
Votre ETF World est un PARI sur 10 entreprises
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L'ETF World semble être un moyen simplifié et liquide d'investir dans plus de 1311 entreprises réparties dans 23 pays solides, avec des frais minimes. Cependant, la réalité est plus nuancée : 71 % de cet ETF est constitué d'entreprises américaines, 25 % des 10 plus grandes entreprises et 25 % du secteur technologique. Il est donc très concentré sur quelques entreprises technologiques aux États-Unis.
Un indice MSCI World est un indicateur suivant l'évolution d'un groupe d'actions dans un groupe de pays. Les ETF répliquent cet indice. L'indice World MSCI comprend 1311 entreprises dans 23 pays développés. Cela exclut de nombreuses entreprises et pays non développés, certains ayant un PIB plus élevé que des pays développés.
En examinant les actions de l'indice, les 10 premières lignes représentent plus de 25 % de l'indice. La capitalisation de Nvidia seule est 196 fois la taille moyenne des sociétés de l'indice, montrant une faible diversification.
Au niveau des pays, les États-Unis représentent 71 %, suivis du Japon (6 %), du Royaume-Uni (4 %), du Canada (4 %) et de la France (3 %). Des pays majeurs comme la Chine ou l'Inde sont absents.
Par secteur, la technologie domine avec 25 %, la finance 16 % et l'industrie 12 %. En investissant 10 000 € dans un ETF World, 7127 € iraient aux États-Unis, 2531 € sur une dizaine de lignes, et seulement 258 € en France. La diversification est donc limitée.
Le ratio cours/bénéfice (PER) de l'ETF est de 22,70, considéré comme historiquement élevé, comparé à une moyenne de 15 pour le S&P 500 par le passé. Cela signifie que l'on paie plus cher pour les profits.
Depuis 1987, l'indice a généré 8,72 % bruts annuels, incluant les dividendes réinvestis. En 2022, il a baissé de 17,73 %. La perte maximale historique (drawdown) fut de 57,46 % entre octobre 2007 et mars 2009, similaire à celle du S&P 500. Sur le long terme, l'ETF World sous-performe le S&P 500 tout en ayant des corrections identiques et des frais structurellement plus élevés.
Malgré ces points, un ETF World peut constituer le cœur d'un portefeuille, offrant une exposition significative aux États-Unis et une bonne liquidité avec des frais bas par rapport aux produits bancaires traditionnels. Cependant, il ne faut pas se fier à sa diversification apparente pour réduire la volatilité. Une crise comme celle des subprimes pourrait entraîner une perte de 57 % sur plus de deux ans.
Il est recommandé de compléter cet investissement avec d'autres actifs pour une meilleure diversification et une réduction de la volatilité. Par exemple, 50 % en ETF World, 20 % en ETF pays émergents (Chine, Inde, Vietnam, Israël), 15 % en obligations d'État et 15 % en or. Cette stratégie hybride lisse la performance et réduit la volatilité, malgré des frais légèrement supérieurs.