
Joe Rogan Experience #2536 - Eric Goode & Jeremy McBride
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L'épisode du podcast Joe Rogan accueille Eric et Jeremy pour discuter de leur nouvelle série documentaire HBO, "Monsters of God", qui explore le commerce des reptiles. Eric, passionné de reptiles depuis son enfance, partage son expérience personnelle et sa motivation pour cette série. Il raconte avoir possédé un python birman dans les années 70, qu'il a donné à quelqu'un avant d'entrer à l'université, soulignant le problème des propriétaires d'animaux de compagnie qui libèrent des espèces exotiques devenues trop grandes. Il mentionne que les pythons birmans et les iguanes verts sont devenus des espèces invasives en Floride, détruisant l'écosystème local.
Eric se décrit comme un "homme-reptile" depuis l'âge de six ans, ayant gardé des reptiles pendant plus de 60 ans. Il a été mordu par un serpent à sonnettes il y a 25 ans, une expérience douloureuse qui a provoqué des symptômes neurologiques similaires à ceux d'une morsure de cobra, mais sans nécrose grâce au type de serpent. Il a reçu 36 doses d'antivenin, et la partie la plus difficile de la récupération a été la maladie sérique due aux anticorps de cheval présents dans l'antivenin. Il déconseille de porter des sandales en randonnée et souligne que les morsures de serpents sont souvent le résultat d'un comportement imprudent. Il mentionne que les chiens peuvent développer une résistance aux morsures de serpents à sonnettes après une première exposition.
La série documentaire a débuté en 2008, inspirée par le livre "The Lizard King", qui dépeint un monde sombre et dangereux du commerce de reptiles. Un ami d'Eric, Fisher Stevens, lauréat d'un Oscar, l'a averti des dangers potentiels, car le livre parle de trafiquants de reptiles ayant des liens avec le trafic de drogue et d'armes. Le trafic illégal d'espèces sauvages représente environ 20 milliards de dollars par an, se classant après les armes, la drogue et le trafic humain, avec lesquels il y a souvent une convergence.
Les reptiles sont particulièrement faciles à trafiquer en raison de leur petite taille et de leur portabilité. Dans les premières années, avant des contrôles douaniers stricts, il était facile de transporter des animaux dans des valises et de les vendre. L'industrie est passée de quelques individus à une industrie de plusieurs milliards de dollars. Cependant, ce chiffre comprend une grande partie de la consommation de reptiles en Asie pour l'alimentation, la médecine traditionnelle et les peaux (alligator, crocodile, serpent). Le marché des animaux de compagnie exotiques en Asie a également explosé au cours des 25-30 dernières années.
La Californie a interdit la vente de peaux de python depuis 1970 pour protéger les espèces menacées, mais Eric critique cette loi, car elle interdit toutes les peaux de python, même celles d'espèces non menacées comme le python birman, qui prolifère en Floride. Il suggère que la Floride pourrait commercialiser ces pythons comme solution à l'invasion. Les iguanes verts en Floride sont également un problème, avec plus de 45 espèces d'iguanes dans le monde, dont certaines sont très rares et menacées, comme l'iguane des îles Fidji.
La prolifération des iguanes en Floride est due à la libération d'animaux de compagnie. L'émission met en lumière Mike et Ray Van Norand de "Strictly Reptiles", un centre de distribution de faune sauvage. Après la sortie de "Jurassic Park", la demande d'iguanes verts a explosé, et ils vendaient 5 000 iguanes par semaine. Jeremy raconte avoir accidentellement cuit son iguane de compagnie sur une roche chauffante. L'impact de la culture populaire sur la demande d'animaux de compagnie est une conséquence involontaire.
Le podcast aborde également le concept de "direwolves" génétiquement modifiés et la confusion autour de la conservation des iguanes. Eric, membre de l'International Iguana Foundation, souligne que de nombreuses espèces d'iguanes sont en danger, contrairement à l'iguane vert commun de Floride. Les iguanes en Floride peuvent causer des dommages aux cultures et aux maisons, et Eric insiste sur la nécessité de sensibiliser le public à la protection des reptiles, qui ont une mauvaise image.
Le commerce d'animaux de compagnie exotiques a conduit à l'introduction d'autres espèces invasives en Floride, comme le Tégu d'Amérique du Sud. Eric parle de son affinité pour les tortues terrestres, qu'il trouve plus faciles à coexister dans un jardin que les serpents, et de leur statut d'animaux les plus menacés, avec les primates. La série vise à éduquer le public sur le commerce des reptiles et à promouvoir un traitement responsable des animaux.
Le monde des reptiles est souvent motivé par la rareté et le désir d'aventure. Eric se décrit comme un collectionneur, recherchant les "Rolls-Royce des reptiles". Il compare les collectionneurs d'animaux à des collectionneurs d'art. Le podcast aborde la question de la dangerosité de certains serpents, comme le serpent corail, pour lequel l'antivenin est rare ou coûteux. En cas de morsure de serpent à sonnettes, il faut rester calme et se rendre à l'hôpital, car les méthodes anciennes comme sucer le venin sont inefficaces.
Le trafic d'animaux exotiques est également lié au trafic de drogue et d'armes. Les animaux sont utilisés pour dissimuler des drogues, comme la cocaïne dans des boas constricteurs, ou pour détourner l'attention des inspecteurs. Anson Wong, un trafiquant malaisien surnommé le "Pablo Escobar des reptiles", est un personnage clé de la série. Des animaux confisqués, y compris des dragons de Komodo, ont fini dans des zoos.
Le commerce de reptiles attire souvent des personnes marginales, et Eric admet avoir été nerveux lors d'entretiens avec des individus ayant un passé criminel. Il mentionne Mario Tawi, un personnage central de la série, condamné à plus de 100 ans de prison pour meurtre et trafic de drogue, mais libéré après 12 ans pour avoir fourni des informations au gouvernement. L'épisode 2 de "Monsters of God" explore l'entrelacement du trafic de drogue et d'animaux à Miami dans les années 80, avec un agent de la DEA poursuivant Tawi.
Le podcast révèle que les États-Unis exportent désormais des tortues indigènes vers l'Asie et l'Europe, où elles atteignent des prix très élevés. La Chine, en particulier, a un énorme marché pour les animaux de compagnie exotiques et la consommation de reptiles. Des fermes de tortues en Chine élèvent des espèces pour la consommation et la médecine traditionnelle, certaines tortues se vendant des dizaines de milliers de dollars.
La série aborde également la façon dont la culture populaire influence la demande d'animaux de compagnie, citant "Le Monde de Nemo" et "Harry Potter" comme exemples. Eric pense que "Tiger King" a eu l'effet inverse, incitant les gens à remettre en question la possession de grands félins. Il souligne que la diabolisation des reptiles est souvent culturelle et génétique, contrastant avec l'anthropomorphisme des mammifères dans les médias comme Disney.
Le taux d'extinction des reptiles est alarmant, avec une espèce sur cinq menacée. La série vise à montrer la brutalité de cette industrie et à inciter les gens à se soucier de ces créatures. Eric met en avant le travail de Rachel Carson et son livre "Printemps silencieux", qui a conduit à l'interdiction du DDT et au rétablissement des populations d'aigles et d'autres oiseaux de proie.
En conclusion, Eric mentionne un succès personnel : la reproduction réussie d'une tortue à soc, une espèce extrêmement rare et menacée, qui n'avait jamais été reproduite en captivité dans le monde occidental. Cette réussite est intégrée à la fin de la série. Il propose que la légalisation et la reproduction contrôlée de ces espèces rares pourraient réduire le braconnage. Le podcast se termine sur la complexité du commerce des animaux, les motivations variées des personnes impliquées, et la nécessité de trouver des moyens innovants pour protéger la faune.