
Émilie LABOURDETTE reconnecte le corps et l’esprit grâce à la fasciathérapie
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Émilie La Bourette, somatopsychopédagogue originaire des Pyrénées, partage son parcours et sa vision sur le corps, les fascias et la relation corps-esprit. Elle décrit la société actuelle comme traversant une "crise physiologique" où le corps est le "maillon manquant". La science, notamment avec le docteur GTO, confirme que les fascias, cette matrice qui nous constitue, ne suivent jamais le même chemin, soulignant leur plasticité et leur rôle dynamique. Émilie insiste sur le fait que sa démarche va au-delà du simple bien-être physique ; elle vise une transformation profonde de la vie.
Son parcours personnel est marqué par des épreuves, notamment une naissance complexe avec un traumatisme crânien, une grande fatigabilité, des dépressions (la sienne et celle de sa mère), le divorce de ses parents, et une réflexion profonde sur la mort. Ces expériences l'ont amenée à se poser des questions existentielles et à chercher un sens à la vie, qu'elle ne percevait pas initialement comme une évidence. Elle raconte avoir été très jeune marquée par un bioénergéticien qui lui a parlé de "refus d'incarnation", une idée qui l'a suivie pendant des années. Malgré ces difficultés, elle a poursuivi des études, obtenant une licence d'histoire, démontrant une résilience et une capacité à avancer, même sans passion initiale.
Le déclencheur majeur de sa transformation fut le suicide d'une amie d'enfance, un événement traumatisant qui l'a amenée à questionner le sens de la vie et à réaliser qu'elle n'avait plus le droit de "lâcher". Cette épreuve a été suivie d'une rencontre marquante avec une femme lors d'un congrès de Reiki, qui lui a transmis un message de son amie décédée, un message précis et personnel qui l'a libérée d'un poids de culpabilité et lui a permis de reprendre son chemin.
C'est ensuite par le biais de la fasciathérapie, découverte par hasard, qu'elle a trouvé sa voie. Elle s'est formée à cette discipline, développée par Dan Bois, qui vise à rendre les gens autonomes dans leur relation à leur corps. La somatopsychopédagogie, qu'elle pratique, se distingue du fasciathérapeute conventionnel (plus orienté vers les techniques manuelles) par son aspect pédagogique. Le somatopsychopédagogue explique, accompagne et rend les individus autonomes, ce qui correspondait davantage à ses aspirations après 15 ans d'accompagnement.
L'approche repose sur la pédagogie perceptive, qui intègre méditation, relation au corps, aux fascias, et mouvements sensoriels lents, appelés aussi gymnastique sensorielle. Le toucher manuel relationnel, doux et non manipulatif, est un outil clé pour aider la personne à prendre conscience de son corps et de son "mouvement interne", un principe universel que la fasciathérapie met en lumière. Ce toucher crée un lien, une sécurité, et aide à remobiliser les forces d'organisation du corps.
Elle mentionne le Moon Flo, une technique de mouvements lents au sol basée sur la rotation de la colonne vertébrale, développée par un ancien danseur de l'Opéra de Paris souffrant, qui procure un soulagement incroyable de la douleur et régule le système nerveux. La lenteur est un élément essentiel pour revitaliser les fascias et leur redonner leur structure.
Émilie souligne que cette approche n'est pas qu'une affaire de bien-être physique, mais qu'elle englobe la dimension psychique ("somato-psychique"). Le corps communique avec la pensée et l'émotion, créant un processus dynamique et une aventure intérieure. L'écriture, comme le "bilan écrit" des ressentis, est un outil important pour nommer et comprendre ce que l'on vit.
Une séance typique implique d'abord de définir l'objectif de transformation souhaité, puis de mettre la personne en lien avec ses ressentis corporels. Le toucher peut être une porte d'entrée pour ceux qui sont déconnectés de leur corps, notamment après un burn-out. Ensuite, on travaille sur des mouvements corporels dans l'espace pour "débrider" les axes du corps, identifier les restrictions et déployer les axes non incarnés. Elle illustre cela avec l'exemple d'une jeune femme qui ne pouvait pas s'engager vers l'avant, son corps étant verrouillé par la peur du vide, ce qui avait des répercussions directes sur ses choix de vie. L'accompagnement vise à déverrouiller ces axes en créant un sentiment de sécurité par le toucher.
Ces pratiques peuvent faire rejaillir des traumatismes et des mémoires, y compris transgénérationnelles. Cependant, Émilie ne cherche pas systématiquement à remonter à la source des traumas. Son objectif est de mettre la personne dans son pouvoir intérieur, de l'aider à réorganiser son système et son point de vue pour qu'elle puisse envisager les choses sous un nouvel angle, transformant le problème en opportunité. Elle ne croit pas en la nécessité d'une hypnose ou d'un état modifié de conscience profond pour accéder à ces informations ; la "méditation pleine présence" suffit, en mobilisant le "mouvement interne" du corps.
Elle distingue la "méditation pleine présence" de la méditation de pleine conscience plus largement connue. La pleine présence, qu'elle anime depuis dix ans, est une méditation dynamique, vivante et régénérante, qui permet d'apprendre de son corps et de ses ressentis instantanés. Elle invite à une "écoute intérieure" qui, avec l'expérience, mène à une "neutralité active". Le mouvement interne, principe universel, est toujours présent, même si l'on ne le ressent pas consciemment au début. Le corps, animé par les fascias, est en perpétuel renouvellement.
Elle insiste sur l'importance de la régularité, même 5 minutes par jour, pour ressentir une transformation. Elle souligne que cette pratique peut parfois comporter de l'inconfort, car elle confronte aux barrières intérieures. L'immobilité choisie durant la pratique amplifie ce qui se passe à l'intérieur, révélant les blocages. Le silence, même entouré de bruits extérieurs (comme un marteau-piqueur), est un espace habité où l'on peut capter le silence entre les bruits et développer une capacité d'introspection.
Émilie compare le mouvement des fascias à une philosophie de vie : on ne passe jamais deux fois par le même chemin. Cela invite à une posture de croissance continue, une multiplicité de possibilités et une acceptation du changement. Elle a trouvé dans cette approche la clé pour ne plus avoir de questions existentielles, mais uniquement des réponses, vivant ainsi sa vie de manière plus simple et reposante.
Son approche se résume en deux grandes familles : la thérapie manuelle (fasciathérapie, toucher relationnel) et la méditation en pleine présence. Elle explique que le corps ne ment pas et que, contrairement à la réflexion, la "résonance" corporelle offre une voie plus directe pour prendre des décisions. Ce processus d'écoute du corps et de ses marqueurs s'apprend et se construit avec le temps, développant le discernement.
Son troisième ouvrage, "Intelligence corporelle et processus vibratoire", explore la relation entre le corps et l'évolution de l'être humain, le rôle des fascias dans la conscience et les questions existentielles, et comment le corps peut être un instrument d'intelligence.
Elle défend l'importance de partager son parcours personnel pour légitimer son expertise, car elle estime qu'avoir traversé des épreuves (doutes, pensées noires, etc.) est essentiel pour comprendre et proposer des accompagnements efficaces. Pour elle, le rapport au corps est crucial dans une société qui, selon elle, est en crise physiologique et a perdu ce lien fondamental. Elle invite chacun à aller à sa rencontre pour un véritable "aller se rencontrer pour de vrai", proposant des accompagnements individuels et des groupes, ainsi qu'une communauté en ligne. Elle est convaincue de l'efficacité de son approche, affirmant que si elle a pu s'en sortir, tout le monde le peut, à condition de s'engager dans cette discipline.