoyait une image qu'elle n'appréciait pas. Sa famille, préoccupée par ses frères aînés, n'a pas perçu son mal-être.
Malgré cela, son parcours scolaire et universitaire a été excellent, intégrant une business school et obtenant un master en marketing. Son côté rationnel et sa capacité à ne pas écouter son corps l'ont aidée à travailler énormément en classe préparatoire, réussissant brillamment ses études.
Le déclencheur de son changement a été la rencontre de sa flamme jumelle. Elle décrit ce lien d'âme comme extrêmement fort, intense et douloureux, car il confronte la personne à elle-même, à ses blessures et à ses masques. Cette relation ne pouvait pas s'expliquer rationnellement, au point qu'elle s'est interrogée sur sa propre folie. Elle a vécu cette relation pendant des années sans connaître le concept des flammes jumelles, ce qui lui a permis de la vivre sans intellectualiser ni se cacher derrière des concepts.
Face à l'absence de réponses dans son entourage, elle a consulté des médiums, jusqu'à ce que l'un d'eux lui parle des flammes jumelles. C'est à ce moment qu'elle a compris qu'elle devait travailler sur elle-même et explorer ses autres dimensions pour aller mieux.
Elle précise que la relation de flamme jumelle n'est pas nécessairement une relation de couple au sens commun du terme. Elle décrit une reconnaissance mutuelle, une attirance, mais aussi une lutte de l'ego. Son propre ego résistait, sentant qu'il allait perdre sa place au profit de l'âme et du cœur. Cette relation, bien que déstabilisante et effrayante, était aussi fascinante. L'intérêt était réciproque, même si les réactions face à cette intensité différaient. Elle a cherché à faire fonctionner la relation, tandis que l'autre personne, par peur, partait dans le déni, créant un cycle de souffrance pour les deux.
Elle insiste sur le fait que la relation de flamme jumelle se distingue des relations "normales" ou même des relations toxiques par sa dimension spirituelle, divine. Des signes non rationnels se manifestent, la ramenant constamment à cette personne, même lorsqu'elle tentait de l'oublier ou de rencontrer d'autres personnes. Ces signes ne sont pas des prédictions, mais des indications qu'il y a quelque chose à apprendre de ce lien pour son propre cheminement.
Cette expérience a ravivé sa médiumnité, qu'elle avait coupée. Au niveau des âmes, elle ressentait une connexion profonde, même la nuit, à travers des rêves. Bien que l'autre personne reconnaisse l'importance de ce lien, la peur l'empêchait de s'engager pleinement. Isabelle reconnaît que cette relation est destructrice par certains aspects, mais aussi créatrice. Elle a compris qu'il fallait arrêter de se focaliser sur l'autre pour se concentrer sur soi, sur les blessures que cette relation révélait et sur la manière de s'améliorer.
Elle a dû réharmoniser son approche, car elle avait tendance à se réfugier dans le spirituel pour échapper à la souffrance matérielle, excusant parfois des comportements inacceptables. Le travail a consisté à accepter l'existence des deux dimensions (matérielle et spirituelle) et à apprendre à vivre des relations saines et épanouissantes sans renier ce lien spirituel.
Actuellement, elle n'est pas en contact avec sa flamme jumelle, une décision qu'elle a elle-même initiée et qui lui convient pour le moment. Elle reconnaît que cette relation a demandé un long travail sur elle-même, un "deuil" de cette flamme jumelle, sans pour autant la renier, car elle a été un moteur essentiel pour devenir la personne qu'elle est aujourd'hui.
L'expérience de la flamme jumelle n'est pas ce qui l'a rendue thérapeute directement. Son cheminement l'a amenée à rechercher d'autres façons de travailler sur elle-même. Elle a découvert l'école du CRAM au Canada, qui propose une formation en approche non directive créatrice (NDC). La première année, axée sur le travail sur soi, l'a passionnée, la poussant à poursuivre les trois années de formation pour devenir thérapeute.
L'approche NDC, créée par Colette Portelance, est une approche relationnelle qui prend en considération l'unicité de chaque personne. Le thérapeute ne vient pas avec un plan préétabli, mais accompagne la personne en explorant son discours intérieur, ses émotions, son vécu, ses obstacles et ses ressources, en partant de sa porte d'entrée (rationnel, émotions, corps ou spirituel). L'objectif est d'aider la personne à mieux se connaître, à différencier ce qui est de son propre vécu de ce qui est objectif, ce qui lui appartient de ce qui appartient à autrui, et de reprendre le pouvoir sur sa vie.
Isabelle propose des séances de thérapie individuelle basées sur la NDC, axées sur l'écoute sans jugement et la création d'un espace de sécurité. Elle utilise cette approche comme une posture dans ses séances de coaching et de guidance. Les personnes qui font appel à elle sont souvent celles qui ont une partie d'elles-mêmes surdéveloppée (comme le rationnel ou le spirituel) et qui souhaitent explorer les autres dimensions pour se retrouver, s'aimer davantage et avoir plus confiance en elles.
Elle souligne l'importance de s'accepter et de s'aimer, plutôt que de chercher à se changer ou à s'adapter par peur. L'adaptation peut être un choix conscient et aligné, comme dans ses relations familiales. Ce qui est important, c'est d'être conscient de la place que l'on occupe intérieurement dans ce que l'on fait ou ne fait pas, car c'est cela qui permet d'être créateur et acteur de sa vie.
Elle reconnaît être toujours en cheminement, une caractéristique qu'elle apprécie dans l'approche NDC, qui enseigne aux thérapeutes à être à l'écoute d'eux-mêmes pendant les séances. Si une réaction se manifeste, c'est un signe que quelque chose est touché en eux, nécessitant un travail personnel.
Isabelle partage l'exemple d'une personne qu'elle a accompagnée, qui vivait également une relation de flamme jumelle et souffrait énormément d'une séparation. La personne venait avec l'espoir que le travail sur soi ramènerait l'autre. Isabelle l'a aidée à se recentrer sur elle-même, à moins se focaliser sur l'autre, et à ramener le focus sur ses propres besoins. Elle explique que la flamme jumelle est un effet miroir, révélant nos blessures et nos masques, mais aussi notre être profond et nos potentiels. Le travail consiste à creuser pour révéler cette version authentique de soi.
Elle souhaite que les gens retiennent qu'il est possible de ne pas subir, d'être soi-même, et qu'en apprenant à se connaître et à s'accueillir, on devient créateur de sa vie. Elle confirme être heureuse aujourd'hui, même si la relation de flamme jumelle reste présente au niveau de l'âme, sans contact physique. Elle a fait le deuil de cette relation sans la renier, car elle a été un moteur essentiel dans sa vie. Elle n'est plus en contact avec sa flamme jumelle et ne fréquente plus la même salle de sport. Elle admet que le processus de guérison n'est pas totalement achevé, une partie de cette situation échappant à son contrôle et à celui de l'autre, relevant de quelque chose de plus grand.
Son accompagnement, qui intègre l'amour de soi, l'estime de soi, la confiance en soi, et l'intelligence émotionnelle et relationnelle, vise à aider les personnes à retrouver leur authenticité et leur pouvoir personnel.