
Geneviève TURGEON ose parler aux défunts et transmettre leurs messages sans filtre
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Geneviève Turgeon, médium québécoise, partage son parcours étonnant et sa vision de la médiumnité. Initialement plongée dans le monde corporatif et de la construction, sans aucune prédisposition ou intérêt pour la spiritualité, sa vie bascule à 40 ans. Après avoir vécu plusieurs dépressions malgré une vie réussie en apparence (succès professionnel, facilités dans le sport), elle décide de simplifier sa vie, vendant maison et voitures pour chercher un sens plus profond.
L'élément déclencheur de sa médiumnité est une expérience hors du commun. Un matin, alors qu'elle s'apprête à travailler dans une serre de jardin, une dame lumineuse et transparente, sans dire un mot, apparaît dans son salon. Cette apparition la suit toute la matinée. Paniquée mais calme, Geneviève tente d'ignorer la présence. Le soir, elle est victime d'une grave allergie alimentaire à des burgers de thon, qu'elle n'avait jamais cuisinés. Elle est transportée d'urgence à l'hôpital et réalise qu'elle a frôlé la mort. À son retour, la même dame réapparaît, souriante, et lui répond quand Geneviève lui propose un café. C'est le début de sa capacité à communiquer avec les défunts.
Cette première défunte est une amie d'enfance de sa mère, décédée subitement. Geneviève, effrayée par l'idée de devenir folle, cherche d'abord un psychiatre, qui lui propose un internement de 10 à 30 jours. Refusant cette option, elle contacte une médium dont elle avait entendu parler. Cette rencontre est décisive : la médium la rassure, lui expliquant que c'est un don et non de la schizophrénie. Elle l'encourage à pratiquer, ce que Geneviève fait d'abord avec les voisines de la médium, puis en organisant ses premiers groupes.
Geneviève raconte ses premières séances de groupe où, très nerveuse, elle explique ses doutes. Les défunts arrivent en riant, l'un d'eux la faisant rire en parlant de sa vie intime avec sa femme. Ces expériences confirment son don. Elle assume alors publiquement sa médiumnité via un "coming out" sur Facebook, utilisant l'expression populaire "elle parle avec les morts" pour se définir. Sa famille, bien que stupéfaite, accueille son don avec amour et en profite pleinement.
La médiumnité de Geneviève est permanente, mais elle a appris à la gérer. Elle peut demander aux défunts de se taire si elle est trop sollicitée, mais certains messages urgents peuvent la déranger à tout moment, notamment quand un défunt veut prévenir un proche d'une "gaffe monumentale" ou de pensées suicidaires.
Concernant la transmission des messages, Geneviève ne censure rien. Si elle reçoit une information du défunt, elle la transmet, même si la personne vivante ne l'a pas sollicitée. Elle explique l'information en précisant qu'elle est médium et que la personne est libre d'en faire ce qu'elle veut. Les réactions varient de l'incrédulité à l'émotion profonde.
Un moment marquant de sa carrière, bien que non lié directement aux défunts, est sa compréhension profonde de l'amour inconditionnel et du pardon, qu'elle associe à Dieu. Ayant grandi dans un milieu catholique peu pratiquant, elle a toujours ressenti une présence supérieure. Sa médiumnité l'a amenée à chercher des réponses sur la religion, ce qui a renforcé sa foi et sa capacité à voir la beauté et le potentiel en chacun, même chez les criminels.
Geneviève explique que les défunts ne donnent pas toujours des détails précis comme les noms ou les dates de naissance, car ils préfèrent souvent aller directement à l'essentiel, transmettant des messages d'amour, de pardon ou de soutien. Elle leur demande souvent de dire quelque chose que personne d'autre ne sait pour prouver leur présence. Elle insiste sur le fait qu'elle n'est qu'un "micro" pour eux, et que ce sont les défunts qui décident ce qu'ils veulent communiquer.
Contrairement à d'autres médiums, Geneviève ne croit pas qu'il faille laisser un "laps de temps" aux défunts avant de les contacter. Sa propre grand-mère est venue la voir le soir même de son décès, lui reprochant de ne pas l'avoir contactée. Elle a également vécu des séances où des défunts étaient présents le jour même de leur mort.
Geneviève perçoit sa médiumnité non comme un fardeau, mais comme un don qui lui a été donné subitement. Cependant, elle admet que cela demande une énorme énergie mentale d'écouter plusieurs défunts et de transmettre leurs messages, ce qui rend difficile la concentration sur d'autres tâches. Elle insiste sur le fait que la médiumnité n'est pas toujours rose et peut être épuisante.
Elle a écrit un livre intitulé "Comment discuter avec tes défunts sans développer de dons". Son objectif est de permettre à chacun de communiquer avec ses proches décédés, sans avoir besoin de développer des facultés médiumniques. Le livre propose des techniques pour tester les capacités des défunts à interagir avec le monde physique (faire clignoter des lumières, faire du bruit) et pour comprendre leurs messages. Son but est de réduire la dépendance à la médiumnité professionnelle et d'offrir une preuve concrète de la présence des défunts pour apaiser la peine.
Geneviève partage des anecdotes sur la façon dont elle gère les esprits indésirables, comme un ancien propriétaire grincheux dans son chalet. Elle fait appel à sa propre "famille" de défunts, qu'elle appelle son "service d'ordre", pour les faire partir. Elle encourage chacun à demander l'aide de ses défunts pour améliorer sa vie, pour un sommeil réparateur ou pour trouver l'inspiration.
Interrogée sur l'avenir du monde, Geneviève ne partage pas de prédictions alarmistes sur les réseaux sociaux. Elle préfère transmettre les conseils de ses grands-parents qui ont vécu les guerres mondiales : apprendre à jardiner, se rapprocher des voisins, trouver le bonheur dans les choses simples. Elle reconnaît que les temps seront difficiles, mais qu'il y aura toujours de la lumière.
Concernant la politique, elle évoque des discussions avec des défunts sur la mort de Trump (qui sera accidentelle en apparence mais ne le sera pas) et l'idée que le Canada devienne le 51e état américain, une idée qui divise les Canadiens. Elle prédit une forte hausse du prix de l'essence au Québec cet été. Pour les guerres en Europe, elle estime qu'elles dureront longtemps et s'intensifieront, avec des conflits religieux et une crainte particulière pour l'Italie.
Quant au prochain président français, elle le décrit comme un homme plus jeune que l'actuel, avec un visage rond et des cheveux foncés, dégarni sur le dessus, évoquant potentiellement Édouard Philippe. Elle souligne que le futur n'est jamais "coulé dans le béton" et que les choix humains peuvent influencer les événements.
En conclusion, Geneviève souhaite que l'on retienne de son témoignage que les défunts aiment profondément leurs proches et font d'énormes efforts pour communiquer leur présence. Il suffit d'être attentif et d'écouter, car les signes sont partout, même invisibles. Elle termine en rappelant sa "punchline" : "Elle parle avec les morts", une expression que les gens utilisent pour la décrire.