
Julien FATISSON libère ce que votre souffle peut vraiment faire
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Pour mieux respirer, il faudrait respirer moins, une idée qui contredit les conseils habituels de prendre de grandes respirations pour se calmer. Julien Faisson, ostéopathe et expert en respiration, propose une approche novatrice, reliant les sagesses anciennes à la science moderne. Son parcours atypique, d'un doctorat en chimie physique à la pratique de l'ostéopathie et du chamanisme, est marqué par une quête de connexion humaine et de bien-être.
Après un doctorat en chimie, Julien Faisson a ressenti un éloignement du monde de la recherche, trop compétitif et politique. Aspirant à un contact plus direct avec les gens, il s'est réorienté vers l'ostéopathie. Il a découvert la cohérence cardiaque avec le Dr. David Oyer, une première étape vers une compréhension plus profonde de la respiration. L'ostéopathie, par son approche globale du corps, a naturellement complété sa vision de la santé, où la respiration occupe une place centrale. « On peut vivre sans manger pendant un certain temps, on peut vivre sans boire, mais vivre sans respirer, c'est impossible », souligne-t-il, qualifiant la respiration de « premier aliment » et de « premier geste, et c'est le dernier ».
La respiration, à la fois automatique et volontaire, offre un pouvoir inestimable. Si le "breathwork" est souvent évoqué, Julien Faisson rappelle qu'il existe de nombreuses autres pratiques et variations. La beauté de la respiration réside dans sa capacité à faire le pont entre les connaissances ancestrales et les découvertes scientifiques modernes. Des traditions anciennes aux travaux de chercheurs comme le Dr. Buteyko ou Wim Hof, la science valide aujourd'hui ce que les sages savaient depuis longtemps.
Julien Faisson a lui-même expérimenté les bienfaits du breathwork suite à une dépression et un burnout en 2020. Incapable de se lever le matin, il a trouvé dans la méthode Wim Hof, combinant respiration et exposition au froid, une solution radicale. Après deux mois de pratique quotidienne, son énergie et sa capacité à fonctionner ont été transformées. La technique Wim Hof, qui implique des cycles d'hyperventilation contrôlée suivis d'apnées, a démontré sa capacité à réduire les cytokines pro-inflammatoires, contribuant ainsi à diminuer l'inflammation dans le corps. Cette inflammation était, dans son cas, liée à un épuisement professionnel, une dépression, des douleurs chroniques et une maladie auto-immune.
Parallèlement, il a découvert la respiration entropique, une technique développée par le Dr. Stanislav Grof, qui permet d'atteindre des états modifiés de conscience et d'explorer les profondeurs de soi. Ces séances, plus longues et intenses, visent à réveiller les mémoires corporelles et énergétiques. Julien Faisson facilite ces pratiques, en adaptant les approches aux besoins de chacun. Il raconte l'histoire d'une femme d'une soixantaine d'années, venue le voir avec une peur panique de la mort. Après seulement trois séances, elle a radicalement changé de vie, surmontant sa peur, changeant de travail, et s'ouvrant aux autres. Cette transformation profonde est possible car, dans un état de conscience modifié, on accède à des mémoires familiales, transgénérationnelles, et on peut transformer, libérer et transcender.
Julien Faisson observe que la médecine conventionnelle, particulièrement au Québec, reste encore fermée aux approches alternatives, privilégiant le médicament. Cependant, il note une évolution, avec des médecins qui commencent à s'intéresser à la respiration, comme une de ses clientes dont le médecin lui a recommandé de le consulter pour des symptômes de COVID long. Pour aborder la COVID longue, il applique une approche holistique, considérant les trois composantes de la respiration : biomécanique, biochimique et neurologique. L'air doit arriver aux poumons à la bonne température et humidité, sans poussière. Une respiration buccale, au lieu de nasale, peut entraîner une constriction des bronches, réduisant l'efficacité des échanges gazeux. « Pour respirer mieux, on devrait respirer moins », affirme-t-il, soulignant que la respiration profonde et lente est plus efficace que de grandes inspirations forcées.
Il distingue le "breathwork", souvent associé à des pratiques actives et transformatrices, de l'"entraînement respiratoire" qui vise à rééduquer une respiration dysfonctionnelle. La respiration normale est nasale, profonde, lente et abdominale. Une respiration buccale, thoracique et superficielle, est moins efficiente et peut engendrer fatigue, troubles du sommeil, et déséquilibres du système nerveux. Il mentionne que de nombreux chanteurs, bien qu'utilisant leur diaphragme, ne respirent pas toujours de manière optimale, et que travailler leur respiration pourrait améliorer leur puissance vocale.
Les enfants sont également très réceptifs aux exercices de respiration. Julien Faisson partage l'exemple d'une famille dont les filles ont rapidement intégré les pratiques, et d'un petit garçon de 5 ans qui demande à respirer pour gérer ses émotions. Il prépare d'ailleurs un livre pour enfants sur ce sujet. L'étude du Dr. David Oyer sur l'intégration de la cohérence cardiaque en classe a montré une amélioration des aptitudes intellectuelles et mentales. Le cerveau, grand consommateur d'oxygène, fonctionne mieux lorsqu'il est bien oxygéné.
L'inconfort ressenti lors de certaines pratiques de breathwork n'est pas un signe d'arrêt, mais plutôt un signal que l'on approche de dimensions plus profondes de soi, où l'ego peut résister. Cet inconfort, bien que parfois désagréable, est nécessaire pour libérer des tensions et accéder à un état de présence et de connexion. Julien Faisson compare la guérison à un parcours, où des "couches" sont progressivement retirées. Il insiste sur le fait que ces pratiques ne sont jamais dangereuses lorsqu'elles sont guidées par un facilitateur expérimenté, qui veille à respecter les limites de chacun. Le risque de perdre conscience, bien que théoriquement possible, ne s'est jamais produit dans ses accompagnements.
Il met en garde contre une pratique du breathwork visant uniquement l'euphorie, qui pourrait mener à une forme d'addiction. Pour lui, la respiration doit devenir une hygiène de vie, une habitude, puis un mode de vie. Il cite Aristote : « C'est par la discipline qu'on obtient les libertés », soulignant l'importance de la persévérance.
Il évoque également la méthode "Oxygène Advantage" de Patrick McKeown, axée sur la refonctionnalisation biochimique de la respiration. Cette approche recalibre les capteurs de dioxyde de carbone, expliquant que ce gaz, souvent considéré comme un déchet, joue un rôle crucial dans l'oxygénation des cellules et l'équilibre de la chimie sanguine. La respiration nasale est primordiale car le nez filtre, tempère et humidifie l'air, contrairement à la bouche.
Enfin, en tant que praticien en chamanisme transculturel, Julien Faisson intègre la respiration à cette pratique ancestrale. Le souffle est le lien entre le corps physique, émotionnel, mental et spirituel. Il voit dans le souffle une analogie avec la création de l'univers, mêlant son et respiration, inspiration et expiration. Les techniques de respiration utilisées par les chamans depuis des millénaires pour provoquer des transes sont toujours d'actualité.
Les bénéfices de cette approche sont multiples : réduction du stress, clarté mentale, concentration accrue, régulation émotionnelle, meilleur sommeil, digestion facilitée, système immunitaire renforcé, et amélioration de la posture. Il suffit de prendre conscience de sa respiration et de pratiquer quelques exercices pour réhabituer le corps et le système nerveux.
Dans sa routine matinale, Julien Faisson combine des exercices de breathwork, de boumot, et de l'Oxygène Advantage lors de ses promenades. Il pratique également des techniques comme le "Cabbalapati" (souffle du feu) pour énergiser son corps et se connecter au "souffle primordial". Il considère que sa respiration, désormais fonctionnelle, lui a littéralement sauvé la vie, lui permettant de gérer les défis du quotidien sans douleur ni souffrance. Il envisage de refaire des tests médicaux pour vérifier l'état de son ancienne maladie auto-immune.
Il annonce également une conférence au Salon Zen de Paris en septembre, partageant son approche pédagogique et vulgarisant un sujet essentiel. La respiration, loin d'être un simple acte physiologique, est un outil puissant de transformation et de bien-être, un souffle de vie qui peut nous reconnecter à nous-mêmes et au monde.