
La bourse se passe désormais sur la blockchain - Revue d'actualité des cryptomonnaies
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Bonjour à toutes et à tous et bienvenue dans cette revue de l'actualité crypto. Nous allons aborder plusieurs sujets, notamment la régulation aux États-Unis, la tokenisation, la géopolitique avec l'Iran et les déclarations d'Emmanuel Macron sur les cryptos.
**Emmanuel Macron et le "Far West" des cryptos**
Emmanuel Macron a récemment qualifié les cryptomonnaies de "Far West" lors d'un forum sur le financement du terrorisme et le blanchiment d'argent. Il a souligné la nécessité de réguler ce secteur, craignant que les acteurs de la finance traditionnelle ne reprochent aux régulateurs de ne pas avoir imposé de règles strictes aux cryptos, alors qu'ils sont eux-mêmes soumis à de nombreuses contraintes.
Il est important de remettre ces propos en perspective. Les chiffres sur le blanchiment d'argent dans la finance traditionnelle sont anciens et difficiles à estimer, se situant entre 2 et 5% du PIB mondial. En revanche, pour la blockchain, les estimations de 2025 par Chainalysis indiquent moins de 1%. Il est crucial de noter que ces chiffres ne sont pas directement comparables : ceux de Chainalysis portent sur les volumes totaux de transactions crypto, incluant les activités illicites, tandis que ceux de la finance traditionnelle sont souvent rapportés au PIB, ce qui n'est pas une mesure équivalente aux volumes de transactions. Si l'on comparait les volumes de transactions illicites, la finance traditionnelle serait potentiellement dans les mêmes eaux, voire plus faible, que la crypto en pourcentage.
Les régulations européennes ont été largement poussées par les acteurs traditionnels, ce qui a eu pour effet de freiner l'innovation en Europe, laissant la place aux grands acteurs financiers disposant de capitaux importants pour innover.
Le discours de Macron est d'autant plus surprenant que la France connaît une recrudescence d'enlèvements liés aux cryptomonnaies, où les criminels pensent à tort que les transactions crypto sont intraçables. Pointer du doigt le "Far West" des cryptos dans ce contexte semble maladroit. Le problème de ces enlèvements est en partie dû à la régulation elle-même, qui crée des points de données centralisés susceptibles d'être divulgués et exploités par des réseaux criminels. Une réduction de la collecte systématique de données pourrait potentiellement diminuer ces activités illicites.
Macron semble déconnecté de la réalité et utilise des statistiques de manière sélective. Ses affirmations, comme celles sur les jeux vidéo rendant violent, sont souvent infondées. Il adapte la réalité à son discours politique.
Il a également mentionné les "continents émergents" qui seraient "totalement hors de régulation". Cela s'inscrit dans une volonté de contrôler et de patronner ces pays, notamment en Afrique et en Asie du Sud-Est, qui adoptent massivement les cryptos. Il souhaite que ces nations s'alignent sur les régulations européennes, même si celles-ci peuvent être inefficaces et alimenter la criminalité.
De plus, les statistiques sur les transactions illicites en cryptos incluent des éléments qui méritent d'être nuancés. Par exemple, les vols de cryptos par la Corée du Nord ou les actifs liés à des sanctions contre la Russie et l'Iran sont comptabilisés comme illicites. La qualification d'une transaction comme illicite dépend du point de vue, notamment si l'on considère comme illicites les transactions faites par des pays jugés "ennemis" par certaines puissances. Le débat est complexe et les discours de Macron semblent viser à justifier une politique encore plus coercitive.
**L'Iran et l'adoption du Bitcoin pour les paiements**
L'Iran a récemment annoncé accepter les paiements en Bitcoin pour diverses transactions, notamment pour des frais de traversée du détroit d'Ormuz sous forme d'assurance. Il est important de noter que si les médias traditionnels parlent souvent de "cryptos" de manière générale, les sources officielles iraniennes mentionnent explicitement le Bitcoin. Cela envoie un message fort de légitimation du Bitcoin en tant que monnaie incensurable et neutre pour les États.
Cette décision s'inscrit dans un contexte géopolitique où l'Iran est sous sanctions bancaires, rendant difficile l'utilisation de monnaies fiduciaires traditionnelles. Le Bitcoin offre une alternative, car il est plus facile à acquérir et à utiliser sans passer par le système bancaire international soumis aux sanctions.
L'assurance proposée pour la traversée du détroit d'Ormuz est un cas particulier. Bien que non obligatoire, les bateaux ont tout intérêt à la prendre pour éviter d'être bombardés, soit par l'Iran elle-même, soit par les forces américaines qui bloquent également le détroit. Cette situation rappelle les "taxes de protection" demandées par les gangs au Salvador, où la "protection" est en réalité une extorsion pour éviter d'être attaqué par les extorqueurs eux-mêmes.
L'adoption du Bitcoin par des États comme l'Iran, bien que controversée en raison du régime iranien, soulève des questions sur la neutralité de cette monnaie. Certains pourraient y voir une preuve que le Bitcoin est une monnaie de "méchants", mais cela pourrait aussi pousser des acteurs financiers traditionnels à s'interroger sur leur propre implication dans le Bitcoin.
**Tokenisation et Hyperliquid**
Le secteur de la tokenisation prend de plus en plus d'ampleur. Hyperliquid, une plateforme de trading, permet de s'exposer à des marchés pré-IPO (avant l'introduction en bourse) sur des entreprises comme SpaceX ou Anthropic. Cependant, il est crucial de rester prudent car les actions non encore cotées n'ont pas de valeur officielle tant qu'elles ne sont pas inscrites dans les registres de l'entreprise. Le marché secondaire peut ne pas refléter le prix réel à l'introduction en bourse.
Hyperliquid a également annoncé un partenariat avec Coinbase et Circle pour faire de l'USDC le stablecoin de référence sur sa plateforme, ce qui pourrait augmenter ses revenus et les rachats de son propre token.
La SEC (Securities and Exchange Commission) américaine devrait bientôt proposer un cadre expérimental pour les actions tokenisées, permettant aux projets de fonctionner sous certaines conditions pendant quelques années avant une régulation définitive. Cela pourrait être très intéressant pour des projets comme Ondo et d'autres plateformes proposant des actions tokenisées.
Des partenariats se multiplient, comme celui de Chainlink avec la DTCC (un organisme de règlement boursier), montrant un engouement croissant pour la tokenisation des actifs traditionnels.
PolyMarket, une plateforme de marchés prédictifs, a également établi un partenariat avec le Nasdaq pour parier sur la date et le prix des introductions en bourse. C'est un outil différent d'Hyperliquid, car il s'agit de paris sur des événements plutôt que d'une exposition directe à des actions non cotées, ce qui peut être moins risqué.
Hyperliquid permet à quiconque, sous réserve de staker 500 000 jetons HYP, de lancer un contrat futur sur n'importe quel actif. Bien que cela offre de nouvelles opportunités de trading, il est important d'être conscient des risques, car la plateforme ne vérifie pas les réserves sous-jacentes des contrats créés par des tiers. Pour les traders expérimentés, cela peut être intéressant pour des expositions à court terme, mais ce n'est pas recommandé pour de l'investissement à long terme.
**La famille Trump et les cryptos**
Eric Trump, fils de Donald Trump, s'est récemment plaint d'une "débancarisation" de la famille Trump par les banques américaines, suite à l'attaque du Capitole en janvier 2021. Les banques JP Morgan et Capital One ont en effet fermé plusieurs comptes liés à la famille. Bien que les raisons officielles soient réglementaires, le timing soulève des questions sur des motivations politiques. Ce phénomène de "débancarisation" est également connu en France dans le secteur des cryptos.
Cependant, il est important de relativiser cette victimisation. La famille Trump a été impliquée dans plusieurs projets crypto controversés, notamment le token WLFI, les "meme coins" Trump et Melania, et des suspicions de délits d'initiés. Ces projets sont souvent critiqués pour leur surcentralisation et la rétention d'une grande partie de l'offre de jetons par la famille, qui a ensuite "dumpé" sur sa communauté.
La promotion de ces projets par une personnalité politique comme Donald Trump pose des questions éthiques, car ses supporters peuvent suivre aveuglément, investissant dans des projets peu fiables. Cela met en lumière un problème plus large de légitimation de personnes au pouvoir qui promeuvent des "scams" ou des projets bancals, qu'ils soient de droite ou de gauche. La question n'est pas tant de savoir qui est "bon" ou "mauvais", mais plutôt la capacité d'un individu au pouvoir à agir de manière peu morale et à abuser de cette confiance.
**La politique française et les élections à venir**
En France, les sondages sur Polymarket montrent une anticipation des élections présidentielles à venir. Actuellement, Bardella est en tête, suivi d'Édouard Philippe et Mélenchon. Ces paris prédictifs sont souvent considérés comme plus rationnels que les sondages d'intention de vote, car les parieurs misent sur celui qui a le plus de chances de gagner, indépendamment de leurs préférences personnelles.
L'actualité politique française est marquée par la nomination de proches du président à des postes clés, comme à la Banque de France ou à la Commission européenne des finances, ce qui soulève des questions sur l'indépendance de ces institutions et la volonté des dirigeants de rester au pouvoir au-delà de leur mandat.
En conclusion, l'actualité crypto est étroitement liée aux événements géopolitiques et politiques. Les déclarations des dirigeants, les actions des États et les évolutions réglementaires ont un impact direct sur le secteur.