
L'AFTER : OpenAI défie les maths, BlaBlaCar passe à l'IA & la French Tech trinque !
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C'est vendredi soir, et l'after de Silicon Carnet fait le bilan de la semaine tech. Au programme, des invités de marque : Fred Mazzella, fondateur de Blablacar, présente Cojitors, une IA qui interroge les experts. Alex Massme, jeune entrepreneur français basé à San Francisco, a décidé de "hacker" le droit français avec des agents IA, notamment le Code du travail. L'émission aborde aussi les résultats des géants de la tech, les découvertes scientifiques d'OpenAI, les plans de départ chez Microsoft et une start-up qui clone des chiens de guerre.
La discussion débute par un débat sur la French Tech et le rôle de figures politiques comme Jean-Michel Mis. Les sociétaires critiquent l'idée que ce personnage soit le porte-parole de la tech, estimant que la French Tech a besoin de se structurer différemment, sans dépendre exclusivement du financement public. Ils soulignent que les soirées et événements, bien que critiqués, ont contribué à créer une dynamique entrepreneuriale. L'idée émerge que la fin du financement public pourrait pousser la communauté à s'organiser de manière plus autonome.
Un événement "Hunta" (qui deviendra "Afters à Nantes") est annoncé, organisé par la communauté, centré sur la sécurité des IA avec Marie Pintavoine, CEO de Skyld.
Les résultats financiers des géants de la tech sont ensuite analysés. Microsoft et Alphabet (Google) affichent des chiffres contrastés. L'investissement massif dans les data centers, représentant 700 milliards de dollars cette année pour les "GAFAM" et potentiellement 1400 milliards l'année prochaine, est mis en lumière. Cette croissance est alimentée par une demande exponentielle en puissance de calcul. Cependant, Google a déçu les marchés avec une baisse de 7% de son action, notamment à cause de la difficulté à financer la construction de ses data centers avec ses revenus nets. Un économiste de Columbia estime que l'IA engloutira plus de 3% du PIB américain chaque année jusqu'en 2032, dépassant les investissements historiques dans les infrastructures. Les États-Unis semblent avoir une capacité de financement quasi infinie grâce à la politique monétaire et à la dette.
La discussion se penche sur Google, qui, malgré ses succès dans le cloud, voit son moteur de recherche, sa principale source de revenus, ralentir. L'entreprise est perçue comme s'étant "assoupie" sur ses acquis publicitaires, mais elle se réinvente en investissant massivement dans l'IA, quitte à se mettre en dette. Cette stratégie, bien que risquée, est vue comme nécessaire pour rester compétitif. Les marchés financiers, en se focalisant sur les chiffres à court terme, ne comprendraient pas cette vision à long terme.
L'intervention de Conto, une néobanque française pour entrepreneurs, met en avant l'intégration de l'IA pour gérer la facturation et les relances clients, soulignant l'importance de ces outils pour la productivité.
Le segment sur Google explore le potentiel de son activité cloud, qui pourrait dépasser celle de Microsoft Azure. La difficulté de migration pour les clients, garantissant une fidélité à long terme, est un atout majeur. Cependant, la question de la séparation du cloud et du moteur de recherche est soulevée, ainsi que la première fois que Google affiche un free cash flow négatif (-9 milliards) et une dette multipliée par six en un an. Google DeepMind est présenté comme un atout majeur pour l'avenir, créant les business de demain, notamment avec ses propres puces (TPU) qui pourraient surpasser celles de Nvidia.
La conversation aborde ensuite les trois découvertes scientifiques annoncées par OpenAI : en mathématiques, informatique et physique. L'hypothèse du "temps exponentiel" (P ≠ NP) est décryptée : elle postule que certains problèmes informatiques, comme le décryptage de codes, sont insolubles en temps fini par un ordinateur. OpenAI aurait démontré que certaines catégories de problèmes sont solubles en temps polynomial, ce qui ne signifie pas P=NP, mais réduit la complexité. Les implications théoriques sont immenses, ouvrant la voie à des avancées significatives, mais aussi à des débats sur la nature de l'infini en mathématiques. La frustration ressentie par certains mathématiciens face à ces avancées, perçues comme une simplification de problèmes complexes, est soulignée. L'IA est vue comme un catalyseur pour la recherche et l'innovation, permettant de repousser les limites de la connaissance et d'augmenter l'ambition collective.
Fred Mazzella est ensuite invité pour parler de Cojitors. Il revient sur son roman "Robot premier", une IA présidente, et explique que Cojitors est un format d'interview où une IA interroge des experts. L'objectif est de montrer comment l'IA peut aider à mieux réfléchir, en posant des questions difficiles et en apportant des arguments factuels. Cette approche vise à stimuler la réflexion et à faire progresser la connaissance des deux côtés. L'idée est de déléguer les questions qui fâchent à l'IA, créant un dialogue différent de l'interview humaine, potentiellement plus rationnel et dénué d'ego.
La question des licenciements chez Microsoft est abordée. L'entreprise propose à 60 000 salariés, principalement aux États-Unis, Canada, Royaume-Uni et Inde, de partir volontairement avec une indemnité. Bien que ce ne soit pas un plan de licenciement classique, cette démarche est interprétée comme une gestion des effectifs dans un contexte de gains de productivité accrus grâce à l'IA et de besoins de financement pour les investissements massifs dans ce domaine. Microsoft a déjà eu recours à des programmes de départs volontaires par le passé. Ces plans sont vus comme un signal envoyé aux salariés sur la nouvelle orientation de l'entreprise, privilégiant l'agilité et la productivité.
Le débat s'élargit à la dynamique de l'emploi dans la tech, notamment aux États-Unis, où les licenciements sont fréquents. La flexibilité du marché du travail américain est comparée au marché français, plus protecteur pour les salariés. L'histoire de la Chine entrant dans l'OMC est évoquée comme un précédent de choc sur l'emploi, finalement absorbé par une économie dynamique et une grande mobilité professionnelle. La rapidité de l'adoption de l'IA pourrait cependant poser un défi plus immédiat. L'IA est vue comme un levier de productivité colossal, augmentant potentiellement la capacité des entreprises à innover et à se compétitivité.
La question de la fiscalité française, fortement assise sur le coût du travail, est soulevée. L'augmentation de la productivité grâce à l'IA pourrait rendre cette structure fiscale obsolète. Les États-Unis, avec une fiscalité moins axée sur le travail et une concentration des entreprises technologiques sur leur territoire, pourraient s'adapter plus facilement.
Enfin, Alex Massme présente son projet de "hack" du droit français. Inspiré par une déclaration de Sarah Knafo, il a utilisé des agents IA pour réécrire le Code du travail et d'autres codes en quelques heures. Son objectif est de détecter les incohérences, les contradictions et les redondances dans la loi. Il a réécrit 30 000 entrées juridiques, principalement économiques, estimant que cela représenterait des millions d'euros pour une équipe de juristes. Ce projet, mené gratuitement, vise à rendre le droit plus lisible et accessible aux citoyens, un peu comme une "cybersécurité" du code pour en identifier les failles. Il a été félicité par des collaborateurs et cherche à faire de ce projet une publication scientifique. L'idée est de "red teamer" le droit, c'est-à-dire de l'attaquer pour en révéler les failles et proposer des améliorations. L'initiative est saluée comme un apport démocratique, permettant aux citoyens de mieux comprendre la loi et d'être mieux informés politiquement.
La discussion aborde aussi la perception des médias, la polarisation du débat public, le rôle des réseaux sociaux et des podcasts alternatifs face aux médias traditionnels. Il est souligné que le discours dans les médias alternatifs diffère de celui des médias traditionnels, notamment dans la façon d'aborder des personnalités comme Brivael. Le débat sur l'IA et son impact sur l'emploi, la productivité et la fiscalité se poursuit, avec des réflexions sur l'adaptation des modèles économiques et sociaux face à cette révolution technologique. L'importance de l'éducation à la curiosité et à l'apprentissage est mise en avant pour naviguer dans ce nouveau paysage.