
The Taylor Momsen Interview
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Taylor Momsen, chanteuse du groupe The Pretty Reckless, partage ses expériences et réflexions lors d'une interview. Actuellement en tournée en première partie d'AC/DC et en tête d'affiche de sa propre tournée, elle jongle avec un emploi du temps chargé. Elle décrit la première partie d'AC/DC comme la partie "facile" de sa semaine en raison de sa durée limitée (une heure) et de la maîtrise du spectacle. En revanche, les concerts en tête d'affiche, d'une durée d'environ deux heures, posent le défi de la sélection de la setlist, compte tenu de leurs cinq albums. Elle plaisante en disant qu'elle jouerait tout le nouvel album si elle le pouvait, mais qu'il faut faire des choix.
Elle raconte des anecdotes marquantes de ses tournées avec AC/DC, notamment deux incidents où elle s'est fait mordre : une chauve-souris sur scène à Séville, qui lui a valu le surnom de "Batgirl", et une araignée recluse brune au Mexique, qui a nécessité une hospitalisation et un traitement intensif. Ces expériences, bien que traumatisantes, ont forgé des souvenirs forts.
La conversation aborde ensuite sa relation avec Soundgarden, groupe dont elle est fan depuis toujours. Elle explique que la musique de Soundgarden, tout comme celle des Beatles, l'a marquée par sa profondeur, ses strates et sa capacité à parler à un niveau émotionnel profond. Elle a rencontré Chris Cornell à plusieurs reprises avant de tourner avec Soundgarden en 2017, une expérience qu'elle qualifie de fantastique, malgré la douleur et le choc causés par le décès de Chris. Elle a participé à des hommages et à l'intronisation du groupe au Rock and Roll Hall of Fame, soulignant la force de leur lien.
En parlant des Beatles, elle cite "Anthology" comme son album préféré pour son exhaustivité et la possibilité d'entendre l'évolution des chansons. Elle trouve le documentaire "Get Back" révélateur, montrant la nature humaine et les difficultés derrière la création musicale des Beatles, les rendant ainsi plus accessibles. Elle utilise les démos de "Strawberry Fields" comme exemple de la transformation d'une idée brute en une œuvre finie, un concept qu'elle applique à son propre processus créatif.
Taylor explique que le processus d'écriture de The Pretty Reckless est inspiré et non forcé. Elle attend que les idées "tombent du ciel" et s'immerge dans diverses formes d'art pour trouver l'inspiration. Le studio est son lieu préféré, un refuge où elle peut créer sans pression extérieure. Elle ne compose pas en studio, mais affine les chansons écrites ailleurs. Elle préfère écrire des chansons qui existent par elles-mêmes, plutôt que de se limiter à l'écriture pour la scène, bien que cela ait posé des défis pour l'adaptation de certaines chansons en live.
Elle aborde la puissance du son d'AC/DC, décrivant les amplis d'Angus Young comme "d'une intensité psychotique". Elle compare leur son à celui d'un "réacteur d'avion" et les considère comme l'incarnation du rock and roll, une expérience qui a ravivé son amour pour le genre. Elle attribue la popularité intemporelle d'AC/DC à la qualité intrinsèque de leurs chansons, qui semblent simples mais sont incroyablement complexes dans leur exécution.
Le nouvel album, "Dear God", est présenté avec les interludes musicaux "Life Evermore". Ces pièces, initialement un poème, sont présentées dans un ordre non chronologique sur l'album, servant d'introduction aux chansons et de fil conducteur narratif. L'ordre des parties de "Life Evermore" reflète la nature cyclique de la vie et la perception changeante des événements.
Concernant sa voix, Taylor affirme ne pas penser en termes techniques mais émotionnels, cherchant à transmettre l'intention derrière les paroles. Elle adapte son chant à l'émotion de la chanson, que ce soit plus doux ou plus agressif. Elle trouve étrange d'analyser sa technique, car elle perçoit sa voix comme un moyen naturel de communication.
Le processus de création d'un album est décrit comme complexe, notamment pour le mixage et le mastering, en raison des multiples formats d'écoute modernes (Bluetooth, streaming, etc.). Elle mentionne une tentative infructueuse de masteriser un album à un faible volume pour contrer la compression radio. Le mixage de "Dear God" a été particulièrement difficile en raison des tournées constantes. Elle déplore la perte de l'importance de la pochette d'album et du format physique à l'ère du streaming, mais garde espoir avec le retour du vinyle.
La promotion d'un album est désormais un "Far West" sans formule magique. Taylor privilégie la tournée et le fait de jouer les chansons en live comme meilleure méthode de promotion, car parler de musique est un défi pour elle. Elle compare l'art de parler de musique à "danser sur l'architecture".
La chanson "For I Am Death" est présentée comme une des plus amusantes à jouer en live, avec un moment où elle "fait exploser" le micro, une analogie vocale à "défoncer un mur à coups de poing". La collaboration avec Kim et Matt de Soundgarden sur "Only Love Can Save Me Now" est saluée pour la reconnaissance immédiate de leur style. Elle discute de la complexité des signatures rythmiques impaires de Soundgarden, un défi qu'elle a dû relever pour les interpréter en live.
L'album "Death by Rock and Roll" est né d'une période de pertes personnelles importantes (Chris Cornell, son producteur Kato). Elle a eu du mal à écouter de la musique pendant un temps, chaque chanson étant liée à des souvenirs douloureux. L'album est un processus de deuil en temps réel, évoluant d'une obscurité initiale vers un message d'espoir. Elle mentionne le travail avec un ingénieur du son, John Wyman, après la perte de Kato, leur "George Martin". "Dear God" marque le début d'un nouveau chapitre, un album plus affirmé et authentique, ressenti comme un premier album.
Elle compare la résilience d'AC/DC après la mort de Bon Scott et la sortie de "Back in Black" à sa propre expérience, soulignant la difficulté de surmonter la perte tout en continuant sa carrière.
Concernant l'écriture, elle utilise des carnets pour consigner des idées de paroles, mélodies, riffs ou pensées aléatoires. Elle écrit principalement chez elle, dans le calme, considérant l'écriture comme un exutoire et un moyen de traiter sa vie. Elle ne pense pas à partager ses écrits avant la sortie d'un album. Elle voit "Dear God" comme un résumé de sa vie, du bon comme du mauvais.
Elle exprime sa détestation des algorithmes de recommandation musicale, les trouvant souvent erronés. Elle observe que la musique est souvent reléguée au rôle de "musique de fond" pour la vie des jeunes, plutôt que d'être le centre d'attention. Elle compare cela à une époque où la musique était plus immersive et significative.
Elle évoque la différence entre son adolescence dans les années 70 et l'arrivée du grunge, qui l'a profondément touchée malgré la proximité d'âge avec les musiciens. Elle se décrit avant tout comme une fan. Elle regrette la prédominance des enregistrements vidéo lors des concerts aujourd'hui, comparant cela à l'authenticité des concerts des années 80-90 où les gens interagissaient directement.
Elle révèle avoir arrêté la comédie à 15 ans, trouvant que le rôle d'acteur était celui d'un "outil" pour la vision d'autrui, contrairement à la musique qui est plus personnelle et centrée sur l'artiste. Elle a dû rompre un contrat pour se consacrer pleinement à la musique.
La chanson parfaite, selon elle, est "A Day in the Life" des Beatles, une chanson qu'elle aurait aimé écrire. Elle est déconcertée par la qualité et la quantité de la production des Beatles, même leurs démos sonnant mieux que des enregistrements professionnels modernes. Elle trouve leur chronologie de production incroyable.
Elle exprime le désir de jouer à Liverpool, le berceau des Beatles. Elle utilise des journaux vidéo pour se souvenir de ses tournées, car elle est très visuelle. Le meilleur moment de la tournée, hormis le concert, est la balance, qu'elle considère comme une répétition sans pression. Elle pense qu'une balance "trop bonne" peut mener à des attentes trop élevées pour le concert.
Elle mentionne des projets futurs : continuer la tournée avec AC/DC, une tournée en tête d'affiche, un concert à Seattle avec Soundgarden, une participation à un événement de Tom Morello, une tournée en Europe et une future tournée en Inde avec les Foo Fighters. Elle anticipe avec impatience le voyage en Inde, espérant une expérience positive malgré des avis mitigés entendus.
Elle anticipe un troisième incident potentiellement dangereux en tournée, après la chauve-souris et l'araignée, espérant une "morsure d'amour" plutôt qu'une rencontre avec un animal dangereux. Elle termine en exprimant son plaisir d'être là et son appréciation de l'invitation.