
Saylor A VENDU, et voici ce qu'on ne vous dit pas !
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La vente récente de 3000 Bitcoins par Sailor a relancé le débat sur sa stratégie. Deux camps s'affrontent : ceux qui le voient comme un visionnaire et ceux qui dénoncent un ponzi. Cependant, les deux parties commettent la même erreur en jugeant sa stratégie comme celle d'une entreprise classique. Sailor, lui, parle de réserves, de liquidité, de discipline et de gestion active du capital, un vocabulaire de trésorier ou de gestionnaire de banque centrale.
MicroStrategy, l'entreprise de Sailor, pourrait être comparée à une banque centrale un peu particulière. Une banque centrale détient des actifs de réserve, comme la Fed avec ses bons du Trésor ou la BCE avec son or. MicroStrategy, elle, détient du Bitcoin, plus de 840 000 à ce jour, soit environ 4% de tous les Bitcoins qui existeront. Aucune entreprise classique n'a jamais été dans une telle position. Un investisseur traditionnel achète un actif pour le revendre avec profit, mais Sailor se perçoit comme le gardien d'une réserve, avec des obligations de liquidité, de solvabilité et de confiance.
Un autre point commun avec les banques centrales est l'émission de passifs. Pour financer ses achats de Bitcoin, MicroStrategy a créé une gamme de titres, des actions préférentielles, avec différentes priorités et rendements. Parmi eux, le STRC, conçu pour coter autour de 100 dollars en échange d'un dividende élevé. Dans l'esprit de Sailor, le STRC n'est pas une action mais une quasi-monnaie, stable et prévisible, une promesse similaire à celle d'une banque centrale garantissant la valeur de sa monnaie.
Fin juin, le STRC a décroché, passant sous les 100 dollars, puis sous les 75 dollars. Face à cette dépréciation de sa "monnaie", MicroStrategy a agi comme une banque centrale. Sailor a d'abord augmenté le rendement du STRC à 12% pour attirer les acheteurs. Ensuite, pour honorer les dividendes promis, il lui a fallu du cash, ce qui a conduit à la vente de Bitcoins. Cette vente n'est donc pas une capitulation, mais une défense de son modèle. Le "Never Sell" de Sailor était un conseil aux particuliers, pas une règle d'entreprise.
Cependant, être une "banque centrale" vient aussi avec des angoisses, notamment celle de ne pas avoir assez de réserves pour faire face aux chocs. MicroStrategy s'est fixé la règle de couvrir au moins 12 mois de dividendes et d'intérêts. Actuellement, elle dispose d'environ 17 mois de cash, mais certains experts estiment qu'il en faudrait 24 à 36 pour une vraie sécurité. Cela place MicroStrategy dans une zone grise, où la confiance est primordiale.
Malgré les similitudes, MicroStrategy n'a pas les trois super-pouvoirs d'une banque centrale. Premièrement, elle n'a pas la planche à billets. Elle doit acheter ses Bitcoins au prix fort, et elle a même vendu des BTC à 60 000 dollars alors que son prix d'achat moyen est de 75 000 dollars. Deuxièmement, sa réserve, le Bitcoin, est l'actif le plus volatil, ce qui contredit le principe de stabilité d'une réserve. La valeur de ses Bitcoins a chuté de 8 milliards de dollars en un trimestre. Troisièmement, il n'y a pas de prêteur en dernier ressort au-dessus de MicroStrategy, contrairement aux banques centrales qui peuvent être secourues par d'autres banques centrales ou des gouvernements.
Des théories suggèrent même que le gouvernement américain pourrait un jour se saisir des BTC de Sailor si l'entreprise s'effondre. Nous sommes face à une entité qui a les attributs d'une banque centrale mais aucun de ses mécanismes de sécurité. C'est une banque centrale sans planche à billets et sans filet de sécurité.
Ce qui se joue est inédit : une entreprise privée cotée en bourse détient 4% d'un actif monétaire mondial, fabrique ses propres instruments financiers et mène une politique monétaire. Il n'y a que deux issues possibles. Soit l'expérience réussit, et